Clarifier l’esprit de la création artistique
mardi 14 décembre 2004.Voir article 138 : "L’Esprit de l’art Juif".
Si "l’art est régi par l’intuition" selon la formule de Hermann Cohen, malgré un iconoclasme sévère des rabbins, nul ne peut arrêter la création artistique. Le texte de Ernest Namenyi, "l’esprit de l’art Juif" analyse finement les solutions apportées par les artistes juifs, notamment au III°siècle, dans les synagogues de Doura-Europos (Syrie) et Beth-Alpha (Israël), pour satisfaire à la fois aux lois halahiques de la non représentation, et à la nécessité de la narration.
"Telle est la clé que nous lèguent, pour déchiffrer la leçon et la direction, les mosaïques de Beth-Alpha, comme les peintures autour de l’arôn de Doura-Europos. Le dieu solaire, avec la lune et les étoiles, n’est-ce pas l’allusion éblouissante à ADONAI ZEBAOTH dont on n’a pas le droit d’essayer de reproduire les traits ? l’aqueda, symbole du peuple élu, préfiguration de la résurrection des morts, forme alliance avec le Temple messianique. Ainsi l’énigme de la pensée juive est illuminée par l’art. La lumière déborde le temps et l’espace ; Abraham rejoint les temps messianiques. La niche où est déposée la Loi s’apparente au char du dieu solaire. C’est l’affirmation de la doctrine de Philon, d’après laquelle la Loi sera inébranlable, aussi longtemps que subsisteront le soleil, la lune et l’univers, pour atteindre aux temps messianiques." Ernest Namenyi.