"Les chèvres "débrouissailleuses"…objet de moqueries ?
samedi 5 août 2006.Le Pays qui signale le fait comme insolite, n’a pas relevé le caractère pathétique de la polémique. En effet, c’est ce à quoi sont réduits toutes les petites communautés juives, faute de moyens, faute de bénévoles, faute de prise de conscience des consistoires et des collectivités locales, de l’urgence de préserver et d’entretenir les sites en déshérence, du patrimoine juif français.
Oui, nous avions entendu parler de cette solution écologique et naturelle, d’utiliser des chèvres pour arracher les ronces, racines et herbes hautes qui envahissent et engloutissent à jamais, la trace des Juifs dans les petits villages d’Alsace. Mais, on nous avait aussi mis en garde contre les nuisances tout autant naturelles qu’elles provoquaient. Mais que celui qui n’a jamais mis de gants professionnels de sécurité pour faire ce travail, jette la première pierre….les gants deviennent vite des charpies, et les bénévoles sont absents. En revanche, le lycée agricole de l’Isles-sur-la-Sorgue par exemple, avait entrepris il y a quelques années, un travail de restauration du cimetière juif, tout à leur honneur.
L’urgence ici, doit venir des collectivités locales, seules à pouvoir assurer un entretien régulier avec un outillage idoine ; des conventions d’entretien doivent pouvoir être signées. L’urgence ici, pour les institutions juives de France, est aussi d’alerter sur ce vide juridique qui fait que nos cimetières, exceptionnels à divers égards, ne serait-ce que par leur existence même, ne sont ni protégés, ni préservés au titre du Patrimoine. Je crois savoir qu’il en est de même de tous les autres cimetières anciens, protestants, mennonites… Au nom de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, celui-ci s’est aussi désengagé. S’il est difficile de faire machine arrière, il est permis de réfléchir.