Mendelssohn à Lavater
mardi 1er mars 2005.TEXTE de la réponse de Mendelssohn à Lavater
traduction de M. Schwab, "19 siècles d’histoire juive de 70 à 1979" de Paul Bauer, éditions C.L.K.H.
"…Nous qui cherchons la vérité, nous connaissons les effets de l’hypocrisie et de la superstition et nous désirerions pouvoir les écarter, sans nuire à ce qui est vrai et bon. Mais quant à l’essence de ma religion, j’en suis convaincu d’une manière aussi inébranlable que vous ou M.Bonnet (de Genève) vous pouvez l’être de la vôtre ; et je proteste ici devant Dieu, source de vérité, Votre créateur et le mien, que je persisterai dans mes principes, aussi longtemps que toute mon âme ne changera pas complètement de nature…Si, parmi mes contemporains, il existait un Solon ou un Confucius, je pourrai, selon les principes de ma religion aimer, admirer ce grand homme, sans avoir l’idée ridicule de le convertir ; Et pourquoi ? N’appartenant pas au peuple de Jacob, il ne serait pas soumis aux lois de ma religion, et quant aux doctrines, nous serions bientôt d’accord, si je crois qu’il puisse obtenir le salut ? Ah certes, il me semble que celui qui, dans cette vie conduit les hommes à la vertu, ne peut pas être damné dans l’autre…"