SOBIBOR, 14 octobre 1943, 16 heures
jeudi 2 décembre 2004.
"SOBIBOR, 14 octobre 1943, 16 heures"
2001, 1h35, couleurs France, VO sous-titrée français
DU REALISATEUR CLAUDE LANZMANN
"C’est à partir d’un entretien que m’avait accordé Yehuda Lerner à Jérusalem, en 1979, pendant le tournage de Shoah, que j’ai réalisé Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures, lieu jour, mois, année, heure de la seule révolte réussie d’un camp d’extermination nazi. Dans les paysages et les lieux d’aujourd’hui qui sont immuablement ceux d’alors, le David non-violent qui porta le premier coup mortel, se fait le héraut d’un film mythologique et le maître d’un suspense qui croît jusqu’à la dernière image, à l’instant où se réinstaurent l’ordre humain et le règne de la liberté." (Claude Lanzmann)
"S’il fallait décrire l’art poétique de Lanzmann, il suffirait d’évoquer cette image des corbeaux de Maïdanek traversé par Lerner ; et, arrivé à Sobibor, les oies qui leur répondent… Ou le tranchant d’une main qui se lève, accompagné d’un pano (panoramique) heurté. Ce coup de hache, est-ce qu’il tranche, "sépare", et qu’est-ce qu’il fend soudain en nous ? Ou est-ce qu’il réconcilie, recolle ce qui semblait brisé irrémédiablement ? Dire de telles images qu’elles sont ambivalentes ou symboliques serait se tromper deux fois. Ce sont de purs plans de cinéma, à la fois des énigmes et limpides. Cette main levée, cette lisière où l’enfant-héros s’endort, ces plans vous accompagneront toute votre vie."
Arnaud Desplechin - (postface à Claude Lanzmann, Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures, éd. Cahiers du Cinéma, 2001)