Projection et Table ronde mercredi 22 mai à 19h au Centre Communautaire de Paris en présence du réalisateur et de personnalités marocaines.
"Tinghir Jérusalem, les échos du Mellah" : film documentaire réalisé par Kamal Hachkar fera date sans doute. La mémoire et l’histoire du Maroc font émerger la présence juive au Maroc inéluctablement car ils furent nombreux ces Juifs du Maroc, ancrés depuis l’antiquité dans les villes et villages, du littoral au grand sud marocain, Berbères judaisés issus de tribus de Kabylie ou Juifs exilés depuis l’antique Judée rejoints du XIII° siècle au XVI° siècle par ceux d’Espagne, du Portugal fuyant l’Inquisition. La plus nombreuse des communautés juives au Maghreb, des 150 000 Marocains dans les années 1950 environ 20 000 Juifs demeurent encore au Maroc. Les autres ont essaimé en France, au Canada, en Espagne, en Amérique du Sud et du Nord, en Israël ...emportant avec eux une histoire bi-millénaire de cohabitation, leur langue et dialecte, leurs us et coutumes, leur art culinaire, leur musique et leurs chants du mellah. Ils ont laissé leur âme, parfois ils reviennent avec leurs enfants pour tenter d’éveiller en eux des sons, des couleurs, des voix, pour leur dire ce qu’ils ne peuvent plus leur transmettre avec des mots ; " - Nous étions au Maroc des Juifs sujets du Roi et vivions protégés."
Les marocains se souviennent, leurs voisins, leurs amis, leurs boutiquiers, ils se souviennent des Juifs du quartier, du village, de la boutique d’en face, à l’école, ils connaissent leurs habitudes alimentaires et les contraintes liées à leurs fêtes. Ils se respectaient alors quand rien ne venait perturber la quiétude des uns et des autres. Certaines villes ou villages ont même été fondés par des Juifs comme l’ancienne et magnifique Mogador et Debdou des exilés de Séville. Mais les souvenirs resurgissent-ils dans les récits des anciens ? pour que les jeunes conservent à l’esprit que le Maroc - à l’instar de bien d’autres pays - n’était pas que arabo-musulman, qu’eux mêmes dans leurs lignées s’est fixée sans doute une femme juive. Que "les prières des uns et des autres se mélangeaient", les gestes, les expressions, les noms, les prénoms se croisent témoignages du passé tribal, berbère.
Kamal Hachkar en posant les questions, a eu le mérite de découvrir un monde englouti, d’explorer ces traces de la présence juive chez les gens de Tinghir et chez les Juifs de Tinghir retrouvés en Israël. Son film a été projeté au Maroc avec succès et en dépit des violentes protestations de ceux qui souhaitaient l’interdire, parce que précisément, il n’avait pas éludé la destination finale d’Israël pour la plupart des Juifs de Tinghir que l’Agence Juive avait transférés.
Affronter la réalité qu’offre l’histoire vaut toujours mieux que l’éluder, l’effacer, la taire. Kamal Hachkar a eu cette finesse, cette honnêteté qui lui font honneur, il nous offre donc un film-documentaire sensible, plein de lumière et de promesses de liens fraternels. C’est également tout à l’honneur des Fondations qui ont soutenu ce film : Fondation Hassan II, Fondation Aladin, Fondation du Patrimoine judéo-marocain.
Désormais l’histoire de la présence juive dans un pays musulman n’est plus l’apanage des seuls Juifs et c’est tant mieux.
Il fallait faire ce film avant que les voix ne cessent de chanter.
Merci, vraiment grand merci à Kamal Hachkar pour cette belle aventure dans le passé et le présent, à Tinghir, à Jérusalem, qui nous touche tous d’une même larme, un signe qui ne veut garder que le meilleur en nous tous.
Projection et Table ronde mercredi 22 mai à 19h au Centre Communautaire de Paris en présence du réalisateur et de personnalités marocaines.
Au Centre communautaire de Paris
119 rue
La Fayette
75010 Paris
Tél : 0153205252
courriel : infos@centrecomparis.com
Autres projections
A Genève
Lundi 3 juin exceptionnelle soirée judéo-marocaine avec la projection du film « Tinghir-Jérusalem », suivie d’un débat avec son réalisateur Kamal Hachkar.
« Ce film, plein de tendresse, d’humour et de respect, nous fait suivre le destin de la communauté juive ayant quitté le village de Tinghir entre les années 50 et 60. A partir des mémoires plurielles de sa ville natale, le réalisateur nous propose un voyage de Tinghir à Jérusalem et une réflexion autour des identités et des territoires que partageaient juifs et musulmans berbères.
« En France, j’ai grandi dans l’idée que tous les berbères étaient musulmans. Mais à Tinghir, ma ville natale dans l’Atlas marocain, les récits de mes grands-parents m’ont fait découvrir que d’autres berbères étaient juifs. Pourtant, au début des années 60, malgré plus de 2000 ans d’histoire commune, tous ces juifs quittent l’Atlas jusqu’au dernier. Je pars alors à la rencontre de cette mémoire enfouie auprès de la génération qui a connu cette présence juive, mais très vite cette recherche me mène en Israël où je retrouve quelques-unes des familles originaires de Tinghir. Avec eux, entre Israël et le Maroc, « Tinghir-Jérusalem : les échos du mellah » fait résonner les chants, les voix et les histoires de cette double identité partagée entre Juifs et Musulmans. » » Kamal Hachkar
"Venez nombreux parcourir avec nous les chemins de rencontres, de partage, de rapprochement, chemins débroussaillés par le réalisateur en Israël et au Maroc."
> Venez discuter avec Kamal Hachkar qui base son travail sur cette phrase :
"J’ai conscience maintenant que c’est lorsqu’il y a un autre que l’on peut savoir qui l’on est". Kamal Hachkar
Le programme à Genève :
> A 19 h > un buffet marocain précédera la projection du film (participation au repas : frs 15.)
> A 19 h 45 > Film « Tinghir-Jérusalem, les échos du mellah » suivi d’une rencontre-discussion avec son réalisateur. (Entrée libre)
Pour des questions d’organisation nous vous remercions de vous inscrire le plus rapidement possible : 022 732 32 45 ou info@gil.ch
Source : Cicad.ch