"Avant l’oubli" : Sur les traces des communautés rurales de Haute-Alsace.
samedi 25 mars 2006.
Site internet : "Avant l’oubli" de Anne-Judith Lévy
Ce film pose d’innombrables questions ; au-delà du déchirement que suscite des sites abandonnés, en friche, dévastés par les ronces, l’urbanisme ou l’indifférence, il convient de s’interroger sur les moyens mis en oeuvre pour les protéger, les entretenir, les faire vivre. A l’origine, tous ces sites apartenaient aux communautés qui les fit construire. Puis, ils furent parfois repris par les municipalités, voire vendus par le Consistoire du Haut-Rhin.
Dans l’ensemble, ne conviendrait-il pas de mener un projet d’inscription au répertoire des monuments historiques, voire un projet de classement global à tous les sites alsaciens, dont la densité, l’intérêt historique et sociologique, sont incontestables ?
Ne conviendrait-il pas, de manière raisonnable, de mentionner des clauses d’utilisation de ces lieux, lors des actes de reprise ou de vente ?
Ne conviendrait-il pas encore, d’édicter sur ces clauses, de protéger et de rappeler l’histoire de la Communauté juive qui fut, de faire du lieu un lieu de mémoire certes, mais aussi un lieu de vie culturel et d’enseignement. Une commune, à la recherche de son âme et de sa culture, pourrait créer un lieu culturel de musique et de théâtre juifs, des ateliers d’histoire juive, mais aussi d’autres minorités culturelles qui se rajouteraient, des ateliers d’enseignement de l’histoire même du village durant les périodes des émeutes, ou de guerre, ainsi que de la Shoah.
Une manière d’impliquer la population à sa propre histoire, et de les faire investir des lieux de mémoire.
Laisser s’effacer les traces, c’est aussi ne pas vouloir investir ses propres responsabilités vis-à-vis d’un patrimoine existant, mais que la terre engloutit chaque jour davantage, que la mémoire refoule plus profondément encore.
J’ajouterai deux problèmes qui s’annulent, à savoir que tant que ces sites et lieux appartiennent à une communauté juive ou consistoire, ils ne peuvent être désengagés de leur fonction sacrée, même s’ils ne sont plus utilisés. En revanche, s’ils sont vendus par le consistoire, ils deviennent propriétés privées, et plus personne de peut édicter sa volonté, ni même s’opposer à une utilisation inadéquate.
Une vision globale et claire en partenariat avec les collectivités locales et les ministères, devrait pouvoir apporter des réponses satisfaisantes.
Actuellement, existe-t-il une concertation et une réflexion globale de ces problèmes ? Je l’ignore, Si quelque lecteur avait un élément de réponse, qu’il soit assez aimable pour la partager avec nous.
En attendant et pour se faire une opinion, visionnez "AVANT L’OUBLI".
Le seul défaut de ce film, est qu’il se soit arrêté aux "confins du Sundgau" comme il est dit, à Foussemagne, sans entrer à Belfort, communauté refuge des Juifs, construite sur les ruines de Hagenthal-le-Haut et Le-Bas, de Dürmenach, de Seppois-le-Bas, et Hirsingue et encore Heggenheim… lorsque leurs communautés furent saccagées lors de la grande Terreur de 1789, et du dernier pogrom anti-juif de 1848. Leurs traces se situent au cimetière israélite de Belfort, alors terre d’accueil et de prospérité.
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- par
Nadia Darmon.H
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