
Flânerie à Dresden
mercredi 15 décembre 2004.
Flânerie à Dresden,
Août 2004
Au lendemain de notre visite du camp de concentration de Buchenwald (voir article n°92), nous avons pris la direction de Dresden, ville détruite à 75% lors des bombardements alliés de 1945 ; il me faut vous donner cette précision car lors de toutes nos visites en Allemagne, il est rappelé photos à l’appui combien les villes allemandes et les civils souffrirent des bombardements, des cartes postales le rappellent également, ainsi en est-il de Dresde en Saxe.
Nous avons parcouru les kilomètres de Weida à Dresde, en essayant de reconnaître les traces laissées par l’ancienne RDA ; d’affreux tuyaux de gaz serpentent au-dessus des rues et des trottoirs et le long des campagnes, tantôt tagués tantôt peints, ils témoignent d’un passé où l’esthétique n’avait pas sa place. Parfois des fresques à même quelques façades d’immeubles livrent leur message communiste. Entrant dans Dresde reconstruit, nous vîmes la laideur voisiner avec les plus prestigieux édifices comme le Palais Japonais (1715-1735). Ce qui frappe le visiteur, c’est à la fois l’énorme travail de reconstruction à l’identique que nous avions déjà constaté à Würzburg et Rothenburg,
grâce soit dit en passant au Plan Marshall, et plus récemment les efforts déployés par la République fédérale allemande pour intégrer l’ancienne RDA. Ce qui frappe encore, c’est la démultiplication des « tags » qui défigurent les monuments et les sites, qui gomment la frontière entre l’ordinaire et le prestigieux.
Toutefois, Dresde nous a arraché un cri de stupeur tant cette ville du bord de l’Elbe est belle à pâlir, ville d’art à part entière,où voisinent le baroque et rococo germanique, berceau de l’expressionnisme allemand, elle propose aux touristes tout ce qui fait leur bonheur ; des palais, des collections de peintures flamandes et italiennes, et de porcelaines japonaises et chinoises, des promenades en péniche sur l’Elbe, des ponts et des arcades, des formations musicales de qualité dans la rue, des terrasses et un passé juif. "C’est à Dresde que fut éléborées les premières techniques de la porcelaine de Saxe.."
Nous flânions le long de la corniche, nous aperçûmes à travers une fenêtre un texte rédigé en hébreu !
et à l’autre bout, descendant un escalier bordé d’un square et d’un restaurant, une monumentale ménorah de pierre cachée par les branches d’un arbre, marquait l’emplacement de
l’ancienne synagogue de Dresde, brûlée lors de la Nuit de cristal, le 9 novembre 1938. Non loin, en traversant juste la rue d’en face, nous trouvions la nouvelle synagogue dans une architecture moderne et dépouillée, à peine visible si ce n’est le panonceau de la cafétéria suspendu au muret.
Nous y avons dégusté un Ice-coffée et des pâtisseries, un bureau d’information y est ouvert, mais la synagogue ne peut être visitée que sur rendez-vous.
Une fois de plus, nous faisions le constat du renouveau du judaïsme allemand, grâce au flux migratoire de juifs russes nous précisa le gérant de la cafétéria, qui nous dit également que beaucoup d’entre eux vivaient de l’aide sociale.
Ensuite, nous avons tenté de trouver le vieux quartier juif,non loin de là, mais de nombreux travaux dans la ville ont perturbé nos recherches, et nous devions reprendre la route. Septembre venu, nous apprîmes le score électoral important du mouvement apparenté à l’extrême droite allemande (+20%), en Saxe et précisément à Dresde.
Nous étions attendus à Berlin, point d’orgue de notre voyage. articles 90 et 103 -
Voir article (11 février 2005) du Journal allemand en ligne du Spigel, à propos du bombardement de Dresden le 13 février 1945 : une Intervew d’un historien britannique Frederick Taylor qui vient de publier "Dresden : Tuesday, Feb. 13, 1945" aux éditions Harper-Collins Publishers, 2004).
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- par
Nadia Darmon.H
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