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Héricourt en Haute-Saône

mardi 1er novembre 2005.

Communauté juive de Héricourt

Cette communauté juive aujourd’hui éteinte, fut ce que furent toutes les communautés juives rurales de l’Est de la France ; marchands de bestiaux pour la plupart, colporteurs allant de ferme en ferme, fournisseurs aux armées.

13 familles - 43 familles recensées le 15 octobre 1940 -

Création de l’association cultuelle Israélite, le 19 octobre 1906, composée de 44 membres. (Journal Officiel, jeudi 25 octobre 1906) au 29 faubourg de Belfort, actuellement au 29 avenue Léon Jouhaut. Dans la Maison de Monsieur James Schwob [1], industriel, élu du Canton d’Héricourt, qui a vendu la propriété à l’association.

Familles Blumstein - Feibelmann - Ducas - Bruschwig - Grumbach - Meyer - Haguenauer - Gensburger - Bloch - Bushbaum - Levy -

Tiré de "Héricourt sous l’occupation" de Pierre Haas, Directeur d’Ecole -

«  (…) 7.2.1942. Nous recevons une note enjoignant aux fonctionnaires ayant des noms à consonance hébraïque de se justifier, faute de quoi ils seront suspendus (ensuite pendus probablement). (…) 13.7.1942. Deux nouvelles arrestations ont été opérées en ville, la mère et le fils, sujets juifs. On prétend qu’ils ne portaient pas assez ostensiblement l’étoile de David. (…) 9.10.1842. Les Allemands ont arrêté et emmené tous les juifs étrangers d’Héricourt, des Polonais, en général. Ils ont traité ces malheureux comme du bétail. On croit qu’ils seront dirigés sur le camp de concentration de Drancy, car il ne convient pas à la race des seigneurs de coudoyer des individus de race si inférieure. Parmi les soldats en caserne, il y a précisément un certain nombre de Polonais, qui avaient primitivement été désignés comme travailleurs en Allemagne. On leur fit ensuite l’honneur de les élever à la dignité de combattants allemands, sans les consulter. En vertu de quoi ils furent revêtus de l’uniforme feldgrau. Cependant, la race est la race, on ne peut la changer. Et bien que l’habit fasse le moine, ces Polonais ne sont pas devenus des seigneurs. Ceux-ci commandent ; eux, obéissent. (…) 22.2.1944. Aujourd’hui ont été rassemblés à la mairie, les juifs restant à Héricourt, sauf quelques-uns pourtant qui sont parvenus à s’échapper. Ils ont ensuite été transférés à l’école maternelle du faubourg, où de nombreux amis et connaissances compatissants leur sont venus en aide. Ils ont enfin été poussés vers des camiions et dirigés sur Drancy où les plus mauvais traitements les attendent. »

Raffles des 12 juillet 1942 - 9 octobre 1942 - 24 février 1944 - 27 arrestations - Destinations : Auschwitz et Dachau. Morts en déportation : Brunschwig Reine, Buschbaum Lucien (de métier Boucher), Grumbach Arthur, Grumbach née Bloch Reine, Haguenauer Abraham, Haguenauer née Meyer Reine, Meyer Adolphe, Meyer née Levy Cécile, Meyer Lucien, Meyer née Huser Jeanne.

Héricourt compte parmi ses habitants, des Justes comme Roger Métin :

“Sur les traces des Ulmann”

« Depuis 1943, Andrée Berthel, agent de liaison de Magny-Vernois en Haute-Saône, s’interrogeait encore sur l’étrange disparition d’une famille juive qu’elle devait aider à fuir [2] Le château de Vy-Lès-Lure en Haute-Saône renfermerait-il à tout jamais son terrible secret ? c’eut été probable sans l’intervention d’un lecteur belfortain. Roger Métin, 62 ans aujourd’hui, se rappelle de tout :

J’ai la mémoire des noms”, reconnaît-il. En l’occurance, il nous donne celui de la famille : Ullmann. Et des trois enfants : René, 12 ans, Huguette, 9 ans, et André, 5 ans.

Andrée Berthel devait les amener en Suisse, via un passeur. A son arrivée, dans la nuit, plus personne. "Seules des tables et des chaises renversées pouvaient témoigner d’éventuelles traces de lutte", avait-elle remarqué. "Monsieur Ulmann était dans la cour lorsqu’il a vu les Allemands arriver". raconte Roger Métin. [3] "Il s’est alors enfui dans les bois, laissant à René le soin de dire à sa mère qu’il allait en Suisse chez son frère." Par colère, les Allemands auraient saccagé la belle bâtisse. Reine Ulmann, seule avec ses trois enfants, se réfugie chez ses parents à Héricourt. Avant de tenter de passer à son tour en Suisse. "Mais elle a eu affaire à un passeur véreux qui l’a livrée aux Allemands." Elle se retrouve ainsi à la Kommandantur de Montbéliard. L’idée de venir en aide aux enfants, cantonnés dans la cour, vient naturellement à Roger Métin. Il entame une partie de foot qui conduira les enfants Ulmann à l’abri. Les jeunes sont cachés. On leur fabrique de faux papiers. Leur nouveau nom ? Dupont.

Ils parviendront à rejoindre leur père. La mère n’est malheureusement jamais revenue d’Auschwitz. Aujourd’hui, Huguette est journaliste à Paris-Match, René et André sont avocats, l’un à Strasbourg, l’autre bâtonnier à Paris. »

La commune d’Héricourt commémore chaque année, le 17 juillet, le souvenir de la Rafle du Vel d’Hiv, par une cérémonie officielle suivie d’un verre de l’amitié. Cette cérémonie donne lieu à un émouvant et marquant discours de la part du Préfet de Haute-Saône et du Maire de la ville.

Il ne reste aujourd’hui du passé juif d’Héricourt, qu’une Mezzuzah oubliée sur le montant du portail de la Maison de James Schwob qui servit de lieu de prières, avenue Léon Jouhaut.

[1] Oncle du Capitaine Alfred Dreyfus, qui recueillit les enfants du Capitaine lorsque ceux-ci furent renvoyés du Lycée anciennement de garçons de Belfort, aujourd’hui Lycée Condorcet.

[2] Est Magazine du 6 mai.)

[3] Roger Métin, est un homme charmant, d’origine protestante né à Héricourt. Chacune de ses poignées de main données à un Israélite, est accompagnée d’un Shalom amical. Lors des faits, il était adolescent. Il a retrouvé la trace des enfants Ulmann et a gardé le contact. Mais personne ne s’est jamais occupé de déposer une demande de médaille de "Juste parmi les Nations". Il se souvient encore avoir assisté à l’arrestation de Madame Levy, d’une famille de maquignons dont il gardait parfois les boeufs, que l’on faisait monter dans un camion à coups de matraques.

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  • 4 novembre 2007, Linda AMIRI (email)

    Héricourt en Haute-Saône

    Bonjour, Originaire d’Héricourt, je puis vous affirmer que cette histoire est ignorée de la très large majorité des héricourtois. Certes, une stèle commémore la rafle du Vel d’hiv’ mais il ne reste plus rien de la communauté juive dans la mémoire collective de cette petite ville de Haute-Saône.Si toutefois il existe un travail historique en cours, je serais ravie d’y participer. Linda AMIRI Historienne

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    • 8 novembre 2007, Nadia Darmon.H (email)

      Héricourt en Haute-Saône

      Nous espérons que les services culturels de la Municipalité ouvriront un jour un chantier d’investigation qui permettrait de restaurer cette mémoire héricourtoise et de redonner une âme juive à certains lieux d’Héricourt. Nous souhaiterions y travailler dans les prochaines années. L’ancien Maire d’Héricourt, Mr Michel est à l’origine de la commémoration nationale de la rafle du Vel-d’hiv, ce qui est tout à l’honneur de Héricourt et de son maire. Fallait-il le rappeler ?

      Ainsi, je note vos coordonnées afin de vous contacter en temps voulu.

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    • 26 novembre 2007, Eve Line Blum (email)

      Héricourt en Haute-Saône

      Bonjour. Je ne suis pas historienne mais j’effectue actuellement un travail bénévole sans aucune prétention, destiné précisément à rappeler, un peu plus concrètement que par seulement un nom et un prénom, la mémoire des Juifs originaires de Franche-Comté ou y ayant demeuré (notamment à Héricourt) avant leur déportation,. Je recherche en particulier des informations sur l’époque à laquelle est arrivée à Héricourt l’enfant Ruth MARX, née à Tübingen (Allemagne) le 12 juilllet 1933, confiée pendant quelques mois à sa grand-mère Blanda MARX, également réfugiée à Héricourt, avant de repartir avec ses parents. Ils ont malheureusement été arrêtés, la mère et l’enfant ont été victimes des fusillades de masses à Riga (Lettonie). Seul le père a survécu, s’est établi aux États-Unis où il est décédé en 1983. Blanda MARX a été déportée à Auschwitz en novembre 1942 par le convoi 42.

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  • 7 février 2007, Franck HAZIZA (email)

    Héricourt en Haute-Saône

    Je suis le petit fils de "la mère et le fils" déportés le 13 juillet 1942 et qui sont évoqués dans votre article. Il s’agit de Sarah Blumsztein et Samuel Blumsztein. Ma mère qui avait 8 ans n’a pas été raflée ce jour là mais en octobre1942 avec son père. Elle a été miraculeusement libérée aprs 3 semaines de détention et a survécu.

    Je souhaiterai recueillir des témoignages sur cette époque.

    Franck HAZIZA

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    • 19 février 2007, Nadia Darmon.H (email)

      Héricourt en Haute-Saône

      Merci de vos précisions. J’essaie d’en savoir davantage et vous communiquerai le résultat de mes recherches. Toutefois, vous pouvez compléter si vous connaissez l’histoire et/ou la suite des événements concernant la famille Blumstein d’Héricourt.

      Cordialement.%-)

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    • 2 mars 2007, Nadia Darmon.H (email)

      Héricourt en Haute-Saône

      Cher monsieur, Comme promis je me suis procurée la liste des Israélites déportés nés ou ayant vécu à Héricourt. J’y trouve :
      - N° convoi 42 : Blumstein Bereck né à Kranosiche le 1/11/1895, destination : Auschwitz, date de décès non précisé.

      - N° convoi 6 : Blumstein Sura née Boczkowska, à Melawa le 13/08/1907, destination : Auschwitz, date de décès non précisé.

      - N° convoi 6 : Blumstein Charles-Samuel, né à Melawa, le 28/01/1924, destination : Auschwitz, date de décès 10/10/42.

      L’ouvrage "La Haute Saône dans la 2ème guerre mondiale" de Jean-Claude Grandhay, édition ERTI, pages 223 à 225, mentionne ceci :

      "12 juillet 1942 Héricourt Les services du Commissariat d’Héricourt arrêtent, en matinée, trois Juifs étrangers demeurant à Héricourt.
      - Blumztein Charles, né le 28 janvier 1924, sans profession, de nationalité polonaise.
      - Blumztein née Burzkowska Sura le 13 août 1907, sans profession, un enfant, de nationalité polonaise.
      - Feibelmann Ruth, née le 16 juin 1920, sans profession, de nationalité allemande.

      Placés en chambre de sureté au Commissariat de Police, ces trois personnes sont prises en charge, dans la soirée, par la Brigade de gendarmerie locale. Transférées à Vesoul à bord d’une voiture le 13 juillet de 19h à 20h, elles prendront le train de 1h48 le 14 juillet, escortées par deux gendarmes. La traversée de Paris se fera dans une automobile de la Gendarmerie et elles arriveront au camp de Pithiviers le 14 juillet 1942.

      13 juillet 1942 Par télégramme, le Préfet Régional fait savoir au Préfet de la Haute-Saône que les Juifs nécessiteux, estropiés ou les enfants qui resteraient après le départ de leurs parents ne peuvent être secourus que parl’association juive "Union Générale des Israélites de Frande", à l’exclusion de toute autre, même la Croix Rouge.

      14 juillet 1942 Recensement des Juifs existant en Haute-Saône. Juifs allemands ou polonais : Moins de 16 ans : 1 polonaise de 16 à 45 ans : 1 polonais, 1 polonaise, de plus de 45 ans : 1 polonais, 5 allemandes.

      Juifs infirmes ou estropiés de nationalité allemande : 1 femme de plus de 45 ans.

      Juifs d’origine allemande se disant sans nationalité : 1 moins de 16 ans, 1 de 16 à 45 ans, 3 de plus de 45 ans.

      Juifs des états alliés ou neutres : 1 hongroise de moins de 16 ans, 1 hongrois et 1 roumaine de 16 à 45 ans, 1 hongroise de plus de 45 ans.

      Juifs mariés à des aryens : 3 hommes et 4 femmes de 16 à 45 ans, 3 femmes de plus de 45 ans.

      Juifs de nationalité française : 15 h et 9 f de moins de 16 ans, 9 hommes et 30 femmes de 16 à 45 ans, 50 h et 75 f de plus de 45 ans.

      Juifs estropiés, infirmes de nationalité française : 2 hommes et 6 femmes.

      26 août 1942 Vesoul Les feldgendarmes procèdent à l’arrestation du Juif allemand oublié par les autorités françaises dans leur recensement :
      - Rosenbacher Martin, né le 23/05/1921, à Nuremberg, demeurant à Vesoul, 13 rue des Tanneurs. Interné à Drancy, il sera déporté à Auschwitz le 2 sept 1942.

      9 octobre 1942 Télégramme officiel urgent du Préfet Régional Dijon à Préfet Vesoul n°5 366 417 (Texte 8 1840) donnant une liste de noms de Juifs à arrêter par la gendarmerie ou la police française.

      - BLUMSTEIN Rachel née le 15 janvier 1934 demeurant à Héricourt de nationalité française. Relachée le jour même à cause de sa nationalité.

      - Fuchs Bella, né le 17 août 1897, demeurant à Lure, sans profession,
      - Son épouse née Herzog le 4 avril 1896,
      - un enfant Fuchs. Ces trois personnes, de nationalité hongroise, seront également relachées le même jour, leur nationalité n’étant pas comprise sur la liste.

      (…)

      - Blumztein Bezeck né le 1 janvier 1895, demeurant à Héricourt de nationalité polonaise.

      (…)

      Les huit personnes arrêtées seront rassemblées à la prison de Lure, puis transférées sans incident au camp de Drancy le 20 octobre 1942. Toutes feront partie du convoi n°42 qui quittera Drancy le 6 novembre et arrivera à Auschwitz le 8 novembre 1942.

      Monsieur Haas, dans son "Héricourt sous l’occupation" (non daté) apporte son témoignage sur cette opération. "Les allemands ont arrêté et emmené tous les juifs étrangers d’Héricourt, des Polonais en général. Ils ont traité ces malheureux comme du bétail. On croit qu’ils seront dirigés sur le camp de concentration de Drancy, car il ne convient pas à la race des seigneurs de coudoyer des individus de race si inférieure…"

      (…)

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    • 1er avril 2007, franck (email)

      Héricourt en Haute-Saône

      Madame,

      je vous remercie sincèrement pour vos recherches

      J’ai la confirmation que ma mère Rachel Blumsztein n’a eu la vie sauve que parce qu’elle était née en France et avait la nationalité Française. Par contre il existe dans le document du commissariat d’Héricourt quelques "omissions" concernant la rafle du 12 juillet 1942 : ainsi, Feibelmann Ruth aurait été violée sur place au préalable, et transférée, non pas le jour même mais 48heures plus tard d’après les souvenirs de ma mère. Quant à ma mère âgée de 8 ans, à l’époque, elle étatit de nationalité française mais raflée avec son père le 9 juillet 1942. Le texte mentionne une libération le jour même. Ceci est inexact puisqu’elle a été incarcérée à la prison de Lure durant 3 semaines, avant, effectivement, d’être relachée en pleine nuit. Son témoignage sur le soutien dont elle a bénéficié à Héricourt est "éloquent".

      Savez vous qui étaient les préfets de Dijon et Vesoul à l’époque ? Je n’arrive pas à obtenir l’information sur internet. Peut on se procurer l’ouvrage ou le témoignage que vous citez de Mr Haas : "Héricourt sous l’occupation" ? Je peux vous livrer une synthèse de l’histoire de notre famille, si vous le souhaitez, qui doit paraître prochainement dans la suite d’un ouvrage sur le Convoi N°6 . Ma mère se souvient des enfants Ulmann qu’elle n’a jamais revus…

      Veuillez recevoir, l’expression de mes sincères salutations

      Franck HAZIZA

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  • 28 décembre 2005, Evelyne Boilaux (email)

    Héricourt en Haute-Saône

    Je me demande s’il s’agit de la famille de Gustave ULMANN qui faut maire de Montbéliard de 1912 à 1921, décédé à Lausanne en 1947 ?

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