Insultes à la porte du collège
Il y a quelques jours, le rabbin de Mulhouse était invité par des enseignants, à parler devant des collégiens de Bourtzwiller…
Monsieur le rabbin de Mulhouse fut invité par des enseignants du Collège de Bourtzwiller, à venir parler devant des élèves (dans le cadre d’un travail sur la connaissance réciproque des diverses religions"), dans un esprit d’enseignement de "l’estime et de connaissance mutuelles". Sitôt arrivé devant le dit collège, le rabbin Elie Hayoun fut pris à partie par des élèves qui entraient au Collège, le traitant de "sale juif" (ça fait mieux de préciser !). Le rabbin dut se réfugier dans son véhicule. Un responsable du collège vint au bout de quelque instant qui parut très long (10 minutes ?), et tint à peu près ce langage : "nous ne pouvons pas assurer votre sécurité, votre intervention ne peut avoir lieu.."
La LICRA a saisi le procureur de la République, le préfet du Haut-Rhin et le recteur de l’académie de Strasbourg.
Ma première question est : Etait-ce la meilleure réponse à l’instant T ? ou pouvons-nous imaginer que la meilleure pédagogie aurait été de maintenir l’intervention, et de montrer que les insultes n’impressionnent personne, que les intentions étaient nobles et respectables par tous et d’en montrer toute la dimension imprégnée de l’émotion instantanée. De démystifier la peur et de la maîtriser.
Deuxième acte : La presse (Le Pays) a rapporté que sous l’impulsion du recteur de l’académie de Strasbourg, Gérard Chaix et l’inspecteur d’académie du Haut-Rhin, les enseignants et la direction du Collège n’en sont pas restés là, et ont provoqué une réunion de sensibilisation des élèves fautifs et de la soixantaine de délégués de classe du collège, en présence du rabbin, d’un Imam, et d’un prêtre ; histoire de désamorcer le "problème".
Je me réjouis que les choses n’en soient pas restés à un échec. Je ne connais pas la suite de l’histoire mais je ne manquerai pas de vous la communiquer.
Parmi les commentaires, Mme Gentzbittel, ancienne proviseure du Lycée Fénélon, intervenant à une table ronde mercredi 8 décembre à Belfort, nous dit ceci :"Qu’on ne fait pas venir Monsieur le Rabbin dans un collège quand on connait ses énergumènes, sans préparer les élèves à cela. Qu’on ne fait pas attendre Monsieur le Rabbin devant la porte du collège, qu’il aurait fallu l’accueillir avant ou après l’entrée des élèves, ou aller à sa rencontre pour l’accueillir dans les meilleures conditions. Elle dit aussi et surtout qu’un collège n’était pas, loin s’en faut, un lieu où on apprenait la paix et la concorde."
Donc, recevoir un homme de religion qui vient parler d’estime et de shalom, est devenu aussi un sujet de pédagogie et d’enseignement non pas à destination des élèves mais des professeurs, si j’ai bien compris.
Ensuite, Mme Gentzbittel a parlé de la peur qui se transforme en agressivité, mais là une autre intervenante a opposé qu’en l’espèce il ne s’agit pas de peur mais de cristallisation d’une haine, de verrous qui sautent.
Et pour finir, ce sont les professeurs qui doivent faire un travail de maîtrise de ce genre de situation, et ne pas se laisser impressionner, et surtout ne pas renoncer à inviter toutes les bonnes volontés d’aller témoigner ou parler de valeurs et de culture aux élèves français.
Il y a du travail pour les enseignants, pour les parents et pour la société entière ! C’est contre quoi travaille notamment Yad Layeled, dans le cadre de son département Humanisme et Démocratie, en proposant des supports d’enseignement de la Shoah, par des séminaires de formation des enseignants (voir article dans la rubrique Evénements). voir : http://wwwyadlayeled.org/
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