Colloque scientifique et universitaire des spécialistes de Rachi, juin 2005
"Joseph Tob-Elem, précurseur de Rachi ?"
Simon Schwarzfuchs, Professeur émérite à l’Université Bar Illan à Tel-Aviv.
vendredi 19 mai 2006.
Site internet : Sommaire du colloque
On compte 70 manuscrits qui nous sont parvenus de Joseph Tob-Elem ou Bonfils en français, il fut cité jusqu’au XVI° siècle, ses responsas figurent chez Rabbi Meïr de Rothenburg, précurseur de Rachi, il en aurait été aussi le maître.
- 3ième conférence du colloque
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"Joseph Tob-Elem, précurseur de Rachi ?"
par Simon Schwarzfuchs, Professeur émérite à l’Université Bar Illan à Tel-Aviv.
Nous savons que Rachi est parti se perfectionner à Worms et Mayence, et non pas apprendre. Qui donc ont été les maîtres de Rachi ? La figure de Joseph fils de Samuel Tob-Elem [1] appraît. Rabbénou Tam, petit fils de Rachi, nous indique que Joseph Tob-Elem est originaire de Provence. Mais de quelle partie de la Provence laquelle à l’époque est divisée en deux parties. Il semble qu’il s’agit de la ville [2] de Limoges [3] du XII° siècle, aux confins de la France du Sud.
Les Juifs de Troyes ont interrogé par trois fois Joseph Tob-Elem. A propos d’un rachat de captifs au cours duquel les communautés de Sens, Auxerre, Chalons et Troyes ont été sollicitées par Joseph Tob-Elem ; nous avons accès à la réponse de Sens qui écrit qu’elle a "assez de problèmes avec la reconstruction de l’Eglise de Sens", dont nous savons qu’elle fut détruite en 1015. Ce qui suppose comme il est d’usage à cette époque, que la communauté de Sens devait assurer par une contribution imposée, la reconstruction de l’église (tout ou partie).
A la question : "Si un Goy [4] jetait une pierre dans un vin Kasher, le vin cesse-t-il d’être Kasher ?" Joseph Tob-Elem répond "parce qu’il a reçu une question écrite", que "non le vin ne cesse pas d’être Kasher." Joseph Tob-Elem autorise le Juif à se présenter au tribunal civil, mais il supprime la base du refus [5] du tribunal Juif.
A la question de la validité des deux jours fêtés lors de Roch ha-chana, Joseph Tob-Elem répond qu’ils ont été fixés antérieurement au 1er Temple et qu’ainsi ils sont tous deux valides.
Joseph Tob-Elem a autorisé les textes à intercaler dans les rituels, ce qui a développé les rites locaux, et donné naissance par exemple au "Mahzor [6] de Troyes" ou au "Mahzor de Vitry" ..
On compte jusqu’à 70 pièces qui émanent de Joseph Tob-Elem qui a été cité jusqu’au XIV° - XVI° siècles. Ses responsa figurent chez Rabbi Meïr de Rothenburg.
Rachi a commenté le Talmud d’un bout à l’autre, c’était une oeuvre qu’aucun autre n’avait réalisé. Son oeuvre est devenue " l’important et l’indispensable ". Retourner au sommaire du colloque.
[1] Nom qui signifie "bon enfant" Son nom était Samuel Bonfils en français, un nom courant dans la région du Rouergue mais aussi en Catalogne et notamment à Gérone.
[2] Un texte indique qu’il est Limogest : habitant de Limoges.
[3] Voir article"Le Talmud de France est né à Ramerupt, dans la rubrique Carnets de voyage.
[4] Signifie "autre" et désigne un non-juif. Ce terme n’a pas de connotation péjorative.
[5] Un Juif ne peut refuser de se présenter au tribunal rabbinique.
[6] Mamuel qui reprend le cycle des prières de toute l’année.
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Nadia Darmon.H
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