L’auteur de l’article rappelle qu’une "propagande est en train de s’installer dans les consciences une thèse du complot à double détente : on insinue d’abord que la traite trans-atlantique des Noirs serait l’équivalent de la Shoah et que "les Juifs" empêcheraient que cela se sache ; puis on saute à la contre-vérité historique que "les Juifs" auraient été les initiateurs, les organisateurs et les profiteurs du trafic mondial des corps africains." Et au passage, on peut toujours aborder la période coloniale, il y a sûrement quelque chose à prendre.
Sachons mes amis déciller les paupières sur les vélléités de mauvais alois, sur les oiseaux du malheur des autres, sur ceux qui propagent des stratégies de diffamation, et de violation de l’histoire, sur ces tendances paranoïaques et schizophrènes de mettre “le Juif” partout, bon et accomodable à toutes les sauces.
Le black-beur manipulé, goinfré, saboté dans son intégrité, dupé dans son intelligence, le jouet, le bouffon du roi ; lui, la cible de ce discours naïf et fratricide. Un discours archétype d’un antijudaïsme primaire, qui peut servir toutes les saloperies que la terre peut mettre bas.
Laurent Dispot rappelle que « (…)la seule traite transatlantique entre les côtes ouest de l’Afrique et les îles et côtes des Amériques : vers le Maghreb à travers le Sahara, vers les côtes de l’Est de l’Afrique, l’Arabie et l’Océan indien, des traites massives, intensives et millénaires sont l’objet de Noirs africains eux-mêmes entre eux et de marchands arabes, sans que les victimes ne soient protégées par leur qualité éventuelle de musulmans. »
« (…) C’est donc catégorique que de faire comprendre, de la façon la plus claire, la plus concrète, la plus irréfutable, qu’au contraire les Juifs n’y ont été pour rien. Les Etats promoteurs et protecteurs de la traite transatlantique de quatorze millions d’Africains vers les îles et les Amériques ont été, dans l’ordre : le Portugal (4.6 millions), l’Angleterre (2.6 millions), l’Espagne (1.6 millions), la France (1.25 millions), les Pays-Bas (0.5 millions), - plus quelques autres (mais ni l’Allemagne, ni l’Italie). Décidée par Ovando, le gouverneur espagnol de l’actuelle Haïti, "l’importation" d’Africains aux Amériques débute en 1503 : à cette date, cela fait onze ans que les Juifs ont été chassés des Espagnes, en 1492. Ecartés de toutes décisions et prises de responsabilités. (…) Le royaume de France [2] était en concurrence avec les Espagnols et les Portugais, mais lui aussi s’empressa d’écarter les Juifs du système de la traite, donc pour nous aujourd’hui de la culpabilité : Le Code noir signé par Louis XIV organisant la traite et la maltraitance des Noirs, en excluait d’emblée, et par définition, les Juifs, comme tout premier article de loi en tête des soixante qui organisaient aux Antilles la vente, la propriété et les châtiments des esclaves. En priorité, c’était une autre "race" qui était visée. Il n’y est pas du tout question des Noirs : " Voulons que l’Edit du feu roi de glorieuse mémoire notre seigneur et père du 23 avril 1615 soit exécuté dans nos îles ; ce faisant, enjoignons à tous Nos officiers de chasser hors de Nos îles tous les Juifs qui y ont établi leur résidence, à peine de confiscation de corps et de biens [3]." (…) »
Laurent Dispot rappelle également que les esclaves noirs ont puisé leur force et leur espoir de libération dans les versets de la Bible, que cet amour de la Bible qu’ils ont chanté, et magnifié les ont rendu plus proches des Juifs ; plus proches par le texte biblique, plus proches par le sort des accablés qui mettent leur seul espoir dans un Dieu miséricordieux et providentiel.
Laurent Dispot cite des ouvrages qui traitent de la question :
"Les traites négrières, essai d’histoire globale" de Olivier Pétré-Grenouilleau, aux éditions Gallimard "Bibliothèques des histoires", 2004 -
"Race et esclavage au Proche-Orient" de Bernard Lewis, éd. Gallimard, 1993 -
Il est très probable que les chercheurs désigneront "La Conférence de Durban" en Afrique du Sud, comme un élément déclencheur de ces accusations fallacieuses qui préviennent le monde libre, que nous entrons peut-être dans une période historique d’obscurantisme intellectuel. A ce monde libre, il appartient de s’élever et de protester, de protéger la liberté mais aussi la vérité surtout quand il s’agit d’Histoire. Il lui appartient, de la dire sans l’occulter, de la porter comme un étendard et de prévenir la tempête.
Cliquez sur le lien pour accéder aux dossiers sur la Conférence deDurban 2001, dossiers établis par l’UPJF

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