Colloque scientifique d’Universitaires et de chercheurs spécialistes de Rachi (2005)
"L’Arabe dans le commentaire de Rachi et le commentaire de Rachi en arabe"
Par Dr Paul Fenton, Université Paris IV-Sorbonne.
lundi 18 juillet 2005.
"Toutes les explications venant de Rachi venant de l’arabe sont exactes. Comment les connaissances pénètrent-elles alors ?"
- 15ième conférence du colloque -
"L’Arabe dans le commentaire de Rachi et le commentaire de Rachi en arabe"
Par Dr. Paul Fenton, Professeur à l’Université Paris IV-Sorbonne, département d’études arabes et hébraïques.
1) L’avancée arabe en France au IX° siècle, 2) Ce seraient des ajoûts ultérieurs de copistes, 3) le manuscrit de Munich de Rachi constitue le texte le plus fiable attribué à Rachi.
Les remarques philologiques liées à l’arabe proviendraient de lexicographies postérieures notamment de David Kimhi. Rachi ne connaissait pas l’arabe, c’est clair. Certains mots lui sont parvenus néanmoins mais imparfaitement. Le fils de Maïmonide mort en 1237, est le premier Judéo-arabe à nommer Rachi.
Il faut attendre la 2ième moitié du XX° siècle, pour que Rabbi Yosseph Ghrananssia [1], qui fut Dayan à Constantine, publiât une traduction intégrale de Rachi en Judéo-arabe dialectal [2], à Djerba en 1941.
Le Judéo-arabe est propre aux Juifs : pour exemple le possessif "Mtaré" pour l’arabe, "El quass diali" pour le judéo-arabe.
Rabbi Yosseph Ghrananssia fut influencé par la méthodologie de Rachi. Quand il mentionnait le terme judéo-arabe, il ajoutait parfois le français pour préciser, comme des exclamations.
Pourquoi choisit-il de traduire en Judéo-arabe ? Paul Fenton dit ne pas savoir. Mais le Grand Rabbin René-Samuel Sirat qui se dit "l’Indigène de service", évoqua la volonté de créer l’école de l’Alliance israélite universelle [3] contre laquelle le Rabbin Stora du Séminaire de Paris s’opposa, car cette école s’établissait au détriment de la culture locale selon lui ; "Les Ecoles de l’Alliance ne peuvent apporter que de l’amertume." Il écrivit à l’époque au Grand Rabbin de France Zadoc Kahn pour expliquer son opposition, il n’eut aucune réponse mais fut déplacé dans le sud Oranais.
Dans le Constantinois, le Talmud Torah s’appelait "L’Alliance" par opposition à l’AIU. "Un combat d’arrière garde !" grâce auquel nous sommes en possession d’une oeuvre écrite en Judéo-arabe, langue principalement orale.
[1] Décédé en 1966 à Dimona en Israël. Après 7 mois de travail, il termina sa traduction le 28.06.1940. Son souci fut le même que celui de Rachi, aider ses élèves à comprendre, sa démarche était pédagogique d’où la traduction en langue dialectale.
[2] La tradition en langue Judéo-arabe débute au IX° siècle avec Saadia Gaon et finit au XX° siècle avec la décolonisation.
[3] Rappelons que l’AIU au XIX° siècle, dès la conquête de l’Algérie, s’était donnée pour vocation d’apporter la culture française parmi les populations juives d’Afrique du nord. Puis son domaine s’étendit à tous les pays du monde arabe et parfois au-delà ; ainsi de nombreux Juifs éduqués à la culture et à la langue française purent regagner la France lorsqu’ils se virent menacés.
Des mêmes auteurs
- par
Nadia Darmon.H
Mots-clés
Dans la même rubrique
Derniers commentaires
- Messages de forum : 0