
L’horloge de la Synagogue de Belfort
une Ungerer
mardi 10 juin 2008.
Site internet : Patrimoine Horloge
Jean-Claude Mayet et Mr Guilbaud,
Deux passionnés d’horloges anciennes ont entrepris, tels des chercheurs de trésors, munis d’un carnet échappé du feu, à la faveur d’indices infimes, d’aller à la découverte des horloges oubliées, abandonnées, méconnues de leurs propriétaires, livrées souvent aux pigeons, au vent et à l’humidité des greniers et clôchers du Territoire de Belfort.
C’est ainsi que Gérard Guilbaud m’interpella à travers la grille de la cour de la synagogue : "- Madame, où est votre horloge ?"
Intriguée, car j’avais lu dans les archives qu’une horloge exista que parfois on devinait sur des cartes postales anciennes de l’édifice, je m’approchai :
"- Comment savez-vous qu’il y eut une horloge ?
Je suis en possession du carnet de commande Ungerer et l’horloge de la synagogue y figure, savez-vous où elle est ? répéta-t-il,
Non, et personne ne s’en souvient.
Laissez-moi la chercher, j’ai le matériel nécessaire pour inspecter les lieux les plus inaccessibles, me dit-il.
Rendez-vous fut pris. Gérard Guilbaud en effet vint muni d’un casque et d’une lampe frontale, d’une corde et d’outils, et d’un appareil photographique. Il grimpa à l’échelle de meunier qui conduisait dans la sous-pente du toit, et là…il n’y avait qu’elle, logée dans son armoire d’origine, vissée au sol, droite comme la justice, mais usée. Le cadran avait disparu depuis longtemps sans doute, son emplacement circulaire sur la façade de la synagogue était murée, faisant oublier jusqu’à son existence.
Elle a dû fonctionner entre 1860 et environ 1930, elle a subi les affres de plusieurs réparations qui forçaient sur les poids pour la faire fonctionner, l’usant prématurément. L’électrification des horloges Ungerer dans les années 1930, avait dû avoir raison d’elle.
Gérard Guilbaud la démonta avec minutie et soin, ramassant chaque pièce tombée au cours du temps et jonchant le plancher, éclairé de sa lampe. Il prit des photos, s’assura qu’il ne manquait rien, et la descendit en rappel.
Ici commença l’histoire intime entre l’objet d’une passion et le personnage de son restaurateur, comme un médecin centré vers son patient, investi d’une responsabilité de préservation, d’une éthique qui exige que l’objet ne quitte pas son lieu d’origine, enfin un personnage nature et sincère.
Puis il fallut s’occuper de l’armoire d’origine Schwilgue, la démonter, la restaurer, la remonter et lui assurer un nouvel emplacement de mise en valeur de l’horloge.
Ainsi fut fait, Gérard Guilbaud aimablement restaura le trésor caché de la synagogue de Belfort, lui conservant sa cloche qui marquait les heures, et son balancier placé à l’avant de l’horloge qui fait sa singularité.
L’horloge prit sa place dans l’entrée de la synagogue, désormais dévoilée au regard du public et des fidèles, répertoriée par les chercheurs et étudiée par les thésards.
Démontage de l’horloge - par Mr Guilbaud.
2007 synagogue de Belfort.
Du toit de la synagogue
Examen de l’horloge avant démontage
Un déplacement délicat, en rappel
L’armoire voit le jour
L’horloge restaurée
Travail de passionné accompli
L’horloge livrée au publicDes mêmes auteurs
- par
Nadia Darmon.H
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