Judaiques Cultures

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La Mezouzah

signifie : "Montant de porte"

samedi 14 octobre 2006.

La Mezouzah est souvent le premier signe de la judéité des habitants d’une maison. Elle est aussi le dernier, car elle peut témoigner, en tant qu’objet vestige oublié par son propriétaire, ou par l’empreinte laissée dans la pierre, que tel endroit fut habité par des Juifs. Parfois, on peut se laisser prendre au jeu de la chasse à la trace, et quel bonheur lorsque l’on trouve une Mezouzah scellée à la pierre, repeinte ou rouillée, dont nul passant, dont nul autre propriétaire ne s’est soucié de la supprimer ou d’en reboucher l’encoche ! Un ultime témoignage de la présence juive.

"Tu les inscriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes" (Deutéronome 6-9 et 11-20).

Par cette injonction deux fois répétées dans le texte biblique, toute maison juive arbore sur le montant droit de sa porte d’entrée, une Mezouzah  ; petit étui longiline qui contient deux textes sur parchemin, écrits par un sofer (scribe). L’étui marque le sens de son positionnement par le sens de lecture d’une lettre en hébreu, le Chin laquelle évoque le début du mot Chaddaï , l’un des noms de D.. qui signifie Protection du Tout Puissant.

Le terme Mezouzah englobe le contenu et le contenant qui porte aussi le nom peu usité de Beit Hamezouzah (la maison de la Mezouzah).

Le parchemin contenu dans l’étui est rigoureusement le même d’une maison à l’autre, ou d’une pièce d’habitation à l’autre. Seule la dimension varie et sa calligraphie. Il s’agit d’un premier texte rappelant les commandements suivants : l’amour de D.., l’étude de la Torah, la prière du Chema Israël, la mise des Tephilins ou phylactères et la pose de la Mezouzah. Le texte qui suit, rappelle à son tour les commandements du chapitre 11 du Deutéronome, qui constituent également le Chema Israël (Ecoute Israël), la prière quotidienne de tout Juif, en témoignage de sa fidélité aux commandements bibliques.

Il est d’usage de placer la Mezouzah légèrement inclinée vers l’entrée de l’habitation, et à hauteur d’homme ; en mémoire du débat entre Rachi [1] et son petit fils Rabbénou Tam, l’un prônait une Mezouzah placée à la verticale, l’autre à l’horizontale. La position inclinée marque le compromis adopté par l’ensemble des fidèles depuis le Moyen Age, comme une volonté constante au Shalom (à la paix des coeurs).

Les pièces habilitées à recevoir une Mezouzah, doit comporter une porte, un plafond, elles doivent abriter exclusivement des êtres humains, en permanence et ne doivent pas servir à la toilette.

La Mezouzah est l’objet où l’art s’exprime volontiers, dans son design, ses dimensions et le matériau utilisé. C’est également l’objet par lequel de nombreux films représentent des scènes qui relèvent davantage du folklore et de la coutume, lorsque le personnage embrasse d’un geste rapide la Mezouzah en entrant chez lui. On peut aussi remarquer la présence de Mezouzoth dans de nombreux films et télé-films américains sans que le sujet s’y prêtât particulièrement.

Enfin, il est intéressant de signaler qu’en Babylonie, il était d’usage de placer dans les fondations d’une habitation en construction, une tablette de fondation, comme amulette de protection. Ainsi, pourrait-on y voir là, une survivance d’un usage très ancien pratiqué parmi certaines populations de la région, ou bien une similitude de l’usage.

[1] 1040-1105, Rabbin et principal commentateur de la Bible et du Talmud né à Troyes en France.

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