Patrick Desbois est né à Châlons-sur-Saône, en Bourgogne, il y a 50 ans, d’une famille non juive. Des membres de sa famille ont été déportés, dont son grand-père, en 1942, dans le Stalag 325, le camp de Rawa-Ruska, à la frontière entre l’Ukraine et la Pologne. Une ville juive avant la guerre. Patrick Desbois s’est rendu sur les lieux, puis il a interrogé le maire : "Où étaient les Juifs pendant la guerre ?" Le maire ne donna aucune réponse, et pendant des années à la même question, il répondait "Je ne sais pas". Mais "un jour, le maire a demandé à Patrick Desbois de venir. Il avait convoqué 110 témoins qui racontèrent les uns après les autres l’exécution publique d’environ 10 000 Juifs. Chacun prit la parole pour témoigner de ce qu’il avait vu ou fait. En effet, les Allemands réquisitionnaient les enfants de 6 à 16 ans pour avoir des petites mains pour exécuter toutes sortes de petits travaux nécessaires pour le bon déroulement de cette exécution. Ahuri devant ces horreurs, Patrick Desbois décide de mettre cela en archives, que le monde n’oublie jamais cela, et que l’on redonne un nom à tous ces morts.
Par la suite, un projet commun est né entre Catholiques et Juifs : trouver toutes les fosses communes d’Ukraine et auditionner les témoins qui sont encore là. voir le site : www.Yahad-In Unum.
PATRICK DESBOIS : ENQUETE SUR UNE AUTRE SHOAH
Un prêtre catholique, le père Patrick Desbois, est en train de révolutionner l’histoire de la Shoah "à l’est" : en Ukraine et dans les autres territoires soviétiques occupés par les forces allemandes à partir de juin 1941. PROPOS RECUEILLIS PAR MICHEL GURFINKIEL


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