Judaiques Cultures

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Pâque juive

Pessa’h

Extrait de la Haggadah (récit de la sortie d’Egypte)

jeudi 21 avril 2005.

"Voici le pain de misère que nos pères ont mangé en terre d’Egypte. Quiconque a faim, vienne et mange ! Quiconque est dans le besoin, vienne et célèbre Pessa’h avec nous ! Cette année ici, l’an prochain dans le pays d’Israël. Cette année esclaves, l’an prochain hommes libres."

On repose le plat sur la table en y remettant la viande et l’oeuf, on remplit la seconde coupe de vin, et le plus jeune des assistants questionne :

"Qu’est-ce qui différencie cette nuit de toutes les autres nuits ? Toutes les autres nuits nous mangeons du pain levé ou des azymes. Cette nuit seulement du pain azyme. Toutes les autres nuits nous mangeons toutes sortes d’herbes. Cette nuit nous ne mangeons que des herbes amères. Toutes les autres nuits nous ne trempons pas même une fois. Cette nuit deux fois. Toutes les autres nuits nous mangeons assis normalement ou accoudés. Cette nuit nous sommes tous accoudés."

On découvre les matsot, et le chef de famille répond par le récit de la sortie d’Egypte.

"Nous avons été esclaves de Pharaon, en Egypte, et l’Eternel, notre Dieu, nous en a fait sortir par sa Main puissante et son Bras étendu. Si le Saint, béni soit-il, n’avait pas fait sortir nos encêtres d’Egypte, nous serions encore, nous, nos enfants et nos petits-enfants, assujettis au Pharaon d’Egypte. C’est pourquoi, même si nous étions tous des Sages, tous des hommes intelligents, tous des vieillards expérimentés, tous instruits dans la Torah, ce serait encore un devoir pour nous de faire le récit de la Sortie d’Egypte ; plus on en parle, plus on mérite de louanges."

Pessa’h dite la Pâque juive revêt une dimension toujours renouvelée de l’affirmation du témoignage persistant de la sortie d’Egypte, à partir d’un récit qui semble daté du 1er siècle de notre ère, puisqu’il est question de Rabbi Akibba, sous l’Empire Romain.

Le texte et la tradition le disent ; l’important c’est d’en parler. La forme et le rituel le montrent ; l’important c’est de frapper l’imagination des participants et surtout celle des enfants. Toute la pensée de Pessa’h est tournée vers l’idée que chaque génération doit revivre la sortie d’Egypte comme si elle avait été physiquement présente, et en témoigner à jamais. L’expérience de Pessa’h, de la sortie d’Egypte des Hébreux et du Don de la Torah marquent de leur empreinte fondatrice toute la vocation du Peuple Juif, de témoigner (par sa persistance) et de parler à l’Humanité (Haggadah, récit). L’évocation de l’intervention de Dieu dans l’histoire de l’homme reste le fondement du Judaïsme, une invention moderne qui sépare la pensée monothéiste du culte et du monde idolâtre. Pessa’h qui se traduit par "passage", est précisément le passage d’un non-peuple, à un peuple historique que la Torah (la Loi) fonde, par le Don de Dieu omniprésent. Ainsi, une des nombreuses explications de la présence de l’oeuf sur le plateau du Séder est le passage d’un état d’embryon à l’état d’Etre signifiant.

Le soir de Pessa’h, les familles et leurs convives se réunissent pour faire le récit à voix haute, en langue vulgaire et/ou en hébreu, pour faire les commentaires à l’infini de ce récit, jusque tard dans la nuit. Autour d’une table bien fournie de mets délicieux et traditionnels ayant écarté tous les ingrédients Hametz(à base de pâte levée ou de céréales) interdits de consommation pendant les huit jours que dure la fête. Chacun selon sa coutume d’origine, et c’est l’occasion de s’inspirer, de s’amuser, d’apprendre les coutumes de ses amis ; ainsi, saviez-vous que les Juifs Iraniens se congratulent les uns les autres en agitant une tige fine d’oignon blanc sur son voisin, au moment du "Dayenou"  ? Ainsi, les convives restent éveillés ! C’est aussi un geste exutoire.

Si Pessah est la célébration la plus contraignante pour les mères de famille à qui il faut rendre hommage, de conserver vaille que vaille, les traditions et le sourire. Pessah est la fête qui demeure dans le coeur et l’esprit de chacun, lorsque tout le reste est oublié.

Bonnes fêtes à tous.

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