Si l’analyse est féroce, elle ne manque pas de tendresse, de situations cocasses et absurdes, celles inhérentes à une guerre de clôture, de champs et de droits de passage. Si l’analyse montre un soldat israélien, elle montre un homme pris en étau entre un règlement soucieux de prévenir les dérives, soucieux de protéger ces hommes précisément, du terrorisme aveugle et barbare, et l’absurdité de l’ordre et du contrordre, la danse de Saint-Guy qui rendrait fous n’importe qui et qui empoisonne le quotidien des Israéliens et des Palestiniens.
Le réalisateur construit alors un pont branlant, entre des petites situations de tous les jours, et un idéal de société israélienne qui se construit sur des mythes [1] anciens de bravoure, comme celui de Samson et Dalila, des Zélotes retranchés à Massada pour combattre les Romains, récits qui aujourd’hui, construisent l’identité israélienne de demain.
Chaque Nation connaît les récits fondateurs de son identité, l’Etat d’Israël possède les siens sans les avoir inventer, depuis plus de 2000 ans.
Mais il faut le rappeler, il s’agit d’un film israélien, qui sait être critique et qui ne voit pas surgir son équivalent de derrière la clôture de sécurité !
Ici, les considérations hautement politiques laissent le pas, aux petites situations absurdes, comme par exemple, le soldat israélien protégé derrière sa tourelle haute et bétonnée, contrôle un point de passage, sans sortir de son abri, le Palestinien ne voit plus le visage de l’Israélien, il n’entend que sa voix, le Palestinien tend ses papiers tandis que l’Israélien les contrôle aux jumelles…
C’est un remake de la Caverne de Platon !!
On suppose que le soldat a ordre de ne pas sortir de son abri, pour se protéger des agressions terroristes.
En revanche, des Palestiniens viennent d’être contrôlés, une dizaine d’hommes alignés, attendent debout sans devoir bouger, l’un d’eux semble-t-il a transgressé, et en réprimande, il doit se tenir debout sur une grosse pierre sans en descendre. Celui-ci prend alors le parti de défier les soldats, en descendant puis remontant sur la pierre, montrant son courage aux autres qui l’observent en silence, mais se plaignant de la situation humiliante qu’il subit.
A ce jeu là, aucun soldat n’a perdu patience ni même réagi.
Tout au long du film, il est à noter l’extrême patience avec laquelle les jeune soldats israéliens affrontent des situations bien complexes, savent discerner la provocation et rester d’un calme admirable, même face au réalisateur du film qui les agresse dans la scène finale.
Quelque soit sa sensibilité, ce film est à voir et à méditer.


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