[brun]3 -Traces écrites, traces effacées…des exilés en Europe, par Assia Djebbar :[/brun]
[brun]D’Europe, moi l’étrangère :[/brun] Assia Djebbar, première écrivaine francophone berbère à être entrée à l’Académie française. Son oeuvre est considérable, grâce à l’enseignement républicain. Elle a intégré après le baccalauréat, Khâgne et Hypokhâgne à Fénélon.
La lecture d’un texte remarquable et infiniment poétique a fait voyager le public d’un auteur à l’autre, tous européens ou nord africains, d’un visage à l’autre de l’exil et de l’exilé, de la migration de l’un à la langue de l’autre appropriée ; de l’écriture cristalline et romantique de l’écrivain émigré.
Ainsi des Ombres Sultanes aux Neiges de marbre de Mohamed Dib, de L’esclave de Gérard de Nerval à L’impulsion de l’ailleurs, nous parvenons au Livre du Partage d’Edmond Jabes : « Un étranger avec sous le bras un livre petit format. » Et lentement, sûrement, Assia Djebbar nous a fait entrer dans le monde de Blanchot et celui de Kafka, de Elias Canetti et celui de Georges Perec qui a matérialisé la perte de sa mère, déportée, dans une écriture à trous, supprimant le e, comme une langue coupée, comme un silence sur une portée, dans la Réciprocité du Don, devenant européens dans l’étrangeté.


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