
L’art dans la rigueur du copiste
Un Sofer ou Scribe Juif
Un métier vivant qui a traversé les millénaires.
jeudi 22 juillet 2004.
Un Sofer ou Scribe Juif s’applique à la plume d’oie taillée, ou au calame (roseau taillé), à calligraphier les textes hébraïques contenus dans les phylactères, les mezouzoth, les sefarim ou rouleaux de la Torah, et dans les rouleaux du Livre d’Esther ou méguila d’Esther. Selon des règles strictement établies, n’ayant subi aucune modification depuis des temps très anciens, l’écriture de l’hébreu est un art à part entière, une fonction sainte et un savoir qui requiert étude, expérience, habileté, et modestie. La maîtrise parfaite de la lecture est requise.
Un sofer est par nature un homme pieux et respectueux des règles, il s’emploie durant sa vie à observer les règles d’écriture et de fabrication des différents textes, pour cela il se doit aussi de régler sa vie sur ses obligations rituelles.
Restaurer un parchemin n’est pas toujours possible, il faut pouvoir gratter la lettre illisible et la restaurer sans "bavure", dans le cas contraire le parchemin est impropre à l’utilisation et rejoindra une "guenizah" ou lieu de dépôt éternel des textes sacrés. En aucun cas, ils ne peuvent être détruits par l’homme.
Aussi, un parchemin restauré redevient conforme "Kasher", et sera utilisé à nouveau dans sa fonction. Un sofer qui se consacre à l’écriture d’un Sefer Torah, mettra environ un an pour l’achever. Le parchemin qui constitue le Sefer Torah, ou Rouleau de la Torah, est fait de peaux de bovins ou ovins, sans défauts et sans tâches, cousues les unes aux autres, par des tendons d’animaux "kashers" [1].
Le Sefer Torah ne comporte ni voyelles, ni ponctuation, ni même de signe de cantilation. L’encre doit être noire, préparée selon une formule traditionnelle. La taille et la forme de chaque lettre sont définies par la Halakha (règles), mais subissent quelques variantes selon qu’elles relèvent de la tradition ashkénaze [2] ou séfarade [3].
Le Séfer Torah est l’objet cultuel le plus vénéré du Judaïsme, en tant que réceptacle d’un contenu sacré.
Le Sofer s’astreint à un mode de vie conforme aux lois de la Halakha, de pureté rituelle, de modestie, d’application et de rigueur requis par son métier. C’est une vocation artistique qui ne supporte aucune transgression, si ce n’est la marque propre de chaque calligraphe, sa calligraphie propre qui le distingue.
Photos : Neh/Atelier du Sofer et Bodek Michaël Eliahu Hazan, de Strasbourg.
[1] Conformes aux règles d’abattage rituel et déclarés comme tels après examen.
[2] Qui relèvre de la tradition d’Europe centrale et France du nord.
[3] Qui relève de la tradition hispanique, Afrique du Nord, France du sud.
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- par
Nadia Darmon.H
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