L’AVANT PREMIÈRE DE L’AFFAIRE COBLENTZ
Présentation : "Dès la nomination du Capitaine Coblentz à Fontainebleau à la fin de l’été 1900, la zizanie commença, la presse parisienne et nationale s’en empara. C’est vrai que depuis l’Affaire Dreyfus tout ce qui touchait un officier juif était aussitôt monté en épingle.
Fontainebleau était l’une des plus grandes villes de garnison au sud de Paris, il y avait surtout l’Ecole d’Application d’Artillerie qui dépendait directement de l’Ecole Polytechnique située sur la Montagne Sainte-Geneviève. De nombreux élèves officiers juifs passèrent par cette ville dans différentes armes dont le 65ème de ligne comme Michel Wogue, Edouard Cerfbeer ou le Général Léopold Sée .
La lutte anticléricale fut la conséquence de l’insertion dans la loi militaire de 1889 d’un article astreignant les élèves ecclésiastiques à un an de service militaire, il en résulta qu’au Conseil de Révision de 1891 à Fontainebleau on trouvait : Lévy E : ajourné, Lévy S : bon, Wurmser : engagé volontaire, Walch : engagé volontaire. En 1892, une bourse avec trousseau fut accordée à Mathieu Weyl de Fontainebleau, admis à l’Ecole Polytechnique, après la réussite du Concours. Le 27 octobre 1899, Mathieu Weyl meurt à l’hôpital militaire de Vincennes après une courte maladie. Originaire de Fontainebleau, ce jeune lieutenant du 13ème d’Artillerie meurt à l’âge de 27 ans. ‘’Les Archives Israélites de France’’ ou ‘’L’Univers Israélite’’ se faisaient une joie d’annoncer les noms et les promotions de chaque soldat juifs. Parmi les plus grands élèves de l’Ecole d’Application d’Artillerie, il faut citer Alfred Dreyfus, en 1880, il rentre dans cette école pour en sortir deux ans plus tard 32ème sur 97 et fut affecté à la 1ère division de cavalerie du 31ème régiment où il fut promu lieutenant en 1885. Parmi d’autre élèves, on peut citer en 1883 : Samuel Lévy et Auguste Netter, élèves sortants de l’Ecole polytechnique, sont nommés, par décret du 4 septembre, sous lieutenants élève du génie à l’Ecole d’Application de Fontainebleau. Un mois plus tard on notait : M. Cerf, élève sortant de l’Ecole d’Application du Génie est nommé lieutenant au 1er Régiment de cette arme’’. En 1892, M.Weiss, capitaine du Génie à Belfort a été désigné pour l’Etat-Major de l’Ecole d’Application à Fontainebleau’’. Outre l’Artillerie, c’est la cavalerie qui était l’arme la plus représentée. La plus grande partie des officiers de ces armes participaient aux différentes épreuves équestres organisées en forêt, au Grand Parquet, à l’hippodrome de la Solle ainsi qu’aux chasses à courre.
Au milieu de la seconde moitié du XIXème, le principal propriétaire des ‘’Laisser-courre’’ était Michel Ephrussi, il fut remplacé par les industriels sucriers Lebaudy. En pleine révision du Procès Dreyfus, l’aristocratie et la bourgeoisie française et plus particulièrement bellifontaine restaient profondément antisémite. Edouard Drumont avait aussi inoculé ce mal dans les rangs de l’armée, ce qui déclencha la bataille de Meaux, l’affaire Dreyfus et l’Incident de Fontainebleau.
Or alors que l’Affaire Dreyfus était sur le point de l’apaisement, l’incident de Fontainebleau relança l’animosité entre officiers chrétiens (issus d’une certaine aristocratie) et officiers juifs. Pourtant tant en Chine qu’en Afrique, on ne demanda pas aux soldats et aux officiers français la couleur de leur sang qui se répandait sur le champ de bataille, pourtant beaucoup y laissèrent la vie." FV.



Commentaires