Etre juif en Inde

Histoire des Juifs en Inde
lundi 21 février 2011
par Frédéric Viey
popularité : 4%
1 vote

Etre Juif en Inde

Une Histoire des Juifs en Inde

A propos de l’histoire de l’Inde, d’après certains documents, il y avait dans toutes les provinces de cet immense pays en 1947 : 21.245 juifs et 1235 au Pakistan. Dans l’Ouest du Pakistan : Province du Sind et du Penjab et la Province du Nord-ouest : le Balûchistân, on comptait 1199 juifs et 36 dans la région est du Bengale de la province du Pakistan. Prés de 500 juifs ont quitté volontairement le Pakistan pour l’Inde dans le milieu de 1948. Les Juifs en Inde sont concentrés à Bombay, Bengale, Cochin et Travancore.

Qui n’a pas lu avec enthousiasme ou avec rêverie les romans exotiques de l’accadémicien Pierre Loti. Dans le monde féerique des voyages et des mille et une nuits, ce romancier emmenait ses lecteurs dans ses pérégrinations extrême-orientales. A Paris, Pierre Loti faisait encore rêver son public, ‘’Le Figaro’’ du 13 mai 1903, ne publiait-il pas l’article suivant : Une fête chez Pierre Loti.

Cette féerique puissance d’évocation qui fait la beauté de ses livres, Pierre Loti l’a encore à son service s’il s’agit de créer un décor réel et d’ordonner une fête. Dans le quartier le plus morne de la peu prestigieuse cité de Rochefort, il a su édifier un palais, des mosquées, des pagodes où abriter son rêve artistique (…) C’est qu’en effet l’invitation – timbrée du sceau impérial – ‘’Prière instante de prendre le costume chinois et d’arriver entre 21 h et 21h45. Sa majesté chinoise, l’impératrice Ou-tse-tien, s’étant annoncée pour dix heures précises (…) Des flûtistes et les hautboïstes viennent d’abord, jouant un air plaintif que Loti nota lors de son dernier voyage en Chine : "Puis ce sont des enfants, des soldats, des gardes du corps : leurs lanternes se ballonnent, gonflées d’un incendie polychrome ; des dragons papelonnés d’or se convulsent aux plis des bannières (…) ‘’L’impératrice jouée par la fillette de Mme Julien-Viaud, s’avance, vêtue d’une robe où tout l’Orient flamboie, ‘’suivie des mandarins et des dames de la cour, pénètre dans la salle chinoises, s’assied sur son trône colossal (…) le peuple se prosterne…".

‘’ Les Juifs de l’Inde [1] La synagogue de la Porte de la Miséricorde, à Mandevi, peut être considérée comme un Mémorial de la glorieuse histoire militaire des Juifs des Indes – dont on peut dire qu’elle a commencé en 1760 quand Samuel Ezekiel Divckar et ses quatre frères s’enrôlèrent dans l’armée indienne. Ils étaient les fils de Hassaji Divckar qui vivait à Janjira sur le territoire de Bombay. Samuel Divckar, chef d’un groupe des Bné Israël, qui servait dans une compagnie de soldats au service de la Compagnie des Indes orientales, fut fait prisonnier au cours d’une campagne contre Tipo Sahib : ayant eu la vie sauve, il construisit une synagogue, qui a été complétée en 1796, en action de grâce pour sa libération providentielle. En effet, Tipo Sahib avait donné à ses prisonniers le choix entre la foi islamique et la mort : quand Samuel Divckar déclara qu’il appartenait aux Bné Israël, la mère de Tipo conjura son fils d’épargner la vie des enfants de ce peuple que le Koran mentionnait. Tous les Bné Israël furent relâchés et la mère de Tipo Sahib leur offrit de riches présents. Les Bné Israël continuèrent à faire leur service militaire dans les rangs indiens durant les siècles suivants. Une centaine d’entre eux participèrent, avec le corps d’infanterie de Bombay, à la mutinerie de 1857. Cette présence dans l’armée est attestée par les nombreux cimetières Bné Israël situés dans les villes où il n’existait pas de communautés juives, comme ceux de Kolhapour, Satara et Nagpour, dans la région de Bombay, ainsi qu’à Madras et Dharwar dans le sultanat de Mysore. Plusieurs Bné Israël et deux Juifs de Cochin ont combattu durant la seconde guerre mondiale. Les registres de la ville de Cochin ont révélé que, à certaines époques anciennes, les combats s’arrêtaient le vendredi soir pour les soldats juifs qui observaient le Chabbath. Un grand nombre de Bné Israël atteignirent de hauts grades dans l’armée, parmi lesquels on trouve les noms de Soubadar Major Chalom Mosès Penkar, (du 15ème régiment de la Bombay Infantry) et Bahadour Daniel Isaac Talkar (4ème régiment de la Bombay Infantry) et Bahadour Ezékiel Salomon ; Abrahamji Samuel (Unité de Marine de Bombay) ; Samuel Mosès Nagawkar et Ezékiel Samuel ; et le Soubadar Major Haskelji Israël Kolatar qui fut tué en 1887 durant la campagne de Birmanie. Plusieurs historiens pensent que les fameux Plats de Cuivre qui sont en possession des Juifs du Kérala sont en témoignage de leur participation au service militaire aux Indes.

Vers l’an 1000, les Juifs étaient en relations avec Baskara Rai Varma, et les spécialistes sont d’avis que, sous les ordres de leur chef, Joseph Rabban, ils prirent une part active à ses côtés dans sa lutte contre Rajarja le Grand, roi de Chola. Ces présents extraordinaires, des plats de cuivre précieux, leur auraient été offerts en reconnaissance de leur service. Actuellement, des membres des Bné Israël servent dans l’armée de l’Inde, dans la Marine et dans l’Aviation aussi bien que dans les administrations civiles. En 1965, le Colonel Joseph Ephraïm Jhirad fut tué lors des hostilités qui opposaient l’armée indienne aux troupes du Pakistan’’.


D’après les différents documents concernant l’histoire des Juifs d’Inde, les historiens ont remarqué trois strates de peuplement dans différentes régions de l’Inde traditionnelle. La saga des Bnei Menasché dans le Mizoram et le Manipur est complètement différentes de celles de trois communautés Juives de l’Empire Indien : les Juifs de Cochin, les Bné Israël de Bombay et ses environs et les Juifs Bagdadiens de Calcutta. L’historien Nathan Katz a constaté que les populations juives d’Inde, pour différentes raisons, se déjudaïsèrent et pourtant il renchérit en précisant : « Les communautés juives indiennes sont devenues de plus en plus traditionnelles dans le monde juif.

On distingue trois communautés juives en Inde qui totalisaient 6 000 membres en 1997, chacune dans une aire géographique très déterminée : la communauté de Cochin dans le sud du sous-continent, les Bene Israël dans les environs de Bombay et la communauté bagdadienne aux alentours de Calcutta.

Les Juifs noirs de Cochin et les Bene Israël remontent à une période inconnue mais supposée assez ancienne. Les juifs bagdadien et les juifs blancs de Cochin ont une origine beaucoup plus récente. Chaque groupe pratiquait des rites importants du judaïsme et leurs synagogues étaient très fréquentées. Les rites séfarades étaient prédominants chez les Juifs d’Inde. Les Bene Israël les plus influents étaient ceux de Bombay, Calcutta, Delhi et Ahmedabad. La langue parlée par les Bene Israël était le marathi, alors que les Juifs de Cochin parlaient le malayalam. Cochin En plein milieu du XIXème siècle, Ben Lévi (Godchaux Baruch Weil), rédacteur aux ‘’Archives Israélites’’ écrit un livre pour l’éducation des enfants : ‘’Les Matinées du Samedi’’, dans sa 36ème matinée, il fait une description de l’errance des Juifs : ‘’…. Dans l’Inde, on en rencontre un très grand nombre dans les états du Mogol, dans le territoire des Marattes et à Cochin, où il y a une synagogue remarquable. Sur les côtes de Malabar, il y a des Juifs blancs et des Juifs noirs. Les Juifs de l’ Hindoustan sont principalement cultivateur ou guerriers. On en trouve aussi beaucoup en Chine, où des monuments authentiques semblent établir qu’ils sont venus fonder des colonies deux cents ans avant l’ère chrétienne’’.

En ce qui concerne la Grande Communauté de Cochin, ‘’L’Univers Israélite’’ 1879-1880 fait paraître un article assez surprenant par rapport à son titre, pourtant il s’agit bien de la description de la Communauté de Cochin : ‘’Les Juifs de Cochinchine selon le correspondant d’un journal américain" :

On voit quelques fois passer par les rues des hommes plus blancs que les autres habitants des Indes, et dont les traits sont bien accentués. On les appelle ici les Juifs blancs ou de Jérusalem, car ce sont bien réellement des descendants de Moïse. Ils occupent un quartier séparé de la ville, forment une société tout à fait distincte et qui différent, par le costume, les mœurs et les manières, des habitants européens ou indigènes. La partie de la vielle qu’ils habitent est appelée la ville Juive, et leurs maisons sont toutes régulièrement semblables. On s’est livré à bien des conjonctures sur la manière dont ils ont accompli ce lointain voyage et sur le nombre des personnes qui composaient leur caravane, car ils n’ont conservé aucune relation de leur pèlerinage. La tradition raconte que les premiers émigrés abandonnèrent Jérusalem lorsque la Cité Sainte tomba au pouvoir des Romains. Ils forment aujourd’hui trente et quarante familles. Leur synagogue, située tout au bout de la rue qu’ils occupent, est très simple. Le plancher est couvert de porcelaine artistement arrangé, et à l’extrémité de l’enceinte se trouve une superbe armoire devant laquelle il y a un riche rideau et, dans l’intérieur protégées par des doubles portes, sont déposées dans des étuis d’argent cinq copies du Pentateuque, écrites en hébreu sur parchemin. La rue conduisant à la synagogue est étroite, les maisons, serrées l’une contre l’autre, s’ouvrent directement sur la rue. Les portes de ces maisons restent tout ouvertes, et au devant de chacune est un écran derrière lequel se tiennent les femmes et les jeunes filles. A notre passage, nous vîmes ces écrans s’agiter et des Jeunes filles aux yeux noirs nous regardent avec curiosité, tandis que des enfants, dont quelques-uns du plus beau blond, sautillaient de maison en maison, comme s’ils se sentaient partout chez eux. Tout près de la Synagogue, il y avait une école pour les enfants de ces familles juives. On nous permit de la visiter et nous vîmes soixante enfants présents, tant garçons que filles. Tous ces enfants avaient la peau blanche, les yeux et les cheveux noirs. Ils étaient tous confortablement vêtus et bien plus propres que ne le sont les enfants indiens ou Mahométans. Tous lisaient la Bible en hébreu. Un petit garçon fut désigné et nous lut sans hésitation une portion du Pentateuque, une jolie petite fille de neuf ans lut d’une voix chaude et claire le 23è psaume. Le prêtre en fonction nous dit que les élèves étaient soigneusement instruits dans les cinq livres de Moïse, mais apprenaient très peu de chose au-delà. Ils parlent entre eux le langage du peuple parmi lequel ils vivent. Les hommes sont pour la plupart, marchands et les femmes semblent indolentes comme les femmes de l’Orient, à en juger par les groupes qui stationnent devant toutes les portes. IL y a en Cochinchine des Juifs noirs aussi bien que des blancs, ils occupent la partie basse de la ville juive. On sait peu de chose de leur histoire, mais ils ont en leur possession, gravée sur cuivre, une charte du souverain de Malabar, portant une date qui répond à l’an 308. Le correspondant ajoute qu’il est très difficile de les convertir au Christianisme’’.

Il existe peu d’endroits dans le monde où les Juifs peuvent prétendre avoir coexisté de façon pacifique pendant plusieurs siècles aux côtés des populations locales. Le quartier de Jewtown à Cochin sur la côte Malabar (Sud de l’Inde) est l’un de ces rares endroits. Les Juifs de Cochin seraient arrivés à Cranganore (côte sud-ouest de l’Inde) après la destruction du Temple de Jérusalem en 70 de notre ère. Certains historiens affirment que lorsque les premiers colons juifs s’installèrent en Inde il y a presque 1500 ans, un maharaja local leur offrit un sanctuaire et un terrain pour qu’ils puissent y construire leur synagogue. Cette communauté juive a assisté aux débarquements successifs des conquérants et des marchands : les Portugais, les Hollandais puis les Britanniques. Ces étrangers, tout comme les Juifs qui étaient arrivés avant eux, furent attirés par les riches épices qui abondaient le long cette côte tropicale : la cardamome, la cannelle, mais surtout le poivre. De nos jours, la plupart des Juifs sont partis de cette région. Les premiers Juifs de Cochin étaient également appelés les « Juifs noirs ». Ils parlaient le malayalam et suivaient certaines traditions juives telles que la consommation de nourriture cacher, les mariages religieux et la pratique du Shabbat.

Cochin est situé sur la côte méridionale de l’Inde, au sud-ouest de Malibar. Sa communauté juive est la plus vieille à l’est de l’Iran. Son récit est que ses fondateurs sont venus en Inde après la destruction du deuxième temple en 70 après J.C. Pour établir l’acte de naissance de cette communauté, beaucoup d’historiens ont pu consulté les documents antiques tels que Philon, Flavius Joseph, les routes antiques, les mathématiques grecques, les différents écrits historiques maritimes des indiens indigènes, et les textes des pères d’église depuis des siècles.

Or selon la tradition, l’antiquité de la Communauté Juive de Cochin est vieille de deux mille ans. Hélas il n’y a aucune preuve, et nous n’avons de certitudes de l’existence de ce peuplement qu’au Xème siècle. Malheureusement, la communauté a presque disparu. Il ne reste que quelques familles à Cochin. La fameuse synagogue paradesi est en semi activité. Aujourd’hui, la plupart des juifs de Cochin habitent en Israël. À l’heure de l’indépendance indienne la communauté comptait deux à trois mille âmes. De nos jours, Il ne reste à Cochin entre vingt et vingt-cinq Juifs.

Les juifs de Cochin ont été pendant très longtemps une minorité privilégiée. Ils ont gagné le grand respect de leurs voisins indiens. Parmi eux se trouvaient des Premiers Ministres, des généraux, les constructeurs de navires, et des négociants internationaux.

Cochin n’était pas sous domination britannique mais sous la souveraineté d’un maharaja. L’ancien état princier du Rajah de Cochin est demeuré une enclave indoue. Les banques étaient fermées les Jours de Rosh Hashanah et du Yom Kippour. Les juifs étaient autorisés à ne pas passer d’examen scolaire le Shabbat. Ils siégeaient au Conseil Législatif de Cochin, alors que leur nombre ne le justifiait pas. Universitaires, ils avaient des sièges tant dans les Ecoles de Médecine que dans celle de droit.

La Halakha chez les Juifs de Cochin

Les « juifs de Cochin avaient été les négociants internationaux pendant beaucoup de siècles, et ceci a mené à de bons raccordements avec le monde juif. Par exemple, quand le Schulkhan Arukh, le codex légal juif principal, a été édité en Europe au 16ème siècle, il est arrivé dans Cochin seulement quelques ans après. La littérature juive sur les étagères de membre de la Communauté était très semblable à ce qu’on a trouvé ailleurs dans le monde juif. La bible avec le commentaire de Rashi, le Talmud, le Zohar, et le Schulkhan Arukh étaient les textes standard là.

Les juifs de Cochin n’ont jamais eu de rabbins. Ils ont eu un système pour autoriser les chazanim [chantres] qui pourraient mener le service. Presque chaque membre de la Communauté était bien informé dans les sujets de la loi juive. Leurs documents juridiques ont été acceptés dans le monde juif même sur les sujets sensibles tels que des divorces ou des conversions. Les contrats de mariage sont en araméen parfait. Quand ils n’ont pas su des choses spécifiques, étant une communauté marchande ils pouvaient demander à des rabbins dans les endroits lointains. Cela a parfois pris environ vingt ans pour obtenir une réponse. »

- N. Katz a recherché actuellement la littérature des ‘’Responsa’’ d’Amsterdam, du Caire, et de Bagdad pour essayer de comprendre les réponses que les rabbins adressèrent aux questions des juifs d’Inde à propos de questions sur les règles de vie juive. Parmi ces questions, il en est une forte intéressante : une famille de Zoroastriens habitant le quartier juif de Cochin peut-elle être enterrée dans le cimetière juif ? Les anciens de la communauté juive adressèrent une lettre au Grand Rabbin d’Angleterre pour savoir si cela était autorisé. Une réponse positive est arrivée à condition qu’il n’y ait aucun symbole religieux sur les pierres tombales.

Les Juifs blancs de Cochin La synagogue des blancs de Cochin fut construite en 1568 et partiellement détruite durant la conquête portugaise en 1662. Elle fut rénovée en 1664. Elle est située au Nord du Quartier Juif dans le périmètre du Palais du Rajah de Cochin. Cette Synagogue, l’un des plus belles de toute l’Inde, est remarquable pour sa structure magnificente, son intérieur et son extérieur, sa tour de l’horloge en style hollandais avec des lettres hébraïques marquant les heures (construite en 1761). On remarque à l’intérieur l’Aron hakodech (armoire sainte), l’Arche, les décorations en argent et en or des rouleaux de la Thora, les deux colonnes : Boaz et Yakhim, rappelant les piliers du Temple de Salomon, les deux "alménors", une pour la galerie des femmes et l’ensemble des objets rituels du culte (Menorah, Mezuzot et Shofar dans son écrin). Les « Juifs blancs » arrivèrent plus tard en Inde. Ils venaient de certains pays d’Europe de l’Ouest comme l’Espagne, le Portugal et la Hollande. Les exilés juifs espagnols et portugais arrivèrent après l’Inquisition sur les côtes occidentales de l’Inde. D’autres ensuite débarquèrent après avoir fui les persécutions au Moyen-Orient. En 1560, sous la pression de l’Eglise, les Portugais instituèrent un tribunal de l’Inquisition à Goa, ville située à mi-chemin entre Bombay et Cochin. D’autres Juifs recherchèrent alors la protection de Cheraman Parumal, le Raja de Cochin, qui fut bientôt surnommé le « Roi des Juifs » par les autorités portugaises. L’un des dirigeants les plus connus de Jewtown, qui en fut également le doyen, se nomme Samuel Hallegua. Ses aïeuls s’installèrent à Cochin en 1590 après avoir quitté l’Espagne et traversé la Syrie. La synagogue Pardesi à Jewtown est un monument vivant de l’histoire de cette communauté juive de Cochin au Kerala. Seuls quelques dizaines de Juifs demeurent encore à Cochin, il y subsiste néanmoins un fort sentiment communautaire. Leur identité juive leur a été transmise de génération en génération par leurs ancêtres indiens. Ces Juifs indiens ne ressentent aucune contradiction entre leur fierté d’être à la fois juifs et indiens. Les fêtes religieuses sont célébrées avec un grand enthousiasme. Il n’y a aucun rabbin à Cochin, ce sont donc les doyens qui président aux offices et les visiteurs sont autorisés à participer. Ils utilisent des livres de prière écrits à la main en hébreu ainsi qu’en malayalam, la langue locale. Par ailleurs, un nombre important de leurs chants religieux sont typiques des Juifs de Cochin. Bien que la présence des Juifs au Kerala n’ait jamais suscité de réactions franchement hostiles de la part des autochtones, ceux-ci durent néanmoins s’adapter à la culture locale : alimentation riche en épices à Cochin, habits traditionnels, etc. Même certaines coutumes religieuses propres à l’hindouisme furent adoptées par les Juifs. Par peur des persécutions et des souffrances jadis subies en Espagne et au Portugal, les familles juives qui vivaient parmi les populations indiennes adoptèrent des pratiques cultuelles identiques à celles des Hindous ou des Chrétiens afin de pas être rejetées par ces derniers. Par exemple, les Juifs utilisent des pots d’argile remplis d’huile d’olive ou de noix de coco pour allumer les bougies du Sabbat et ôtent les chaussures lorsqu’ils prient à la synagogue ou chez eux. Les femmes, quant à elles, recouvrent leur tête avec l’extrémité de leur sari (costume traditionnel indien). Les disparités entre les diverses communautés juives s’estompèrent après 1948, lorsque la plupart furent contraints d’émigrer. Encore aujourd’hui, plupart des mariages juifs sont arrangés, les couples mariés et leurs enfants vivent avec les parents du mari, et les femmes juives portent un « bindi » (cette fameuse tache au milieu du front qui signifiait autrefois que la femme était mariée mais qui a été réduit aujourd’hui à un simple artifice de mode).

Les Juifs noirs de Cochin Mais outre ces excentricités mondaines, Pierre Loti, en traversant les différents pays où il a voyagé, a toujours regardé le monde en ethnologue. Dans les pages de ‘’L’Univers Israélite’’ de 1904, il a laissé un très riche article sur les Communautés Juives en Inde sous le titre de ‘’Les Juifs dans l’Inde’’ :

Dès le matin, quand reparaît le disque rouge, ma barque prête au bas des grands escaliers, et je travers la lagune, dans la direction de Matanchéri, me rendant au quartier des Juifs. Après la destruction du second temple de Jérusalem, l’an 3828 de la Création, 3168 de la Tribulation, et 8 de l’ère chrétienne, environ dix mille juifs et juives vinrent au Malabar et se fixèrent à Cranganore, appelée à cette époque Mahodraptna. Ils furent accueillis avec tolérance, et jusqu’à nos jours, leur petite colonie, isolée des plus proches indiens autant que du reste du monde, s’est maintenue ici avec l’intégrité de ses traditions ancestrales, comme une curiosité historique dans un musée. Matanchéri, qu’il me faut d’abord traverser d’un bout à l’autre pour arriver à la ville de ces ‘’Juifs blancs’’ (comme on les appelle dans le pays), est une sorte de grand marché purement indigène où toutes les figures, tous les torses sont de bronze sans alliage, où toutes les échoppes sont de bois, très ouvertes derrière leurs vérandas, très basses aux pieds de leurs grands palmiers flexibles. Et, sans transition, quand les yeux viennent de longtemps s’habituer, pendant une course d’une demi lieue, à ces aspects si indiens, voici, à un détour de la route, la surprise d’une vieille rue sinistre, inquiétante comme une chose qui ne serait pas à sa place ; de hautes maisons en pierre, bien serrées les unes contre les autres ; de moroses façades avec des ouvertures étroites comme dans les pays froids. En même temps, des visages de juifs se montrent partout, aux fenêtres, aux portes, dans la petite rue sombre, et leur apparition, découverte avant que le brusque changement du décor. La vétuste morose – l’enfermement de tout cela, si l’on peut dire ainsi – cadrent mal avec les palmiers du voisinage et avec le ciel ; ce détour imprévu, on n’est plus dans l’Inde, on est désorienté, on ne sait plus ; on se croirait quelque coin d’un ghetto de Leyde ou d’Amsterdam, mais transplanté, recuit et fendillé au soleil des Tropiques. Ce sont les Hollandais sans doute qui avaient construit ce quartier, comme dans la mère-patrie, à l’époque des premières colonisations où l’on ignorait encore l’art d’approprier les bâtisses aux exigences des climats, et, après leur départ, ces Juifs de Cranganore, auront pris place dans leurs logis abandonnés. Des Juifs, rien que des Juifs, ici toute une juiverie pâle, anémiée par l’Inde et les maisons trop closes ; ces deux mille ans de séjour au Malabar n’ont en rien modifié le type originel, contrairement aux théories admises, ni seulement basané les figures. Et ce sont les mêmes personnages, les mêmes Tibériade ; jeunes femmes aux traits fins ; vieilles chafouines au nez crochu ; enfants trop blancs et trop roses, lymphatiques avec des airs futés, une petite papillote sur chaque oreille, comme en portent leurs frères de Chanaan.

Ces gens descendent sur le seuil des portes pour regarder l’étranger qui passe, car il n’en vient guère à Matanchéri. Ils paraissent plutôt souriants et hospitaliers, et, dans presque toutes les maisons, je serais courtoisement reçu si j’entrais. Il n’en reste aujourd’hui que quelques centaines au plus, de ces exilés qui, d’après la tradition, arrivèrent jadis au nombre de dix mille ; depuis tantôt deux millénaires, l’habitat dépressif a constamment étiolé leur race persistante, ils vivent, paraît-il, de commerce clandestin, d’usure, etc…. lorsqu’il sont riches affectent de ne pas l’être. Chez deux ou trois notables, où j’accepte de m’asseoir un instant, les aspects sont pareils, délabrement, désordre et pouillerie, dans une demi-obscurité et une senteur de tanière ; quelques vieux meubles à peu près européens, qui doivent dater des Hollandais, s’en vont de vermoulure, des images mosaïques sont pendues aux murailles et des inscriptions en hébreu. La synagogue est au bout de la rue, avec son petit beffroi mélancolique, tout fendillé par la chaleur, tout déjeté par les ans. Après une cour, aux épaisses murailles aussi hautes que celles d’un préau de prison. Le sanctuaire en occupe le milieu ; le soleil de huit heures du matin l’inonde déjà de lumière et le rayonnement blanc de ses couches de chaux éblouit la vue. Il n’y a peut-être pas d’autre synagogue au monde où se soit conservée une décoration aussi ancienne, d’un style inconnu. Le heurt barbare des couleurs y est d’un charme singulier, sous l’atténuation du temps : portes vertes, peinturlurées de fleurs étranges ; dallages en porcelaine, d’un bleu merveilleux ; blancheur laiteuse des murs ; incendie de rouge et d’or tout autour du tabernacle, éclat surprenant d’une quantité de colonnes et de grilles de cuivre tournée, polies en miroir par le flottement des mains humaines. Et nombre de petites girandoles en cristal également polychromes, descendant du plafond, très archaïques, sans doute venues d’Europe au vieux temps des colonisations.

Quelques personnages au teint blême, en longue robe, en long nez, qui étaient là marmottant des prières, leur livre hébraïque à la main, s’interrompent pour m’accueillir, et un rabbin qui a l’air d’avoir cent ans, s’avance à ma rencontre, avec son tremblement de vieillard. On me fait d’abord admirer le luxe de ces colonnades de cuivre, si minutieusement tournées, et on me prie d’en constater le polie extraordinaire. Ensuite on me désigne ce pavage de porcelaine bleue, vraiment sans prix, si rare, qu’on ose à peine y poser les pieds ; il fut commandé en Chine, il y a six cents ans et rapporté à grands frais sur des navires. En on découvre pour moi le tabernacle, que masquait un long voile de soie lamée d’or ; il y a là-dedans des tiares incrustées de pierreries, d’un dessin aussi primitif que la couronne du roi Salomon, pour coiffer en certaines circonstances, le rabbin centenaire, il y a surtout les saints livres, rouleaux de parchemin d’une antiquité imprécise, enveloppés dans des étuis de soie noire à broderies d’argent.

En dernier lieu, on m’apporte des reliques, le document inestimable, les tablettes de bronze sur lesquelles furent inscrits, environ quatre siècles après l’arrivée de ces Juifs aux Indes, l’an 4139 de la Création, 3479 de la Tribulation, et 319 (1) de l’ère du Christ, les droits et privilèges à eux accordés par le souverain qui gouvernait alors le Malabar. Et voici à peu près ce que disent les caractères gravés sur ces vénérables tablettes :

‘’Par le secours de Dieu, qui forma le monde et établit les rois, nous, Ravi Vurma, Empereur du Malabar, dans la trente sixième année de notre heureux règne, et dans le fort de Maderacatla, Cranganore, accordons ces droits au bon Joseph Rabban : 1° Qu’il peut faire des prosélytes dans les cinq castes ; 2° Qu’il peut jouir de tous les honneurs ; qu’il peut monter éléphants et chevaux ; s’avancer en cérémonie ; avoir ses titres proclamés à sa face par des hérauts, se servir de lumière en plein jour, avoir toutes sortes de musiques ; qu’il lui est permis de se servir d’un large parasol et de marcher sur des tapis blancs étendus devant ses pas ; enfin qu’il peut faire jour des marches d’honneur en avant de lui, sous un baldaquin d’apparat. Ces droits, nous les donnons à Joseph Rabban et à soixante-douze propriétaires juifs, avec le gouvernement de son propre peuple, qui est tenu de lui obéir, à lui et à ses héritiers, aussi longtemps que le soleil luira sur le monde. Cette charte est donnée en présence des rois de Travancore, Tecenore, Kadramore, Calli Quilou, Kreugoot Zamorin, Zamorin Paliathachen et Calistria. Ecrit par le secrétaire Kalambi Kélapour. Et, comme Parumpadapa, le rajah de Cochin est son héritier, Son nom n’est pas compris parmi ceux-ci. Signé ; Cherumprumal Ravi Vavuna Empereur du Malabar’’*.

Au-dessus de la synagogue, à côté du beffroi lézardé, on me fait monter à une salle haute, qui est dans un état de vétusté et de délabrement inimaginable : parois déjetées et solives informes ; trous dans le plancher, chauves-souris sommeillant au plafond noir. Par les étroites fenêtres, percées comme des meurtrières dans la muraille épaisse, on voit d’un côté la petite ville hollandaise, aujourd’hui passée aux mains d’Israël ; on la voit toute grise, morne et effritée, aux pieds des grands palmiers dominateurs, dont les cimes magnifiques se pressent dans le lointain, reforment tout de suite la forêt, couvrent les horizons de leur immuable verdure. Et du côté opposé, la vue plonge sur les toits de chaume d’un très vieux temple de Brahmâ, sur sa coupole de cuivre, lare et basse, qui semble s’écraser contre la terre brûlante.

Cette salle haute, cette ruine pleine d’ombres et de toiles d’araignées, c’est l’école des petits ‘’Juifs blancs’’. Et ils sont là une vingtaine, profitant de la quasi-fraîcheur du matin pour étudier le Lévitique sur un tableau noir, un rabbin, qui ressemble au prophète Elie, leur en trace des passages en hébreu- car ces enfants de l’exil parlent encore la langue des ancêtres, négligée aujourd’hui par leurs frères d’Occident. Après le quartier des ‘’Juifs blancs’’, vient celui des ‘’Juifs noirs’’, rivaux et ennemis des premiers. On m’a averti que je les blesserais beaucoup si, ayant visité les autres, je n’allais pas les voir aussi eux et leur Synagogue. Il y en a même déjà quelques-uns de postés là-bas à l’entrée de la rue, pour regarder si je viendrai, tandis qu’au-dessus à demi soulevés, j’aperçois des figures de juives blanches, jolies, bien qu’un peu trop émaciées, qui observent curieusement quelle direction je vais prendre.

Allons donc chez les pauvres ‘’Juifs noirs’’, qui se prétendent arrivés de Judée quelques siècles avant les blancs, mais que les blancs affirment avec dédain n’être que d’anciens parias convertis par leurs prédications.

Un peu plus basanés que leurs voisins, ceux-ci, il est vrai, mais pas ‘’noirs’’ tant s’en faut, et paraissant être en réalité des métis d’indiens et d’israélites. Ils s’empressent à me recevoir. Leur synagogue ressemble beaucoup à sa rivale, moins riche toutefois, sans la belle colonnade de cuivre, et, surtout sans le merveilleux pavage en porcelaine de Chine. On y célèbre, à cette heure, un office pour des enfants, qui sont là tous, le nez plongé dans leurs livres, à se dandiner sur place comme des ours – ce qui est la manière du rite mosaïque. Le rabbin me fait d’amères doléances sur la fierté des rivaux de la rue proche, qui ne veulent jamais consentir à contracter mariage, ni même frayer avec ses paroissiens. Et pour comble, me dit-il, le grand rabbin de Jérusalem, à qui on avait adressé une plainte collective, le priant d’intervenir, s’est contenté d’émettre, en réponse, cette généralité plutôt offensante : ‘’Pour nicher ensemble, il faut être des moineaux de même plumage’.

Ce temple à la coupole de cuivre, aux murs de granit, aux toits de chaume, aperçu d’abord du haut de la Synagogue, est l’un des plus primitifs et des plus farouches de toute cette côte, d’ailleurs si impénétrable, il va sans dire, que l’on ose à peine m’en laisser approcher. Dans la cour accablée de soleil, vide, lugubre, entre les granits ardents, se dressent d’étranges objets de fer et de bronze, espèces de torchères à branches multiples, rongées par l’oxyde, depuis des siècles sous le ruissellement des orages… Pierre Loti, l’Inde

(sans les Anglais) La perte des privilèges juifs après l’Indépendance de l’Inde

Lors de l’indépendance indienne, en 1947, tous les maharajas ont transféré leur autorité au gouvernement central Indien. Les états princiers de Cochin, de Travancore, et de Calicut ont été réunis pour former l’Etat du Kerala. Le nouveau gouvernement fondé un état démocratique laïc. Pour les juifs, cette nouvelle donne signifiait la perte de leurs privilèges politiques.

Parmi, les nouvelles lois du gouvernement Nehru, l’une des premières fut d’interdire l’importation des marchandises de luxe. Beaucoup de juifs de Cochin étaient des importateurs de produits de luxe en Inde telles que les boissons alcooliques d’Angleterre, les vêtements raffinés et les lustres de l’Europe. Ils vendaient généralement ces produits aux Anglais et aux autres élites de l’Inde. Ces changements politiques débouchèrent sur des problèmes économiques. La nationalisation des domaines de noix de coco les déposséda aussi d’une grande partie de leurs revenus.

Le transport, les compagnies électriques et l’eau municipale furent également nationalisés. Si leurs propriétaires juifs obtinrent une compensation beaucoup d’employés juifs perdirent leur emploi. Les événements politiques, ainsi que les incidences économiques et religieuses causèrent le départ des Juifs à l’étranger, notamment en Israël. Lorsque la plus grande partie de la communauté fut partie, les problèmes existentiels commencèrent : comment trouver un minyan pour la prière, à qui marier ses enfants…..

Les juifs riches de Bombay, tels que les Sassoon, s’installèrent principalement en Angleterre. Les Koders, l’une des principales familles juives de Cochin, étaient propriétaires de la seule chaîne de grands magasins dans l’état du Kerala. Ils restèrent à Cochin jusqu’au moment où la vie communautaire n’était plus viable.

L’Alyah des Juifs de Cochin En Israël beaucoup de juifs de Cochin vivent dans les communautés et les villages liés étroitement. Beaucoup d’autres, bien que, ont étendu au-dessus du pays. Par un réseau de transmission sans cérémonie, ils se réunissent pour des festivités et des vacances de famille.

Les juifs de Cochin soutiennent en Inde ont souvent eu des carrières professionnelles comme médecins, banquiers, et ainsi de suite. Ils l’anglais de rai jaillissent. Quand ils sont venus en Israël dans les années 60 ou les années 70 ils ont eu accès aux positions raisonnables dans la société israélienne.

Beaucoup de vieilles traditions de Cochin ont été oubliées. Pourtant dans la dernière décennie il y avait une réapparition des chansons en langue malaise. Les quelques femmes plus âgées qui ont su ces derniers en arrière en Inde enseignent maintenant les plus jeunes qui ne les ont jamais apprises. Un groupe de femmes, qui se réunit pour chanter ces chansons et pour exécuter publiquement, est récemment devenu un point focal d’identité de Cochin en Israël. »


* Voir Salomon Grayzel : Histoire des Juifs, Tome II, la leçon des Indes, p. 350-356.

Madras Daniel Lévy de Barrios raconte dans l’un de ses poèmes la vie des juifs séfarades en Inde au XVIIème siècle. Aux alentours de 1655, il assure que des Juifs résident dans la cité de Madras en Inde. Il précise également que d’autres communautés juives sont installées dans différentes grandes villes de ce pays. Par exemple à Goa, à au sud de Bombay, une Communauté juive portugaise s’installe vers 1510 et disparaît en 1961. On doit cette présence grâce à des Juifs christianisés appelés « Nouveaux Chrétiens. »

A Cochin et sur les côtes Malabar, il y a encore une ancienne communauté Juive composée de Juifs venant de Perse et de Syrie-Palestine qui ont été rejoint au XVIème siècle par des Juifs d’Espagne et du Portugal. Cette communauté était régie par la Loi hollandaise, 1663– 1795, et soumise à l’attitude bienveillante du raja local.

Des Juifs ont aussi développé un commerce florissant à Surat, un port au nord de Bombay. Ce port, au XVIIème siècle, a été une plaque tournant du commerce entre l’Europe et l’Asie.

L’Anglo East India Company se rendant compte des opportunités commerciales en Inde et dans l’Asie du Sud-Est, cassa le monopole portugais dans cette région. C’est ainsi que cette Compagnie décida de construire un fort en 1639 nommé Fort St Georges. La ville de Madras se développa tout autour.

Ceux qui ont commercé tout seul ont été considérés des intrus et opposition rencontrée à leur faire ainsi. Les commerçants juifs sur les côtes de l’Inde étaient des intrus principalement. Avec du temps, leur perspicacité marchande, leur spécialisation dans les diamants et les pierres précieuses, et leurs relations avec les règles locales étaient aussi salutaires vus à St George, et elles ont été graduellement acceptées que les citoyens honorables de St George (Madras).

Les Juifs de Leghorn exportèrent du corail des Caraïbes vers l’Inde ainsi que les textiles précieux et les ornements européens. D’Inde, les juifs exportent des diamants, des pierres précieuses ou semi-précieuses, telles que des rubis, des émeraudes, des opales, des topazes et des perles.

L’un des premiers juifs à s’installer à Madras avec une permission spéciale de résidence s’appelait Jacques (Jaime) de Paiva (Pavia). Il est originaire d’Amsterdam et avait d’excellentes relations avec les autorités. Il put acquérir des mines dans l’Etat de Golconde, Au même moment, il négociait avec les autorités anglaises pour obtenir l’autorisation de résidence à Madras pour d’autres de ses coreligionnaires. Dans les faubourgs de la ville, ils purent aussi établir un cimetière particulier. Les juifs portugais d’Amsterdam et de Londres, qui étaient venus s’installer à Madras, furent rejoints par des Juifs sefardim venant de Leghorn et des Iles Caraïbes. Cette Communauté forma alors un corps officiel : ‘’La Colonie des Commerçants Juifs’’ en 1687 qui fut dirigée par Jaime de Paiva, Pedro Pereira, Antonio do Porto et Fernando Mendès Henriques. Le nombre de Juifs résidant à Madras n’a jamais pu être établi .

La ‘’East India Company’’ utilisa des Juifs portugais basés à Madras pour étendre l’expansion commerciale anglaise. Le plus imminent de ces diplomates fut Avraham Navarro. Il a commencé sa carrière en tant qu’un interprète et linguiste et a participé à une mission spéciale en Chine qui a essayé de convaincre l’empereur chinois d’ouvrir le port d’Amoy au commerce international. La mission a échoué et Navarro est devenu un employé de la Compagnie à Madras. Quand l’empire Mogol est devenu agressif envers les commerçants anglais, Navarro a été envoyé sur une mission auprès du Nabab Aurangzeb. Des négociations très complexes avec l’empereur lui-même débouchèrent sur la permission (firman) pour le commerce anglais. Il est mort en 1692

Les maisons marchandes juives se sont développées plus grandes et continuellement augmentées leur aspect international. Les échanges des pierres précieuses et des gemmes sont devenus une science. Le plus grand spécialiste en science de diamant polissant, dans le découpage en pierre, et dans l’appréciation de gemme était Isaac Sardo Abendana (1662-1709). Originaires de Hollande, les juifs orthodoxes connaissaient l’hébreu, ils sont devenus conseillers scientifiques de la plupart des sociétés de commerce à Madras et furent des amis personnels du gouverneur, William Pitt. Assez curieusement dans son testament, Pitt stipule que si sa veuve devait se remarier. Elle devait simplement résider dans une ville où il y a une synagogue. Madras n’a eu aucune synagogue. Sa veuve s’est remariée avec un luthérien allemand.

Les grandes compagnies juives à Madras ont commencé lentement à se déplacer à Londres, laissant seulement un membre de famille à Madras. La grande maison marchande de Castro, fondée par Samuel de Castro, s’est translatée de Curaçao à Madras et puis graduellement à Londres, où la compagnie a prospéré. Une autre maison marchande considérable était celle de Salomon Franco de Leghorn, qui après son épanouissement à Madras a établi sa maison marchande à Londres. Le plus grand commerçant à Madras, D’Alvaro da Fonseca transféra sa prospère compagnie à Londres où il est devenu l’un des spécialistes dans l’évaluation de diamant.

L’antisémitisme en Inde Les Portugais ont importé l’antisémitisme et l’inquisition en Asie du Sud-Est et notamment en Inde. ‘’L’Univers Israélite’’ rappelait dans son ‘’Ephéméride juive’’ de 1931 qu’en date du 6 septembre 1705 un sermon avait été prononcé par l’Archevêque de Cranganor à Lisbonne. En effet, ce fut à l’occasion d’un autodafé célébré à Lisbonne et où figure plus de soixante six judaïsants que Diogo da Annunciasao, archevêque de Cranganor (possession portugaise dans l’Inde) fut choisi pour prononcer le discours d’usage. Il se disqualifia en employant un langage d’une violence indécente : ‘’Misérable relique du Judaïsme ! Malheureux fragments de la Synagogue ! Derniers restes de Judée ! Scandale des catholiques et détestable objet de mépris pour les Juifs eux-mêmes ! Oui, vous êtes le détestable objet du mépris des Juifs, car vous êtes si ignorant que vous ne pouvez même pas observer loi sous laquelle vous vivez’’. Cette ‘’véritable apostrophe chrétienne’’, comme l’appelle l’historien Lea, fut jugée digne d’être perpétuée par l’impression. Un exemplaire de ce sermon parvint à Londres et tomba entre les mains de David Nieto, ‘’Haham’’ de la Communauté portugaise. Il écrivit immédiatement, dans la même langue, une réplique écrasante qui fut imprimée sous la signature de ‘’Carlos Vero’’ publiée sous le signe de la foi, dans la ‘’ville de la Liberté’’, allusion transparente à Londres. Il la fit suivre de la publication d’un ouvrage plus important : ‘’Notes secrètes de l’Inquisition portugaise’’.

Au milieu du XIXème siècle, il n’y avait plus de Juifs portugais à Madras. Les pierres tombales de l’ancien cimetière juif ont été transférées dans le Parc Central de Madras en 1934 avec la porte du Cimetière où il est écrit en lettres hébraïques ‘’Beit ha-Haim’’. C’est le dernier vestige de la présence juive à Madras au XVIIème siècle.

Les Bné Israël La Communauté Juive de Mumbai (Bombay)

Le grand voyageur Israël Benjamin a laissé un long texte sur l’histoire des Bné Israël, lisons-le ensemble :

‘’ Des Bené-Israël (Enfants d’Israël, expression biblique) Preuves, leur état actuel, écrit par Benjamin II.

La race désignée sous ce nom, établie aux Indes depuis une haute antiquité, comme les Canneranz, n’est reconnue que depuis peu par les Juifs du pays, comme appartenant au mosaïsme. Selon moi, il n’y a aucun doute à cet égard, et il ne sera pas difficile de démontrer que, non seulement les Bené-Israël sont de véritables israélites, mais qu’ils sont les descendants en ligne droite des tribus exilées par les Assyriens du temps d’Osée, à Halah et Havor, sur les bords du fleuve Gozen (Gange), et dans les villes de Médie.

Voici les faits et les considérations qui servent à établir le premier point : 1° L’isolement volontaire et systématique dans lequel les Bené-Israël se renferment au milieu des autres sectes ; leurs soins à fuir toute alliance étrangère, à l’instar de tous les autres juifs.

2° Leur stricte et religieuse observance, des pratiques religieuses les plus essentielles au Judaisme, telles que la circoncision et le sabbat.

3° Les soins scrupuleux qu’ils mettent à l’accomplissement des rites concernant la chekhita, ou manière de saigner les animaux destinés à l’alimentation.

4° Leur pieux respect pour les rouleaux de la Loi qu’ils ont conservés dans leurs temples, bien qu’ils ne sachent même pas les lire. Ces rouleaux sont antiques ; l’écriture en est d’une nuance rougeâtre, teinte que je ne saurais assurer être l’effet du temps.

5° Enfin, le nom même qu’ils portent depuis bien des siècles, et sous lequel ils sont connus dans tout l’Indoustan. Quant au second point, voici les motifs sur lesquels je m’appuierai :

1° Le fleuve Gozen, dont parle la Bible, n’est, suivant les Bené-Israël autre que le Gange, dont une embouchure se trouve à proximité de Calcutta. Il y a plus : le mot indou Gangez reproduit toutes les lettres du mot hébreu Gozen. Or, il y a en effet des Bené-Israël assez nombreux établis sur les bords de ce fleuve.

2° On sait que le Gange a sa source dans le haut Tibet, contrée limitrophe du royaume de Caboul. Mais au-delà de ce royaume, s’étend le désert de Habor, cette cité dans le même passage de la Bible, et qui porte encore le même nom aujourd’hui parmi les indigènes. Situés sur la route que les tribus d’Israël ont dû parcourir pour se rendre aux Indes, ce désert est d’un accès si difficile et si dangereux, que de fortes caravanes ne s’y hasardent qu’à de très longs intervalles, jusqu’à ce jour, on a pu rapporter que des données aussi imparfaites que vagues sur les peuplades qui habitent ces régions sauvages et inconnues. Les émigrants israélites y ont laissé, comme traces de leur passage, quelques-uns de leurs frères qui s’y sont maintenus jusqu’à nos jours.

3° Les Bené-Israël n’ont ni Cohanim, ou prêtre de la famille sacerdotale d’Aaron, ni de Lévites. Or, tout le monde sait que les juifs (et nous nous servons à dessein de ce mot, que nous prions de vouloir bien observer, pour distinguer les descendants du peuple de Juda), que les Juifs, tant allemands que portugais, reconnaissent des prêtres et des lévites, qu’ils admettent dans leurs communautés, en leur accordant même dans l’intérieur du temple, certaines prérogatives en souvenir de leur antique suprématie religieuse. On sait aussi que la tribu de Lévi comprenait tout le corps sacerdotal, et qu’elle resta attachée à la destinée de la famille royale de David, sans se mêler aux tribus schismatiques, dont les Bené-Israël sont les descendants.

4° Les Bené-Israël établis aux environs de Bombay, tenaient jadis une chronique qui remontait jusqu’à l’époque de leur arrivée dans ce pays ; malheureusement, cette chronique a été perdue par suite de bouleversement que les guerres avec les Européens ont produits dans tous les états, et qui forcèrent nos coreligionnaires à fuir de province en province. Mais, leurs frères de Cochin, sur les côtes du Malabar, ont conservé la leur, où sont retracées, siècle par siècle, toutes les vicissitudes de leur destinée, depuis l’exil du temps d’Osée, dernier roi d’Israël jusqu’à nos jours. Et cette chronique est confiée à la famille Rekhabi, une des plus honorables de la ville. J’aurais vivement désiré prendre connaissance de ces fastes aussi curieux qu’intéressants ; malgré tous mes efforts, je n’ai pu y parvenir. Un autre voyageur israélite, qui visita ces contrées au dernier siècle, fut du moins plus heureux que moi, et put en extraire quelques passages, que je m’empresserai de reproduire.

Encore quelques détails à ajouter à ces arguments ci-dessus, pour convaincre le lecteur.

Non loin de Bombay, et à deux lieues de Barkout, se trouve une colonie de Bené-Israël composée de 2.000 âmes, et vivant sous l’administration patriarcale d’un chef nommé Babi. Ils me racontèrent qu’avant l’arrivée des Européens, ils formaient une agrégation très nombreuse, gouvernée par un chef pris dans leur sein, et portant le titre de cheik ; mais qu’ensuite, ils furent contraints à se disperser, de sorte que beaucoup d’entre eux allèrent chercher un refuge vers l’autre extrémité de l’Indoustan, à cinquante ou soixante journées au-delà de Calcutta, et notamment à Gamek, où ils jouissent encore d’une sorte d’indépendance nationale. Ces traditions se trouvent corroborées par le récit de voyageurs d’une haute valeur historique : ainsi, Gildmeister raconte que dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, il y avait des vice-rois israélites aux Indes, ce qui suppose une population très importante.

Revenons aux Bené-Israël de Bombay. Ils demeurent dans des maisons entourées de jardins, qu’ils cultivent, et sont généralement à leur aise ; ils se livrent au commerce et à l’agriculture ; l’indou est la langue qu’ils emploient avec les étrangers ; entre eux, ils se servent du Tamoul, entremêlé de mots hébreux, suivant l’ancienne habitude des Israélites en général. Quant à la physionomie typique des Bené-Israël, elle dénote et trahit leur origine. Mais l’influence du climat et des mœurs locales a produit son œuvre de modification, sans détruire, toutefois, le caractère essentiel de la race. Il y a à peine quelques années qu’ils étaient encore d’une grande ignorance absolue en fait de religion ; et, bien qu’ils possédassent plusieurs Pentateuques pieusement conservés dans leurs temples, ils avaient entièrement oublié l’hébreu, jusqu’à la connaissance élémentaire des lettres. Leur culte se bornait à quelques pratiques extérieures, défigurées par la longue série des générations ; mais leur vénération pour la Loi de Moïse, restait gravée profondément en eux, et, comme aujourd’hui, ils ornaient les rouleaux avec magnificence. Au temple ils s’en approchaient respectueusement, les baisaient avec ferveur, puis se retiraient après avoir fait mentalement quelques prières qui partaient du cœur, ou qui exprimait les besoins et l’inspiration du moment. Bien loin d’avoir des Rituels, ils ne connaissaient même pas le Khériat-chema, qui est en quelque sorte le Credo des Israélites. Mais ils conservaient toujours la foi la plus vive dans la venue du Messie.

Depuis sept ou huit ans, les hébreux d’origine arabe qui sont établis à Bombay, leur envoient des Chokhetim et des Rabbins, qui répandent parmi cette population éparse, quelques connaissances, en les familiarisant avec les nombreuses prescriptions du Judaïsme. Mais, quoi que favorablement disposés à l’égard des Bené-Israël, les Juifs de Bombay se refusent obstinément à s’allier avec eux, et ne peuvent consentir à voir en eux de véritables coreligionnaires, parce qu’ils les comparent à tort aux Canneranz, et à quelques autres sectes qui n’ont fait qu’emprunter certains rites au culte mosaïque.

De leur côté, les Bené-Israël revendiquent avec énergie leur titre d’israélites, en s’efforçant de se rapprocher de plus en plus des Hébreux orthodoxes, et ils seraient heureux de resserrer leur union religieuse avec ces derniers, par des mariages.

Quelques missionnaires protestants viennent les visiter ; mais leurs tentatives de prosélytisme n’ont eu jusqu’ici aucun résultat, notamment à Cochin et à Calcutta, en tout environ 2.000 familles.

‘’L’Univers Israélite’’ annonce en 1880 que M. Emile Roquemartine, interprète auxiliaire de la légation de France au Japon est nommé Chancelier de 3ème classe au Consulat français de Bombay.

- Bombay : La presse juive parisienne annonce la mort de M. A. Gubbay en 1894 : ‘’Le 23 août (1894) est mort à Paris à l’âge de 62 ans M. A. Gubbay de la Maison David Sassoon et Cie. Né à Bombay, il partit, à seize ans, pour la Chine et à son retour devint le représentant, puis l’associé de la puissante maison Sassoon. IL fut l’un des directeurs de la Banque de Bombay et présider à plusieurs grandes entreprises industrielles. Mais ennemi du bruit et dénué d’ambition, il refusa malgré les instances de ses amis, de solliciter un siège au Conseil législatif de Bombay’’.

‘’M. Robert Nathan a été nommé secrétaire particulier du Vice-roi des Indes. Il y a trois frères qui, tous occupent des fonctions importantes dans l’administration britannique. Le plus connu est Mattew Nathan, dont nous avons annoncé récemment la nomination au poste de gouverneur à Hong Kong.

‘’D’après le recensement, il y a actuellement dans les Indes britanniques : 18.228 juifs dont 12.898 dans la province de Bombay, 1939 dans le Bengale et 1288 dans les états de Madras.’’

‘’L’Univers Israélite’’ 1904 M. J. David Sassoon a été nommé Shériff de cette ville pour l’année 1905’’.

La force la plus présente en Inde, encore aujourd’hui, est la Communauté juive de Bombay. En Israël ils sont connus comme Bnei Israël. À la différence des juifs de Cochin, les Bnei Israël étaient une communauté isolée. Ils n’ont su presque rien au sujet du judaïsme et n’ont pas même connu le juif de mot. Par une série d’excédent fortuit de rencontre environ 250 ans ils ont été transformés d’être perçu comme sorte de caste indoue, se spécialisant en huile serrant, dans les juifs traditionnels ou normatifs. Depuis quelques années un groupe du Mouvement Loubavitch s’est installé à Bombay sous la direction du Rabbin Gabriel Holzberg et son épouse Rivka.

Les Bnei Israël, ayant commencé une lente assimilation dans la société indienne, rencontrèrent des juifs de Cochin et des juifs Bagdadiens résidant à Bombay. Ils commencèrent à étudier avec leurs coreligionnaires et changèrent leur observance rituelle. Le changement principal, cependant, fut dans la transformation de leur identité.

Il y a environ soixante mille Bnei Israël, dont environ 90% vivent en Israël. Mais ils ont préservé leurs coutumes indiennes tout particulièrement dans leurs rituels de grossesse et d’accouchement. Pourtant durant la période de transition, où elles se sont harmonisées avec le judaïsme normatif, beaucoup de traditions se sont perdues.

La communauté juive de Mumbai est actuellement estimée à cinq mille personnes. La ville a environ douze millions d’habitants. De cette perspective la communauté juive est microscopique. Pourtant elle a la taille suffisante pour maintenir un ensemble d’établissements, tels que des synagogues et un bain rituel. Il y a l’abattage rituel et la nourriture cachère est disponible. Il y a des centres sociaux juifs, les écoles élémentaires et secondaires e et un programme professionnel de l’ORT. La communauté éditait son propre journal.

Le Joint Committee, organisation juive américaine, a financé de grands services communautaires dans cette ville. Elle envoie des rabbins et des travailleurs sociaux à Mumbai. Quelques membres de la communauté de Bnei Israël ont étudié en Israël ou aux Etats-Unis et sont rentrés pour dispenser leur savoir.

Ceux qui ont voulu partir, qui était la majorité accablante, sont allés à l’étranger à ce jour. Certaines de ceux habitant en Inde sont retournées d’Israël. Il y a voyage principal entre Mumbai et l’Israël. Les familles ont souvent des membres dans les deux pays. Ces dernières années le nombre de Bnei Israël dans Mumbai a commencé à se développer. C’est seulement en partie en raison des naissances. Il y a mariage consanguin substantiel car elles sont légèrement assimilées dans la vie de la ville, et ceci mène presque toujours à une conversion en judaïsme. La communauté juive de Mumbai est la seule qui est susceptible de rester vivante en Inde. Il y a quelques communautés de Bnei Israël également dans d’autres villes telles qu’Ahmedabad, Poona et New Delhi.

‘’Un ancien cimetière de Bombay [2]

Vieux de deux ou trois siècles, un cimetière juif a été découvert près de Pen (1), à 160 kilomètres environ de Bombay, et qui révèle la présence à cette époque des Bnéi Israël en cette localité. Le nom de Penkar, qui est généralement donné aux Bnéi Israël dériverait donc de cette ville dans le voisinage de laquelle l’ancien champ de repos est situé. La synagogue de Pen, qui met également en évidence l’importance de cette communauté dans le passé, demeure toujours le foyer spirituel de quelques Bnéi Israël vivant encore dans la région.

Ce cimetière juif a été repéré par un fonctionnaire de l’administration forestière indienne. Il a été identifié par la suite grâce aux recherches de M. J


L’an prochain à Bombay/ film docu sur les Juifs de l’Inde

[1] La Revue Encyclopédique, 3ème année, n° 15, Novembre-Décembre 1969. p. 432

[2] Voir Salomon Grayzel : Histoire des Juifs, Tome II, la leçon des Indes, p. 350-356.



Commentaires  (fermé)

Agenda

<<

2017

>>

<<

Avril

>>

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
272829303112
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Brèves

4 avril 2014 - Du 19 au 23 octobre 2014 Yad Layeled propose une formation pour les inspecteurs et les conseillers pédagogiques

Séminaire de formation Yad Layeled France Du 19 au 24 octobre 2014, l’association Yad (...)

9 septembre 2013 - Le sauvetage des enfants juifs, 1938-1945 sur France 5 tv

Remarquable film-documentaire disponible en ligne jusqu’au 15 septembre 2013. L’Oeuvre de (...)

7 mai 2013 - Secrets d’Histoire en Israël sur France 2 ce soir : Un homme nommé Jésus

Bonjour à toutes et à tous, "Nous sommes heureux de vous informer de la diffusion ce soir 7 mai (...)

29 avril 2013 - Film documentaire sur Moissac la Juste : "J’avais oublié"

Moissac la Juste Tout d’abord Moissac au début de la guerre est en zone libre, de nombreuses (...)

29 avril 2013 - Livre : Survivre, les Enfants dans la Shoah de Michèle Gans

"Survivre, les enfants dans la Shoah" de Michèle Gans, éditions Ouest-France "Le bien évident (...)

Météo

Belfort, 90, France

Conditions météo à 02h30
par weather.com®

Clair de lune voilé

2°C


Clair de lune voilé
  • Vent : 8 km/h - est
  • Pression : 984 mbar tendance symbole
Prévisions >>

Prévisions du 28 avril
par weather.com®

Inconnu

Max 2°C
Min N/D°C


Inconnu
  • Vent : N/D km/h
  • Risque de precip. : %
<< Conditions  |  Prévisions >>

Prévisions du 29 avril
par weather.com®

Soleil et nuages épars

Max 15°C
Min 2°C


Soleil et nuages épars
  • Vent : 9 km/h
  • Risque de precip. : 10%
<<  Prévisions  >>

Prévisions du 30 avril
par weather.com®

Soleil et nuages épars

Max 19°C
Min 4°C


Soleil et nuages épars
  • Vent : 12 km/h
  • Risque de precip. : 0%
<<  Prévisions  >>

Prévisions du 1er mai
par weather.com®

Averses

Max 11°C
Min 3°C


Averses
  • Vent : 20 km/h
  • Risque de precip. : 80%
<<  Prévisions  >>

Prévisions du 2 mai
par weather.com®

Averses

Max 12°C
Min 4°C


Averses
  • Vent : 11 km/h
  • Risque de precip. : 50%
<<  Prévisions  >>

Prévisions du 3 mai
par weather.com®

Averses

Max 14°C
Min 5°C


Averses
  • Vent : 9 km/h
  • Risque de precip. : 50%
<<  Prévisions  >>

Prévisions du 4 mai
par weather.com®

Averses

Max 15°C
Min 5°C


Averses
  • Vent : 6 km/h
  • Risque de precip. : 60%
<< Prévisions