Le temps des pélerinages est venu

- le Rab de Tlemcen : Tombe de Rabbi N’kaoua
- Pélerinage de la Hilloula. Carte postale ancienne.
C’était dans ce temps là, celui de la Hilloula [1] de Rabbi Shimon Bar Yohaï, le temps des pélérinages sur la tombe de personnages de légendes, des savants, des bienfaiteurs, des croyants devenus saints pour les juifs et les musulmans. Une tradition davantage issue de pratiques orientales, berbères, que les rabbins et les imams dénonçaient comme autant de petites hérésies mais qui faisaient tant de bien aux fidèles lorsqu’ils venaient prier, faire un voeux, allumer une veilleuse et déguster des pâtisseries. Aujourd’hui comme hier, les familles se réjouissent autour des tombes des maîtres fondateurs, des maîtres à penser, des rabbis éminents qui font l’objet de dévotion, d’exutoires mais sont aussi sources de tensions.
Les Juifs et le Maghreb, « Je t’aime moi non plus »
Le Magazine Gazelle a créé l’émotion [2] dans son numéro de mars-avril dans un article consacré aux Juifs et le Maghreb dans leur relation intime avec « une terre, ses couleurs, ses populations » dont ils furent partie intégrante depuis plus de 2000 ans pour les uns, depuis au moins six à neuf siècles pour les autres. De Tunis la Goulette à Oujda au Maroc oriental, en passant par Oran, Tlemcen, Béni-Saf, l’article nous plonge dans le tréfonds des coeurs, de ceux qui n’ont de cesse chaque jour, chaque chabbat, de préparer selon des traditions culinaires bien juives, bien revendiquées tunisiennes, algériennes ou marocaines, de ceux qui ne cessent de jouer la partition de la nostalgie d’une langue, d’une musique et des amitiés profondes.
« Je t’aime...moi non plus », l’histoire des Juifs et le Maghreb nous offre une belle histoire d’amour qui interpelle les maghrébins, si l’on en croit l’article, mais aussi le nombre de messages de sympathie que ce site reçoit d’Afrique du Nord, d’écrivains, de journalistes, d’étudiants qui se consacrent à cette histoire des Juifs qui est aussi la leur.
Merci à Dounia Ben Mohamed, auteur de cet article qui permet de rappeler, aux juifs et aux musulmans de France, qu’ils n’ont jamais cessé de partager le même espace historique, la même table sociale nourris aux mêmes sensibilités, qu’ils n’ont jamais cessé de se connaitre et de se méconnaitre, qu’ils ne se sont jamais quittés. Elle les invite par cet article à se regarder avec empathie qu’ils habitent le même palier d’immeuble à Villiers-le-Bel, à Marseille, à Villeurbanne, à Casablanca ou à Natanya.


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