Abraham Furtado (1756-1817)

mardi 16 juin 2009
par Frédéric Viey
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A l’occasion du Bicentenaire de la création des Consistoires Centraux et départementaux, il est important de se remémorer les noms et les actes des grandes personnalités juives qui combattirent pour que les droits acquis par les Juifs durant la Révolution française puissent être préservés. Parmi eux, l’un des plus importants fut sans conteste Abraham Furtado.

Abraham Furtado

(1756-1817)

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Abraham Furtado

Cet homme politique français est né à Londres en 1756 et meurt à Bordeaux le 29 janvier 1817. Il descendait d’une de ces familles Israélites de l’Espagne et du Portugal, dont les unes quittèrent la Péninsule pour s’arracher avec leurs familles aux supplices et aux bûchers de l’affreuse Inquisition. Il puisa ainsi dans le souvenir et la tradition des persécutions et de l’intolérance religieuse, ce zèle ardent pour l’indépendance civile et la liberté de conscience qui fut par la suite, un des traits les plus prononcés et les plus honorables de son caractère. Ses parents étaient membres de la Communauté marrane portugaise. Ils résidaient alors à Lisbonne. Durant le terrible tremblement de terre qui eut lieu et qui détruisit cette cité en 1755, son père périt sous les décombres et sa mère, qui était enceinte fut sauvée in-extrémiste. Veuve, elle s’exila à Londres. C’est dans cette ville qu’elle retourna officiellement au Judaïsme. Depuis l’intervention de Manassé Ben Israël auprès du Lord Protecteur Olivier Cromwell, l’Angleterre tolérait la pratique du judaïsme sur son sol. Ainsi Abraham Furtado fut-il accueilli dans la religion de ces ancêtres Au bout d’un an, elle alla, avec ce nouveau né, rejoindre, d’abord à Bayonne, ensuite à Bordeaux, quelques parents qui faisaient partie de ces familles juives qui quittèrent successivement l’Espagne et le Portugal, afin de pratiquer ouvertement leur culte dans les provinces méridionales de la France, où elles obtinrent successivement la permission de s’établir. Elles n’y obtenaient pas, il est vrai, encore la liberté politique et les droits de l’égalité sociale, mais l’exercice de leur religion et la sûreté de leurs personnes et de leurs propriétés.

Abraham Furtado devint ainsi Français par éducation, qui seul attache les hommes aux intérêts et aux affections d’une patrie. La France, il est vrai, n’en offrait pas encore une véritablement aux Israélites ; mais déjà les amis de la justice et de la tolérance religieuse commençaient à élever, en leur faveur, la voix de la vérité. Il se voue d’abord au commerce en grand, particulièrement aux spéculations maritimes, s’y distingua par sa délicatesse, acquit ainsi ses premiers titres à l’estime et à la considération de ses concitoyens, et consacra ses loisirs à l’étude des lettres, de la philosophie, de l’histoire et de la politique. Il réalisa une fortune assez médiocre, honorablement amassée, en achetant une propriété rurale qu’il sut exploiter avec intelligence, et après avoir fait d’abord une étude particulière de toutes les parties de l’économie agricole, au sein de la retraite et de sa famille. Il épousa une jeune fille des plus grandes familles juives espagnoles bordelaises. En effet, il se maria avec Sara Rodrigues Alvares en 1775 à Bordeaux. Ils eurent trois enfants :

- Joseph Elie (05.07.1778-15.10.1882 Bordeaux)

- Anne Emilie (01.01.1784-12.03.1823) mariée le 26/12/1809 à Moise Aimé Solar, fils

d’Aaron Euryate Félix Solar (11.02.1811-19.11.1870), banquier .

- Sara Furtado épouse Lopez-Dubeč. Ketouba d'Abraham Furtado et de Sara Rodrigues Alvares Ketouba d’Abraham Furtado et de Sara Rodrigues Alvares (Acte de mariage religieux)

Abraham Furtado travaillait alors déjà à la composition d’un grand et important ouvrage. Le génie pénétrant d’Abraham Furtado l’aîné pressentit à cet égard de bonne heure la marche du siècle et des événements, et il s’efforça de l’accélérer par son zèle et son exemple. Bientôt il se sentit entraîné par un goût irrésistible à se livrer entièrement à la politique. Il étudia également le droit, sans pouvoir toutefois accéder au barreau, car un juif ne pouvait prêter serment. Réputé comme un des meilleurs juristes du temps, il fut appelé par Malesherbes, en 1788, pour faire partie de la commission destinée à élaborer un statut unique pour les juifs de France. David Gradis, chef de la communauté des Juifs de Bordeaux et ami de Furtado, a entretenu une longue correspondance avec M. Dupré de Saint-Maur. En date du 10 mars 1788, Gradis adresse le courrier suivant à Dupré : ‘’ Espère que le gouvernement, après avoir réglé la question des protestants, améliorera les conditions des Juifs, en s’inspirant des méthodes suivies à l’égard des Juifs de Guyenne, plus favorisés que ceux d’Alsace et de Lorraine’’. Le 29 mars de la même année, c’est D. Gradis qui reçoit une lettre du même : ‘’lui pose des questions sur le divorce, la possibilité de cultiver des terres, l’appartenance d’une ‘’communauté des arts mécaniques’’ en Guyenne, l’établissement de l’état-civil lorsqu’il n’y a ni rabbin, ni communauté, les divergences contre Juifs Bordelais et avignonnais, le nombre des Juifs à Bordeaux et l’extension des droits civils aux juifs’’.

Gradis répondit : ‘’Tous les Juifs du Royaume doivent avoir les mêmes droits’’. Le 3 avril 1788, les Juifs de Bordeaux se réunissent et nomment Lopez-Dubec et Furtado l’aîné pour représenter les Juifs du Sud-Ouest et puissent donner tous les éclaircissements nécessaires à la solution du problème posé par l’état civil des Juifs. Mais il est bien sur apparent que les Juifs du Sud-Ouest veulent garder les privilèges donnés par le Roi de France au travers des ‘’Lettres Patentes pour les Nouveaux Chrétiens’’. En ce sens, Furtado suit les traces de Rodrigue Pereire, ancien Syndic des Juifs du Sud-Ouest à Paris.

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Jacob Rodrigue Pereire

Du coté de l’Est, c’est Cerf Berr et Isaac Berr qui défendront les Juifs d’Alsace-Lorraine. De leur côté, les Juifs Tudesques veulent garder leur particularisme religieux : vêtements, alimentation, culte, etc…. Malesherbes convoqua donc une commission composée de plusieurs des Israélites les plus distingués et les plus recommandables des diverses contrées de la France, et que Malesherbes a voulu présider lui-même. Le vertueux Cerf Berr de Strasbourg et Berr Isaac Berr de Nancy furent désignés pour les Israélites de l’Est, David Gradis et Abraham Furtado pour ceux du midi : Ce dernier quoique jeune encore fut seul chargé de la rédaction des travaux, qui restèrent entre les mains de Malesherbes, et que rendirent inutiles les grands événements qui éclatèrent bientôt après. L’admission des Juifs à tous les droits de citoyen en France, furent réclamés à grands cris par les écrivains philanthropes de toutes les classes, de tous les rangs et de tous les cultes. Un Juif de Metz ; J.B. Bing réfuta une diatribe de. Adrien Duport alors capitaine de cavalerie, ensuite Député, Général, Ministre et Ambassadeur.

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Port de Bayonne

Le 23 juin 1788, Lopez Dubec et Furtado adressent une lettre de courtoisie à Malesherbes après leurs entretiens. C’est donc à l’occasion de cette commission que Furtado l’aîné fit donc la connaissance et affronta par la suite souvent Hertz Cerf Berr ; Syndic des Juifs d’Alsace. Grand bourgeois bordelais, libéral et universaliste, partisan d’une intégration moderne des juifs à la nation, Furtado ne put comprendre l’orthodoxe rigide et communautariste venu d’Alsace, et Malesherbes eut fort à faire pour les amener à coopérer. Il est vrai que la situation des Juifs d’Alsace n’était pas enviable par rapport à celle des Juifs du Sud-Ouest : En 1775 à la requête des juifs de Lorraine, française en 1766, et de l’Alsacien Herz Cerfbeer de Mendelheim (1726-94), Louis XVI accorde à tous les juifs de France les mêmes droits patrimoniaux qu’aux autres Français. Néanmoins, d’après la brochure publiée à Metz à cette occasion par l’abbé Grégoire (1750-1831), Essai sur la régénération physique, morale et politique des juifs , on voit que l’intention des ‘’Lumières’’ était l’assimilation et la conversion des juifs.

En janvier 1784, Cerfbeer avait obtenu l’abolition du péage corporel (Leibzoll) frappant les juifs d’Alsace. Cette même année Louis XVI édicta des lettres patentes autorisant les juifs de l’Est à acquérir des maisons strictement nécessaires à leur habitation personnelle et les jardins contigus. En 1787, sur les recommandations de Lamoignon de Malesherbes, le Roi Louis XVI fit promulguer un ‘’Edit pour les non-catholiques’’ . Les Juifs pensaient alors pouvoir bénéficier des bienfaits de cette loi, mais cela ne fut pas le cas. Aussi, le Roi voulant participer à l’émancipation des Juifs de France dit à Malesherbes : ‘’Après vous avoir fait Protestant, je vous fais Juif’’.

Mais le temps de l’Emancipation civile et politique des Juifs arriva et ce principe était aussi dans les vues du Prince dont l’âme et la raison ne restèrent étrangères à rien de ce qui est noble et utile. La révocation de l’Edit de Nantes n’était pas la seule iniquité intolérante qu’il avait à cœur de réparer ; ces expulsions spoliatrices des Juifs, qui a plusieurs époques souillent les annales françaises, avaient droit aussi à son attention et à sa sollicitude. Il convoqua une commission composée de plusieurs des Israélites les plus distingués et les plus recommandables des diverses contrées de la France, et que Malesherbes voulut présider lui-même. Cerf Berr de Strasbourg et Berr Isaac Berr furent désignés pour les Israélites de l’Est, David Gradis et Abraham Furtado pour ceux du Midi. Ce dernier quoique jeune encore fut seul chargé de la rédaction des travaux, qui restèrent entre les mains de Malesherbes. L’admission des Juifs à tous les droits de citoyens en France furent réclamés à grands cris par les écrivains philanthropes de toutes classes, de tous les rangs et de tous les cultes. La cause des Juifs fut aussi défendue lors du concours de l’Académie de Metz, sur le thème : ‘’Y-a-t-il un moyen de régénérer les Juifs ?’’ ; les trois lauréats furent : l’Abbé Grégoire, l’avocat nancéen Thierry, et par Zalkind Hourwitz, juif polonais. Mirabeau plaidait la même cause dans un célèbre ouvrage, et appuyait de son éloquence l’autorité de l’Abbé C. Dohm. Des personnalités comme Meunier, Clermont-Tonnerre, Lafayette, Grégoire, Barnave et bien d’autres firent entendre en faveur des Juifs à la tribune nationale, les accents de la justice et de l’humanité.

A la veille de la Révolution, le rapport de Malesherbes est en cours de rédaction, il possède une abondante information. A la lecture de certains documents, on s’aperçoit que se sont les mêmes questions qui seront posées vingt ans plus tard par Napoléon1er à l’Assemblée des Notables. Mais le leitmotiv de Malesherbes est surtout de ramener les Juifs au travail de la terre. En seront-ils capables ? Ce qui le tracasse le plus c’est l’écart entre les Juifs pauvres d’Alsace et les Juifs aisés de Bordeaux. Or, le renvoi de Malesherbes et l’arrivée au pouvoir de Necker annoncèrent un changement profond en France : la Révolution. Pendant la Révolution française, les Juifs cimentèrent rapidement leur union avec une patrie qui cessait enfin de les repousser de son sein, par le titre le plus sacré ; en répandant son sang pour elle, ils combattirent héroïquement dans les phalanges françaises, les un trouvèrent la gloire, les autres la mort à Jemappes, à Fleurus, à Hohenlinden, à Marengo... Abraham Furtado fut l’un des premiers à recevoir les marques de l’estime de ses compatriotes. Revêtu déjà en 1789 du titre de conseiller municipal de la ville de Bordeaux, il en remplit les fonctions avec zèle et intelligence, et pris dès lors dans cette grande cité, une place distinguée parmi les sages et ardents amis de la modération, de l’ordre et de la liberté. Or, le trône s’écroula et la ‘’Terreur’’ allait prendre ses quartiers. Furtado, lié d’amitié avec plusieurs de ses célèbres compatriotes, les Vergniaud, Guadet, Géansonné, leur avait prédit la marche funeste qu’ils avaient contribué à faire prendre à la révolution. Il fut proscrit avec eux, après l’horrible journée du 31 mai, fut mis hors la loi et erra sans asile et sans ressource jusqu’au 9 Thermidor. En janvier 1789, 3.500 juifs portugais du Sud-Ouest furent admis au vote désignant les députés aux états généraux ; ceux d’Alsace y furent exclus. A Bordeaux, la corporation des « Marchands Portugais » fut convoquée comme les autres pour les élections aux Etats Généraux. Elle désigna ses représentants sans problème : Abraham Furtado, Azvedo aîné, Lopes-Dubec et l’armateur David Gradis participèrent aux assemblées secondaires. Gradis manqua être élu aux Etats Généraux : à quatre voix près, il y aurait eu un Juif à la Constituante… A Bordeaux, les juifs exercent librement les métiers les plus divers. Ils sont armateurs, orfèvres, drapiers, banquiers, et jouissent dans la ville de la considération des Autorités et de la population. Bordeaux à une Communauté bien organisée. Elle compte 215 chefs de maison. C’est au nom de ces 215 chefs de famille que l’Adresse des Juifs de Bordeaux fut signée, le 31 décembre 1789.

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Port de Bordeaux

A Bayonne, on convoqua les Juifs de même, mais la municipalité fit casser la convocation au motif qu’ils n’étaient pas sujets du roi. Une réclamation envoyée à Versailles obtint confirmation de la convocation, et quatre représentants furent désignés. Jacob Silveyra, Salomon Furtado, Benjamin Nunes-Tavares et Mardochée Lopès-Fonseca. Aucun ne put espérer participer aux Etats Généraux, mais ils rédigèrent un Cahier des plaintes et demandes et remontrances de la Nation juive de Bayonne qui fut envoyé à Paris. Abraham Furtado, s’étant retourné dans sa communauté, remonta à Paris dès le début de la Révolution, dont il embrassa les principes avec enthousiasme. Abraham Furtado, dit Furtado l’aîné est l’une des figures les plus marquantes du Judaïsme bordelais. Elu parmi les électeurs de la Sénéchaussée de Guyenne en 1789, grand patriote, il fonde en 1781, la ’’Société des amis de la Constitution’’ à Bordeaux avec Vergniaud et Gensonné. La citoyenneté acquise en 1790, il fut élu à la municipalité de Bordeaux. Jacobin actif mais proche des Girondins, il fut compromis dans le soutien à leur cause après le 31 mai, et dut s’enfuir et se cacher de ‘’La Terreur’’. Après Thermidor et la chute de Robespierre, il reprit ses activités politiques. Il a laissé sur la période des Mémoires très intéressantes. En 1797, il est nommé administrateur de la Municipalité de Bordeaux. Après le 18 brumaire, Furtado fut porté spontanément sur la liste nationale, dans laquelle on devait choisir les sénateurs, les conseillers d’état, les législateurs et les tribuns. Furtado fut porté au collège électoral de la Gironde. En juillet 1806, Les Préfets de Gironde, des Basses-Pyrénées, du Vaucluse, de la Côte-d’Or, sont chargés de désigner parmi les rabbins, les propriétaires et autres juifs, les plus distingués par leur probité et leurs lumières, soixante-quatorze individus pour se rendre à l’Assemblée convoquée à Paris le 15 juillet. Une députation de seize juifs du royaume d’Italie y fut aussi convoquée. L’Empereur de son côté nomma trois maîtres de requête ; Molé, Portalis et Prasquier pour être commissaires afin de traiter toutes les affaires concernant les Juifs. Membre du Collège sous l’Empire, Furtado est choisi pour représenter la Gironde. Le 26 juillet 1806, Abraham Furtado est nommé Président de l’Assemblée des Notables juifs et son ami Rodrigue fils ainsi que Samuel Avigdor furent secrétaires et trois autres juifs furent nommés scrutateurs. Les Commissaires remirent à l’Assemblée, pour y répondre, une série de questions sur les principes, la morale et la sociabilité des Juifs ; elle concernaient principalement la polygamie, le mariage, le divorce, les obligations envers les citoyens et la patrie, les lois religieuses sur l’usure. Une commission fut mise en place pour préparer le travail et diriger les discussion de l’Assemblée sur les diverses communications qui leur seraient faite par les Commissaires. A la fin des travaux de cette Assemblée, Napoléon 1er convoqua un ‘’Grand Sanhédrin’’. En 1807, Abraham Furtado fut nommé au secrétariat du Sanhédrin. Il y reprit l’affrontement, commencé avant la Révolution, avec les juifs orthodoxes d’Alsace-Lorraine. A la place de Cerf Berr, mort en 1794, il eut pour adversaire le beau-frère de celui-ci, David Sintzheim, tout aussi rigide, qui lui demanda ‘’un jour si par hasard il n’avait pas appris la Bible dans Voltaire…’’.

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C’est par sa diplomatie que les ultras entérinèrent les réponses données par l’Assemblée des Notables. Or Napoléon, avant la fin de ces travaux avait déjà commencé à rédiger une loi réglant la vie des Juifs dans l’Empire. Abraham Furtado comprit, un peu tard, que Napoléon n’était pas aussi favorable aux Juifs qu’il l’avait naïvement cru. Il essaya en personne de convaincre l’Empereur de renoncer au « décret infâme » qui annulait les dettes envers les juifs et les astreignait à ne pas quitter les départements où ils habitaient. Ce décret stigmatisait de nouveau les juifs en France et les mettait sous le coup d’une législation d’exception, décret qui l’avaient consterné. Pourtant, il était favorable aux deux autres décrets de la même date : la création des Consistoires et la déclaration de résidence en Mairie. Après la promulgation de ce ‘’Décret Infâme’’, il se rendit à Tilsit où l’Empereur était en campagne militaire afin de lui remettre en main propre un mémoire sur le sujet. Napoléon le chassa avec mépris. Tenace Furtado le suivit jusqu’à Fontainebleau pour lui faire part des doléances des Juifs non exceptés à ce décret. En effet, le ‘’Décret Infâme’’ stipulait que les Juifs du Sud-Ouest n’étaient pas concernés par cette loi. De nombreux Juifs de différents départements furent également exceptés à ce décret. Cet appel resta lettre morte pour les Juifs durant dix ans. Il refusa alors de prendre part aux délibérations de la création des Consistoires Central et de Bordeaux. Abraham Furtado reprit ses activités commerciales à Bordeaux. Après la chute de Napoléon en 1814, il rejoint les Royalistes mais ne veut pas prendre position durant les ‘’Cent Jours’’. Il est décoré de l’Ordre du Lys par le Duc d’Angoulême, le 12 juillet 1814. Celui-ci, à la différence de Napoléon, n’était nullement hostile aux Juifs, au contraire : dès son avènement il leur accorda une réception officielle à sa cour, et il fit bon accueil à Furtado : rendant hommage à ses qualités d’administrateur et de politique. En 1815, il est nommé Maire-Adjoint de Bordeaux par Louis XVIII et gardera cette fonction jusqu’à sa mort en 1817. Ses obsèques se firent avec le concours des personnalités officielles : maire et préfet en tête. Avec la disparition d’Abraham Furtado, la ville de Bordeaux a perdu un de ses citoyens les plus estimables et les plus distingués. Abraham Furtado laissa à la postérité un mémoire historique sous le titre : ‘’ L’état des Juifs en France jusqu’à la Révolution, Mémoire d’Abraham Furtado’’, qui resta inédit jusqu’au XXème siècle.

Abraham Furtado a un frère qui s’installe à Bayonne. Son neveu, Auguste Furtado (1797 - 1883) est président du Consistoire en 1840 ainsi que maire de Bayonne en 1850 et 1871.


* Le Comte de Provence et le Duc d’Angoulême furent les élèves de l’Abbé Antoine Guénée et c’est sans doute avec ce précepteur anti-voltairien qu’ils apprirent la tolérance envers le Peuple Juif.

# Bibliographie

Michel Berr, Eloge d’Abraham Furtado, Paris, 1817 ;

Spazier, in Gallerie der Ausgezeichnetsten Israeliten Aller Jahrhunderte, pp. 40 et seq.,

Stuttgart, 1834 ;

Grätz, Gesch. der Juden, Leipsic, 1900, xi., s.v. ;

idem, History of the Jews, Philadelphia, 1898, v., s.v.E.

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Sentence de l'Assemblée des Notables

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