Michel Dreyfus-Schmidt, Sénateur du Territoire de Belfort
(...) Michel Dreyfus-Schmidt laissera sans nul doute, l’image de l’ami de tous les belfortains du Territoire, tant il avait placé son éthique à leur service ; tout l’homme en lui était engagement au service de la société ; parmi toutes les composantes de sa personnalité, il m’incombe de m’attacher ici à la figure juive de Michel.
Il y a 11 ans, était organisée la toute première journée de culture juive à Belfort, Michel en acceptant d’évoquer publiquement sa place de juif dans la Cité, nous avait ouvert la voie vers un concept nouveau : la promotion de la culture juive dans la Cité. paraphrasant Montesquieu, Michel avait choisi d’évoquer l’attachement républicain du judaisme français aux valeurs des Lumières : « Comment peut-on être juif ? » Entre démocratie et particularismes. Un choix qui n’était pas anodin et qui le caractérisait. Comme un clin d’oeil, Michel nous a quitté précisément au matin de La Journée européenne de la culture juive qui s’ouvrait sur le site de la synagogue de Foussemagne dont il soutenait le projet du maire Louis Massias d’en faire un musée de l’histoire et de la mémoire juive de Foussemagne.
Michel était fidèle à ses devoirs de juif, présent aux fêtes et aux manifestations autant que ses nombreuses fonctions de parlementaire et d’avocat le lui permettaient, il était à l’écoute et soucieux des préoccupations de sa communauté, celle qui l’a vu naitre et grandir, celle qui l’a accompagné dans les événements de la vie familiale. En décembre, lors des 150 ans de la synagogue de Belfort, il avait eu à coeur de rappeler son enfance à la schule, lors des offices, les petites choses de la vie qu’il l’ont construit et fait vibrer. Car Michel s’était forgé un humanisme tout droit issu de grandes figures du judaisme français comme son grand-père le Grand-Rabbin Moïse Schuhl, son père Pierre Dreyfus-Schmidt, Résistant, maire de Belfort, mais aussi celle de René Cassin auquel il aimait se référer, et celle de son ami Robert Badinter dont les causes ont été les siennes.
Oui, tout l’homme en lui était le digne rameau du citoyen juif qui naquit des Lumières françaises. Tout son parcours politique que d’autres autorités développeront après moi, est emprunt des valeurs républicaines et d’un engagement quotidien à servir la société, incarnant ainsi tout l’enseignement qu’il reçut de son père ; Il se disait quelque peu athée, mais néanmoins se réclamait de ce judaisme éclairé qu’il a choisi d’incarner à travers ses engagements notamment au Crif ainsi qu’au Congrès Juif mondial, toujours au service de son prochain.
Michel Dreyfus-Schmidt, homme politique, il assumait et savait défendre ses valeurs, ses appartenances. Je veux ici mettre l’accent, sur les engagements de Michel en tant que défenseur fervent des droits et des libertés des peuples, car nombreuses sont les causes qu’il a soutenues notamment SOS Racisme, l’Amitié Juifs et musulmans, La paix maintenant. Michel Dreyfus-Schmidt était de ceux qui militaient sans relâche pour favoriser le mieux vivre ensemble.
Michel faisait aussi un rêve pour Belfort, celui de voir un jour sa ville, se jumeler à une ville israélienne, formant ainsi un trait-d’union entre tous les hommes de bonne volonté de ce Territoire du coeur et Israël qu’il aimait tant. Nous souhaitons au nom de la communauté israélite de Belfort porter cet espoir que Michel avait tant exprimé. Monsieur le Maire, vous m’avez dit il y a quelques temps y être favorable, je veux croire que nous saurons ensemble rendre ce dernier hommage à Michel Dreyfus-Schmidt.
Michel, tout le Territoire de Belfort, tous tes amis, une grande partie de la France politique, intellectuelle et associative sont présents pour t’accompagner vers ta dernière demeure et pleure la perte immense d’un véritable ami.
Adieu Michel,


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