1er siècle : Installation en Alsace, le long des voies romaines jusqu’aux Limes de la Germanie, avec et à la suite des armées romaines ; les Juifs sont citoyens romains.
Il est probable qu’ils s’installent dans les agglomérations gallo-romaines comme Metz.
Epoque Carolingienne : Les Juifs jouissent encore d’un statut favorable, ils peuvent encore cultiver la terre, ouvrir boutique, circuler librement.
X° siècle : La figure de Rabbi Gershom atteste d’une présence juive rayonnante sur l’axe Worms-Metz.
XI°s-XIII° siècle : Les différents Conciles et les croisades affectent gravement la situation des Juifs. C’est le début de vagues de persécutions et de pogroms qui détruisent de nombreuses communautés.
1348/1349 : La Peste Noire ravage l’Europe, les Juifs sont victimes d’accusation d’empoisonnement des puits.
1349 : A Strasbourg, les Juifs sont brûlés vifs, puis à Colmar. Dans d’autres villes, ils sont persécutés.
1349 : "Expulsion des juifs de la plupart des villes.
1388 : Les Juifs sont interdits à Strasbourg.
Flux migratoire vers l’Allemagne, l’Europe centrale et orientale, jusqu’au XVI° siècle, la population juive est en nette diminution. Ils sont les sujets ("serfs" du Trésor de l’Empire austro-hongrois, et dépendent directement des princes, des évêques et des municipalités.
XVI° siècle : Mesures d’expulsion concernant les villes comme Ribeauvillé (1530), Guebwiller (1563).
L’Alsace ne compte plus que 100 à 120 familles. Le judaïsme alsacien est devenu rural. Aux XVII° et XVIII°s, les Juifs exercent des métiers emblématiques de leur condition sociale, ainsi qu’ils constituent des rouages indispensables d’une économie autarcique. Colporteurs, marchands de bestiaux, dans le meilleur des cas, collecteus d’impôts ou fournisseurs des armées royales.
1648 : Le traité de Wesphalie met fin à la terrible guerre de Trente ans qui a mis à sac, toute l’Alsace, et fait entrer celle-ci dans les possessions du Royaume de France.
1689 : "L’intendant La Grange dénombre 525 familles (environ 2600 personnes) : 391 en Basse-Alsace, 134 en Haute-Alsace.
1784 : "Après le recensement ordonné par Louis XVI, l’Alsace compte 3 942 familles, soit 19 624 personnes.
1784 : Cerf Berr, Syndic Général des Juifs d’Alsace, obtient du pouvoir royal l’abolition du péage corporel [1], appliqué jusqu’alors aux animaux et aux Juifs pour entrer dans Strasbourg.
1784 : Des Lettres patentes autorisent les Juifs à louer des terres et des vignes.
Les Juifs doivent déclarer leurs naissances, mariages et décès.
1789 : "La Grande Peur" ainsi désignée fut en ensemble d’émeutes qui se développent dans les campagnes, après le 14 juillet 1789 ; les châteaux et les Chapîtres sont investies par la populace qui veut récupérer en vain, les titres seigneuriaux.
Ces mouvements de masse prennent alors une tournure antijuive.
Un rapport présenté en 1790 par un membre de la Société des Amis de la Constitution mentionne un sombre épisode de fausses lettres de créances manigancées par un individu condamné déjà en 1787 pour falsification de fausses quittances, il s’agit de Jean-François Hell, bailli de Landser [2] qui serait à l’origine de l’affaire.
Les émeutes antijuives furent particulièrement violentes dans le Sundgau, et ont jeté sur les routes 3000 Juifs qui ont fui vers Bâle ou Mulhouse, pour y trouver refuge.
1791 : le 27 septembre, l’Assemblée Nationale accorde à tous les Juifs de France, la citoyenneté pleine et entière, après deux années de débats, et l’hostilité des députés d’Alsace et notamment de Colmar.
A la fin du XVIII°s, les plus grandes concentrations de population juive se situent dans les parties rurales autour de Strasbourg et Colmar, ainsi que proches des frontières suisses dans le sud-Alsace ; Saint-Louis, Foussemagne, Thann, Mulhouse ....
1808 : Le 17 mars - Le Décret Infâme promulgué par Napoléon 1er, (voir commentaire ci-dessous) prend un ensemble de mesures restrictives concernant notamment le règlement des créances, la conscription - pour 10 ans, renouvelables [3].
1848 : Pogrom à Dürmenach.
1870 : Désormais, les Juifs épousent l’histoire de France ; La défaite française marque un flux migratoire de Juifs alsaciens qui "optent" et gagnent des zones françaises : Belfort, Besançon, Vesoul, Dijon, mais aussi l’Algérie.
Les autres deviennent allemands.
1871/1914 : On note un flux migratoire venant d’Allemagne vers l’Alsace.
1939 : Les Juifs d’Alsace se réfugient en zone libre et les survivants de la shoah seront confrontés à leur retour, en 1945, à la renaissance du Judaïsme alsacien et à la préservation de leur patrimoine culturel.
Depuis lors, de nombreuses communautés rurales ont totalement disparu, les synagogues tombent en ruine, ou ont été vendues à des promoteurs peu soucieux de la protection des lieux ou du mobilier. Le dialecte Judéo-alsacien tend à disparaître également.


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