Une Fac sous influence !

Une baston anti-juive à la Faculté de Jussieu, en février 2006, où étaient les journalistes ?
mardi 28 mars 2006
par Nadia Darmon.H
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"Roger Cukierman, le président du CRIF, a écrit au président de l’Université de Paris VI, après la tenue à Jussieu d’un « meeting contre la colonisation en Palestine », le 23 février dernier. L’événement ayant dégénéré, à la fois dans le contenu des interventions mais aussi par l’agression d’étudiants juifs , Roger Cukierman a demandé qu’une plus grande vigilance soit apportée à l’organisation de meetings susceptibles de provoquer des atteintes à l’ordre public dans l’enceinte d’une université française." (Source Newlletter du CRIF, du 23 mars 2006)

« Baston anti-juive à Jussieu (témoignage)

Paris, 23 février 2006.

Jussieu, bâtiment Cuvier, amphithéâtre de biologie, jadis celui où j’avais le plaisir de suivre mes cours.

C’est avec beaucoup de réticence que je me rends à ce « grand meeting pour lutter contre la colonisation en Palestine » , organisé par ma propre université. Ouvert à tous, entrée libre. Il est 19h30.

Accompagné de quelques amis, nous avons le devoir de savoir ce qui se dit au sein de notre fac. Nous serons discrets. A l’entrée du bâtiment, accroché à la gauche du portrait de l’admirable Marie Curie, un drapeau palestinien annonce la couleur. Distribution de tracts hostiles à Israël. Sur un stand, on y propose pour quelques euros des keffiehs, badges, cartes postales et savons à l’huile d’olive palestinienne. Placardés aux murs, sur tout les murs, de grandes affiche dénoncent le mensonge d’Israël : Partout, la mention « Israël ment ». Je rêve. Avant d’aller plus loin, un contrôle de sécurité m’oblige à décliner mon identité. Je déclinerai un faux nom, un nom bien français. Là, dans le couloir qui m’emmènera à l’amphithéâtre, on me propose très cordialement de me servir en autocollants, posters, stickers et autres objets de propagande. Tous gratuits. On y dénonce Israël, le « vrai visage de l’occupation israélienne », l’annexion de la terre, la brutalité et l’humiliation infligé au peuple et enfants palestiniens par une armée honteuse. Sur les stickers rouge sang que l’on m’invite à coller « partout, mais pas dans la fac ! », un appel au boycott d’Israël, sur les autocollants jaune, on fustige encore le pays que j’aime. Je me saisis d’un grand nombre, ces derniers au moins ne seront pas collés. Je vais me réveiller.

J’entre enfin, atterré, dans l’amphi de biologie, mon amphi. Qu’en ont ils fait ? Vision d’horreur. Sur le tableau principal, trône un large drapeau palestinien accompagné d’une pancarte « EuroPalestine ». Tout autour, encore ces affiches infâmes. L’amphi se remplit, vite plein d’un public en large majorité composé de français « de souche ». Quelques arabes et beaucoup de français. Applaudissements nourris, la conférence va commencer. Le débat sera animé par Olivia Zemor, française, juive, présidente du CAPJO (Coordination des Appels pour une Paix Juste au Proche-Orient) et connue pour ses écrits ouvertement antijuif.

Applaudissements soutenus. On commence par un vibrant hommage, un éloge au président de l’Université P. & M. Curie, Gilbert Béréziat, qui a le courage d’avoir « comme à son habitude » permis l’organisation d’une telle manifestation. On rappelle que cette université avait pris la « courageuse initiative de demander la suspension des relations universitaires avec Israël, en raison des atteintes aux droits de l’homme perpétrées par les forces d’occupation dans les territoires palestiniens autonomes réoccupés, au cours de la deuxième Intifada ». On s’attristera aussi de la fin proche de sa présidence en souhaitant vivement que son remplaçant saura lui aussi « résister à certaines pressions et faire preuve de la même ouverture d’esprit ». Applaudissements, ovation. L’amphi entier est donc acquis à la noble cause palestinienne. Avant la présentation des intervenants, on explique la situation au proche orient,:fustigation d’Israël, Monsieur Ariel Sharon sera qualifié de « criminel de guerre, de terroriste d’état ». Je vais vomir.

La simple prononciation des mots « Hamas » ou « FPLP » provoque immédiatement une acclamation de l’arène toute entière. Mon sang se glace. Je me retourne pour mieux voir les gens applaudir, mieux réaliser. A Paris, en 2006, dans une université, on aime sans complexe le Hamas. Le groupe islamiste, terroriste, responsable d’innombrables attentats ignobles, de la mort de centaines d’Israéliens, promettant au monde la destruction totale d’Israël et qui viens de s’emparer des pleins pouvoirs est ici acclamé. Je suis révulsé, ulcéré, écoeuré, abattu, accablé, profondément affligé. Enfin, présentation des invités et traducteurs : Janette Mikhail, la nouvelle maire de Ramallah, Manale Tamini, fondatrice et responsable de l’association "Human Supporters Group" à Naplouse, Ilan Pappe, historien israélien contesté, récemment expulsé de l’Université de Haïfa, opposé à l’existence de l’état d’Israël, Azmi Bishara, député à la Knesset et dirigeant du parti "Balad" et deux citoyens palestiniens. Visiblement bien connus du public, applaudissements ponctués de « Bravo » pour chacun d’eux.

La maire chrétienne de Ramallah s’apprête à intervenir, en arabe, accompagnée de son traducteur. Elle salue l’assemblée d’un « massa oul kheir » (ndlr : bonsoir) auquel l’amphi entier lui répond en retour « massa oulkheir » ! Le traducteur s’étonne lui même d’avoir autant d’arabophone dans la salle. Ironique, il dit qu’il y a « trop d’arabe à Paris ». Rires. On lui fait rectifier qu’il n’y a ici que trop d’arabophones. Finalement peu d’arabes mais beaucoup de français. La maire de Ramallah a l’honneur de commencer : « Israël dicte en permanence ses conditions. Ce qui est fondamental, pour nous les Palestiniens, c’est de ne pas nous y soumettre. Il y avait une trêve, or Israël ne l’a jamais respectée : pourquoi le Hamas devrait-il obtempérer aux diktats d’Israël ? » Ovationnée. La discussion s’attarde sur le fait qu’il faille ou non reconnaître l’état d’Israël. On conclura que non. Le Hamas sera qualifié de « bonne chose » pour les Palestiniens et l’on rira seulement à la simple évocation de ces menaces à l’encontre d’Israël. Madame Zemor, amusée se demande aussi « comment peut-on imaginer que le Hamas puisse détruire Israël, 5éme puissance militaire mondiale ?! ». Chacun alors prendra le soin et le temps de vomir sa haine d’Israël. Appel au boycott, apologie du terrorisme, de la haine, de la violence et du chaos. Toutes craintes à l’encontre du Hamas, de L’Iran, des menaces et attaques terroristes seront écartés, non légitimes. Ilan Pape insiste sur les mythes à démolir, auxquels l’opinion internationale a encore trop souvent tendance à croire : la Palestine n’était pas "une terre sans peuple, pour un peuple sans terre", en 1948, Israël a commis une épuration ethnique, un crime contre l’humanité. Les criminels responsables n’ont toujours pas été jugés ; Israël n’est pas la seule démocratie au Moyen-Orient. La seule démocratie, au Moyen-Orient, ce sont les territoires palestiniens, envers et contre l’occupation ; durant l’été 2000, Israël n’a fait aucune "offre généreuse" aux Palestiniens ; le retrait israélien de la bande de Gaza n’est en rien une contribution à la "paix". mais une étape dans la consolidation de l’occupation en Cisjordanie. Enfin, la solution de deux Etats est également un mythe. Je cite : « Une solution à deux Etats ne marchera jamais. Les Israéliens et les Palestiniens peuvent partager la terre, dans l’égalité et dans une fraternité tout à fait réalisable. Se débarrasser de l’idéologie sioniste, c’est possible ! » Il faut revenir aux traditions humanistes et morales des trois grandes religions. Les Israéliens sont soumis à un très fort endoctrinement. "Nous sommes conditionnés de notre naissance à notre mort, et même sans doute un peu avant notre naissance et un peu après notre mort", dit Ilan Pappé. En ce qui concerne l’influence croissante d’Israël en Europe, l’explication est sans aucun doute l’histoire de l’Europe, et en particulier la Shoah. Nul doute qu’à l’avenir Israël va intensifier sa tactique du chantage à l’antisémitisme. C’en est trop pour moi. Déjà éprouvé par mon récent voyage à Auschwitz, il me devient à cet instant précis difficile de ne pas confondre les deux époques. Je crains cependant que les deux époques finissent par se confondre. Je sors, accompagné de mon amie. Dehors, que peut-on se dire ? A-t-on rêvé ? Cauchemardé ! Si je ne regrette pas d’avoir assisté à cette horreur, je regrette d’en être parti avant la fin. Non pas pour entendre encore ces barbares cracher sur le pays que j’aime. Non. Mais il me reste des amis à l’intérieur. Je n’avais pas imaginé qu’il pouvait leur arriver quelque chose. J’avais tort.

A la fin de la conférence, pourtant restés discrets et silencieux, ils auront été repérés par le service d’ordre « en tant que juif » et seront littéralement physiquement agressés, tabassés. Mes chers amis, filles comme garçons, recevront des coups, des insultes et sortiront blessés, en sang du bâtiment. Lèvres éclatées, coups de poings, de tête, de pieds, lynchage de juifs au sein de mon Université.

Nul ne sera intervenu pour les aider. Et si j’étais resté avec mon amie ? Je les aurais aidé à se défendre, j’aurais été frappé moi aussi, parce que « typé » juif et au nom de la cause palestinienne. Constat effrayant. L’initiative de transformer une université, lieux de savoir, d’échange, de tolérance et de rencontre en une tribune libre, plaidoyer pour la destruction d’Israël est fermement condamnable, pitoyable. Je ne tiens pas à faire de comparaison douteuse, d’amalgame ni à généraliser. Aussi, je me suis limité à ne décrire que des faits avérés, le plus fidèlement possible. Visiblement, aujourd’hui comme hier, encore nombreux sont ceux qui haïssent les juifs.

N’oubliez pas que cela est. Non, ne l’oubliez pas.

Frédéric (étudiant)

NB : pour des raisons de sécurité bien compréhensibles dans le contexte actuel, Primo ne dévoile pas le vrai prénom de cet étudiant.

 »


Conseil représentatif des institutions juives de France

Ce texte m’avait été communiqué par ma fille qui l’a elle même reçu d’amis parisiens. Ce n’est qu’à la lecture du communiqué du CRIF, que je me résous à le diffuser. J’ignore sa source.

Hélas ! nos associations sont reçues par les établissements scolaires, les institutions de l’Education Nationale, les collectivités locales, avec méfiance et suspicion, lorsque nous leur proposons un module, une exposition, un atelier, ou une conférence à propos de l’éducation à la tolérance, à l’humanisme, à propos de l’enseignement de la Shoah, ou bien encore l’idée d’une simple visite d’une synagogue pour promouvoir la connaissance et l’estime de l’Autre, nous opposant une Laïcité bon teint, effarouchée par simplement notre nom ou notre désignation. A ce jour, qu’il soit dit, aucune associaton juive n’a jamais menacé les valeurs républicaines, ni trahi ses propres valeurs à l’égard du respect de la personne humaine.

Et là, délibérément un meeting se tiendrait dans une faculté républicaine, qui n’aurait de profession de foi, que de vomir sa haine d’un Etat, en l’occurence Juif mais est-ce un hasard ? pour monter au pinacle non pas un peuple en souffrance, non pas un Etat en formation, non pas des actions intelligentes qui tendraient à rassembler, à unir, à faire coopérer, à faire se comprendre et se connaître deux peuples frères de la même Terre ; non, ce qui semble intéresser les responsables de tous bords de ces meetings, colloques, interventions pseudo- "geo-politiques", c’est de pouvoir vomir, éructer, hurler sa haine des Juifs, enfin en un lieu acceptable par tous, la faculté de la République, et rendre ainsi un certain discours banal et normal. Qui s’étonnera, qui fera semblant de s’étonner des amalgames malheureux, de la banalisation du discours antisémite et antijuif, dans les banlieues, si déjà, il a revêtu son manteau le plus hideux, dans les facultés les plus réputées ?

Le moins qu’on pourrait attendre d’un tel rassemblement dans une faculté, serait qu’il assure le sérieux et la contradiction des interventions, pour faire acte d’enseignement politique, dans le respect des idées argumentées, pour peu qu’elles seraient sérieuses.



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mercredi 5 avril 2006 à 21h46, par  Nadia Darmon.H

Le prologue de cette triste affaire (Source : Guysen Israël News, et Newsletter du 4 avril 2006 du CRIF)
Roger Cukierman, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), avait écrit à Jean-Charles Pomerol, président de cette université, pour lui exprimer son indignation. M. Pomerol lui a répondu que ’’plusieurs collègues ont estimé que les limites entre la critique virulente de la politique israélienne et l’apologie du terrorisme et de la haine avaient été franchies. Cela remet en cause la position de l’Université vis à vis de l’organisation considérée qui n’a pas su contrôler son meeting et son service d’ordre. Une plainte a été déposée par un étudiant agressé en sortant de l’amphithéâtre. L’Université collabore pleinement à l’enquête judiciaire ouverte’’.

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