Camp de concentration de Buchenwald (1937-1945) « Justice ou injustice ma patrie »
(credo du camp)

- mémorial de pierres

- "Chacun son dû"
- portail d’entrée au camp de Buchenwald.
Août 2004, Nous avons quitté Weimar ce haut lieu de l’humanisme allemand, chef-lieu régional de la Thuringe, et poursuivons notre route de quelques kilomètres (8 km), rapidement nous traversons une forêt et suivons une indication sur la gauche, la route est large et
sur la droite des panneaux indiquent que le chemin de

- historique de la liaison chemin de fer
- Weimar-Buchenwald
fer s’enfonçait jusque là...la forêt de l’Ettersberg est dense, feuillue...prégnante.

- Lieu du chemin de fer
- liaison Weimar-Buchenwald
Nous approchons d’un parking vide, une carte détaillée nous apprend qu’il existe le site commémoratif du camp de Buchenwald et une salle d’exposition distincts du camp lui-même, visitables à partir de l’endroit où nous sommes.

- musée, avant le camp de Buchenwald
Nous allons en repérage dans la salle d’exposition...elle présente de nombreux documents sur la libération du camp,

- Maire de Weimar, visitant le camp à la libération

- panneau 2
les premières photos prises par les américains,

- Edward A. Morrow, reporter USA
les photos qui ont fait le tour du monde et qui montrent la population de Weimar en colonne, obligée de venir voir les monceaux de cadavres...

- la population de Weimar défile en colonne

- Musée avant le camp de Buchenwald
Et puis nous trouvons l’évocation de la libération « die Selbstbefreiung »/ « the self-liberation » vue par les russes ;

- panneau 1
une réplique d’une fresque sculptée par Fritz Cremer, des « Onze détenus de Buchenwald »,

- Dessins du chêne de Goethe
- musée camp de Buchenwald
et l’évocation du « Chêne de Goethe »...
nous apprenons que le 16 Avril 1945, date de la libération du camp avait été retenue comme fête nationale dans l’ex-RDA. Nous sommes dans ce qui était l’ex-Allemagne de l’est, au cours de notre périple nous avons affuté notre œil, et maintenant nous reconnaissons l’ancienne Allemagne de l’est, par les énormes tuyaux de gaz qui passent au-dessus des rues et des trottoirs, par de très nombreux tags qui recouvrent d’hideuses façades, parfois même sur des palais et des édifices historiques en ruine.
Nous reprenons notre voiture et nous nous dirigeons vers le camp, là, le parking est complet, plein de toutes les immatriculations européennes, mais beaucoup sont d’Allemagne. Le camp est accessible par les autobus N°6 et 224, en direction de Legefeld. L’extérieur est bien aménagé pour l’accueil des visiteurs, pour l’instant nous ne voyons que des bâtiments bas, sur la droite s’étend cette forêt de Buchenwald dont on pressent qu’elle fut un manteau sinistre...que les premiers détenus eurent à défricher pour faire place au camp... munis d’un plan du site et d’un audio-guide fort utile, nous descendons par degrés dépassant les premiers bâtiments, laissant faute de temps derrière nous le camp spécial n°2, qui fut utilisé par les soviétiques pour détenir 28 500 allemands, cadres du parti nazi et criminels nazis, ainsi que des prisonniers arbitrairement arrêtés, dont 1000 femmes entre 1945 et 1950, dont 7100 personnes moururent (de source soviétique).

- plaque commémorative
- camp de Buchenwald
Le camp SS de Buchenwald ouvrit dès 1937, pour y détenir d’abord des opposants allemands, en provenance des camps de concentration de Sachsenhausen et de Lichtenburg. « En dehors de Sachsenhausen et Dachau, Buchenwald est le troisième camp important dans le système concentrationnaire national-socialiste. Hors des limites stricte du camp, une base d’entraînement des unités SS à la « tête de mort » et la résidence des cadres SS et de leurs familles jouxtaient le camp.

- Eugen Kogon,
Nous approchons de la clôture électrifiée à l’époque à 380 volts, mais sur notre droite un monticule rôcheux et percé d’ouvertures retient notre attention, il s’agit du « parc animalier » une idée de l’officier du camp Karl Korr d’apporter quelque distraction aux familles des SS, par un zoo qui abrita 4 ours.

- Zoo du camp de concentration de Buchenwald
Du zoo on aperçoit un des 23 miradors du camp,
et la cheminée du four crématoire.

- crématoire du camp
Dans l’esprit des SS, manier la terreur à l’intérieur du camp et jouir d’une vie de famille normale leur semblait naturel et dans la norme.

- camp de Buchenwald
L’étendue du camp paraît immense, on n’en voit pas le bout, d’ailleurs nous n’aurons pas le temps de tout visiter, l’après-midi jusqu’à 17 heures n’y suffira pas.
Il n’y avait pas de chambre à gaz à Buchenwald, le camp constituait un centre de tri pour le travail pour l’économie allemande (100 000 personnes y passèrent), de là partirent près de 20 000 prisonniers vers le camp de Dora pour travailler dans des usines secrètes d’armement (fusées) qui leur faisaient perdre espoir à jamais de revoir la lumière.
Tout en contre - bas du camp, un chemin conduisait les prisonniers affectés au travail de la carrière dans des conditions particulièrement inhumaines.

- Un pendu au camp de Buchenwald
Une entreprise économique de la SS y fut créée jusqu’en 1941. Puis en 1942, « la SS fonda son propre « Office central de gestion économique » dans le but d’utiliser la capacité de travail des détenus...et de rationaliser l’exploitation des camps de concentration. Le travail quotidien était effectué par cinq services dépendant du commandant du camp. L’état major du commandant comptait plusieurs centaines de SS. Il s’agissait d’un mélange de camaraderie, de corruption et de terreur fonctionnant grâce à la routine bureaucratique... »
« Celui qui offense un homme de garde ou un SS, celui qui, dans un esprit de révolte, refuse d’obéir ou de travailler, celui qui abandonne par révolte la colonne ou le lieu de travail, celui qui siffle pendant une marche ou pendant le travail, celui qui ricane ou parle, sera fusillé sur-le-champ comme émeutier ou sera condamné à mort par étranglement. »
« Ce règlement clair et sans appel, affiché à l’intérieur du camp de concentration de Buchenwald, en dit long sur la dureté des lieux.(...)" [1]
Buchenwald était aussi un centre d’expérimentation de toutes les maladies sur les Etres humains ; les uns étaient sélectionnés et recevaient par inoculation et injection de nombreuses maladies comme le typhus et autres cultures pathogènes, plus de 1000 personnes subirent ces expériences qui étaient sensées servir la Wafen SS et la Werhmacht. Certains détenus juifs et tziganes (Sinté et Roms) venaient d’autres camps d’extermination comme Auschwitz. Les juifs étaient regroupés dans le block n°22 qui reçut jusqu’à 11 000 juifs.
Nous pouvons aujourd’hui repérer l’emplacement des barraquements marqués au sol,
des visiteurs y déposent parfois des fleurs et des plaques commémoratives dans la langue du pays d’origine.
Lorsque les détenus arrivaient, ils étaient rasés, et plongés dans une baignoire remplie d’un désinfectant caustique, s’ils ne mourraient pas, ils étaient affectés à un block, à une servilité selon la catégorie à laquelle ils appartenaient (politique, juif, sinté ou rom, homosexuel...) et chacun portait sur sa chemise le triangle qui lui correspondait, et une lettre indiquant la nationalité.
Nous pouvons visiter l’infirmerie,
sombre goulot d’où le détenu ne ressortait pas vivant, un simulacre de visite médicale était organisé et alors que le détenu passait sous la toise,
par une fente dans le mur placée à l’endroit de la nuque, une balle était tirée...8000 soviétiques moururent ainsi à partir de l’automne 1941.

- salle contiguëe au crématoire
Les corps étaient glissés vers la morgue le long d’une rampe, puis suspendus à des crochets de boucher ou entassés avant d’emprunter un monte-charge à destination du crématoire situé au-dessus,

- crématoires du camp de Buchenwald
les cendres ensuite étaient déposés dans des urnes. Certaines de ces urnes furent retrouvées et sont entreposées dans une pièce contiguë.

- urnes à cendres/camp de Buchenwald
Proche du crématoire,
un arbre calciné par un bombardement de 1945 semble participer au souvenir, le « chêne de Goethe »

- le chêne de Goethe calciné par un bombardement de 1945
dont les détenus se servaient pour résister ainsi que l’a écrit Charles d’Orléans à Aragon et Eluard : « Maintenir une vie intellectuelle dans cette gehenne...dire comment on a résisté intellectuellement et c’est ça qui m’importe ».

- Portraits de détenus,
- Camp de Buchenwald
Dans le bâtiment de désinfection devenu un vaste musée d’Art permanent d’évocation du camp de Buchenwald, un film vidéo permet d’écouter des témoignages, l’un d’eux confirme « La poésie a été une arme de résistance essentielle...et parfois un après-midi était consacré à la poésie française ».
Nous ne pouvions pas nous attarder sur la poésie et Goethe car tout nous rappelait qu’au camp de Buchenwald,

- Têtes réduites par les SS du camp
les médecins SS réduisaient les têtes humaines et conservaient des peaux humaines pour les tatouer ; un document du 17/04/44 fait mention de « 142 stueck taetowierungen »
Un de ces médecins de sinistre mémoire fut Waldemar Hoven, SS standortarzt, qui fut jugé au procès de Nüremberg (1946). Il y eut aussi le Dr Gotthard Martin Gauger (1905-1941), et Faybusch Itzkewitsch (1891-1941) etc.. l’exposition donne pour chacun un portrait complet.
L’exposition permanente présente un fonds de documentation impressionnant, de nombreux classeurs épais sont à la disposition des visiteurs et des chercheurs, de nombreux panneaux évoquent les personnalités du monde politique, industriel, intellectuel qui furent détenus à Buchenwald , ainsi : Alberto Berti (1921) in Pirano - italien - Partisan - Christian Pineau - homme politique français - ministre - Bruno Apitz (1900 Leipzig -1979 Berlin) - auteur du roman « Nacht unter Wölfen » « Nu parmi les loups » (1958) « le témoignage le plus fort de ce terrifiant chapitre de l’histoire ».

- Sculpture les Chemises suspendues
- Exposition permanente au camp de Buchenwald

- Salle d’exposition permanente
De France, les déportés partirent vers Buchenwald depuis les camps de Compiègne, Paris, Drancy, Belfort, Dijon, Toulouse, Grenoble. Parmi eux :
Marcel Bloch später Dassault - (1892-1986) - Henry Krasucki - né à Wolomin 1924 en Pologne - ancien 1er secrétaire du parti communiste français - Julien Cain (1887-1974) - historien - professeur à Toulon - Maurice Hewitt (1884-1971) - Asnières - musicien - René-Michel l’Hopital - 1885-1960- Paris - officier sous les ordres du Maréchal Foch - Chef de la 1ière armée volontaire - Rudolf Breitscheid (1874-1944) - ami de Léon Blum - Président du SPD en 1933 - Princesse Mafalda Von Hessen (1902-1944) - Fritz Thyssen (1873-1951) - industriel allemand qui prit la fuite en s’opposant aux mesures antijuives - Léon Blum - (1872-1950) - homme politique français - Président du Conseil 1936/1937 - Louis-Georges Rothschild dit Mandel - 1885-1944- homme politique français - ministre sous Daladier puis Reynaud - Paul Reynaud - homme politique français - ministre - Président du Conseil (1940) Maurice Gamelin - Edouard Daladier - homme politique français -
Il est impossible de tous les nommer !
Nombre des morts au camp de concentration de Buchenwald : 56 000 personnes. Chiffres établis selon les documents trouvés au secrétariat en avril 1945. De 1937 à 1945 : 34 375 personnes auxquelles il faut ajouter 8000 soviétiques fusillés à partir de l’automne 1941, 1100 hommes et femmes assassinés par étranglement par les SS, de 12000 à 15000 victimes estimés de la « marche de la mort ».

- camp de Buchenwald
Un document rapporte un récit intitulé « Les derniers jours à Buchenwald », puis au départ de Toulon à destination de la Palestine, un groupe de détenus survivants a fondé le Kibbutz Afikim. En 1995, le Kibbutz Buchenwald fut créé.
Dans ce vaste bâtiment de désinfection et d’habillement, on peut encore voir une baignoire, une charrette de transport des corps, de nombreux objets usuels, mais l’exposition fait une large part à cet art extrême de l’évocation de la vie et de la terreur dans les camps, par des dessins de détenus : Karl Schultz (1901-1972) - pendus au gibet - Franz Anatol Wyss (1940 - Suisse) -
Jozef Szajna (1922- Pologne) - Gouaches - Collages de 1993 - Karol Kinieczny (1919- Pologne) - Henri Pieck (1895-1972) - Den Haag - « Le monsieur ministre » -« Dans la barraque »- Paul Goyard (1886 Digoin - 1980 Paris) - Portraits - Nahum Bandel (1928 Ukraine- Israël) - José Fosty (1931) « les dimanches à Buchenwald » -
« Le 11 avril 1945, des unités de la 3ième armée américaine brisent les formations SS restantes sur la colline de l’Ettersberg. » A la libération du camp, le 16 avril 1945 opérée par les détenus eux-mêmes qui en avaient pris le contrôle , avaient survécu 21 000 hommes. Au total près de 300 000 hommes, y compris des enfants, de 32 nationalités avaient transité par le camp de Buchenwald, dont 110 000 y furent détenus.

- carte des camps de concentration en Allemagne
Le camp allait être fermé à la visite, nous devions repasser le portail au message de fer forgé « Jedem das seine »/ « Chacun son dû » plus lourd de cynisme à la sortie qu’à l’entrée. Une fois de plus nous étions accompagnés de nos trois enfants (16 ans, 14 ans, 10 ans), et la visite du camp a été possible, chacun ayant pris les informations selon sa capacité. Néanmoins, j’ai fait en sorte que la plus jeune « zappe » les têtes réduites.
Après, le soir commençait à poindre dans cette forêt de hêtres sombres, nous nous sommes dirigés vers le Mémorial du camp de Buchenwald, à 1 km en direction de Weimar. Nous ne pensions pas vraiment qu’il y avait encore quelque chose à découvrir......

- Site commémoratif du camp
- de Buchenwald à ne pas manquer de visiter, avant de quitter ce lieu funeste.
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INFORMATIONS UTILES
La proximité du camp de Buchenwald avec Weimar et Jena, permet d’organiser un voyage d’étude à plusieurs facettes qui touchent à plusieurs chapitres de l’histoire (La bataille de Jena, la République de Weimar, la Shoah, le communisme soviétique..), à la littérature et la poésie allemande, à la physique et les sciences avec le musée de l’optique Zeiss de Jena (www.optischesmuseum.de)
Heures d’ouverture du camp de Buchenwald : du 1er mai au 30 septembre de 9h45 à 17h15 (dernière entrée) du 1er octobre au 30 avril de 8h45 à 16h15 (dernière entrée). Fermé le lundi.
Accès par autobus : ligne N°6 à partir de Goetheplatz (centre ville de Weimar) ou à partir de la gare. En voiture : l’autoroute A4, sortie de Weimar ou bien la route nationale B7.
HEBERGEMENT :
A usage des professeurs ou associations souhaitant conduire une classe, ou un groupe, nous suggérons un gîte que nous avons visité au camping (environ à 54 km de Weimar) où nous étions nous mêmes, permettant d’accueillir 32 personnes, équipé de 7 chambres, avec cuisine, réfectoire (radio, TV), salles de bain et toilettes, terrasse extérieure. Ce gîte en dur, est dans un état de propreté irréprochable. Des bungalows peuvent compléter le nombre si besoin. Le gîte est situé face à une aire de jeux en terre battue. Le camping entièrement clôturé, et se situe au bord d’un lac(promenades en barques possibles). Le couple de gérants est prêt à accueillir un groupe, même en dehors de la période d’ouverture du camping, et peut préparer les repas. Le gîte étant souvent réservé à partir d’avril, il conviendrait de fixer la réservation avant cette date.
Naturcampingplatz Weida **** (recommandé par l’ADAC) Günther Kluge und Uwe Reichelt GbR An der Aumatalsperre 1, 07570 Weida Téléphone : +49.(0)3.66.03.625.61. Fax : +49.(0)3.66.03.440.88.
Tarifs (2004) pour le Wanderherberge (auberge) : pour un groupe minimum 15 personnes : Groupe d’enfants (3-15 ans)/personne : 6.50 euros (de 1 à 2 nuits)- 5.50 euros (+ de 3 nuits) - Groupe d’adultes : 9 euros (1 à 2 nuits) - 8 euros (+3 nuits) - Forfait nettoyage : 22 euros.

















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