Metz ville française

En Jurue : Le ghetto de Metz
mardi 14 décembre 2004
par Nadia Darmon.H
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« Celui qui fut conduit dans un ghetto et eut à en témoigner, soit qu’il fut écrivain, poète, peintre ou soldat, diront les étroites ruelles, les maisons qui gagnent dans la hauteur l’espace qui manque dans la surface totale impartie aux juifs, l’air et la lumière faisant défaut autant que la liberté et l’égalité. Celui qui vint dans un ghetto de Lorraine, d’Alsace ou d’Allemagne, ne put témoigner que de la misère qui y régnait, choqués par les loqueteaux et les visages blafards de ces colporteurs et marchands ambulants. »

METZ , Ville Lorraine.

1 - Implantation des Juifs en Lorraine.. La présence juive en Lorraine remonte à l’époque romaine, suivant le tracé des troupes remontant le long de la vallée du Rhône. Quelques indices font penser que déjà des Juifs résident dans la ville de Metz au VI° et VII° siècles, on signale en 350, la présence d’un Juif converti devenu évêque, Siméon. La première mention d’une présence juive à Metz remonte à 888 et dès le X° siècle, Metz connait une renommée européenne pour son centre d’étude de la Torah, avec la naissance en 960 de Rabbénou Guerchom "Meor Hagola" (La lumière de l’exil), qui devint le rabbin de Metz, et maître incontesté du judaïsme de son époque. Il eut parmi ses élèves les figures parmi les plus importantes du judaïsme médiéval, ce qui en fait probablement le père de l’école française, celle qui produisit plus tard (XI° siècle) un sinon le plus important centre d’étude d’Europe, celui de Rachi de Troyes et des Tossafistes. Rabbi Gershom reste connu de tous pour les nombreuses dispositions légales (taqanot) qu’il prit dont : l’interdiction de la polygamie, le consentement mutuel en cas de divorce, l’interdiction d’ouvrir les lettres d’autrui, auxquelles le contrevenant était passible d’excommunication...l’allègement du sort des Juifs convertis de force et revenus au judaïsme. Ces dispositions légales ont été prises par un groupe de trois cents autorités rabbiniques réunies à Worms sous l’autorité de Rabbi Guerchom, d’où leur force de loi. Pour cette raison, elles sont les dernières à avoir eu force de loi auprès de la majorité ashkénaze (européenne du nord et de l’est) du peuple juif.

De la première à la dernière croisade, les Juifs durent subir pogroms et rançonnages, on signale à Metz le massacre de 22 Juifs de Metz, lors de la première croisade. Metz restera un centre d’étude d’importance européenne encore au XII° et au XIII° siècles, où résideront les plus prestigieux Tossafistes ( dont rabbi Yehouda de Metz, l’un des maîtres du Maharam de Rottenburg).

Suite au Concile de Latran de 1215, qui prévoit des mesures sévères contre les Juifs, la présence des Juifs à Metz ne sera qu’épisodique entre le XIII° et le XVI° siècle.

Après l’expulsion des Juifs de France au XIV° siècle, les communautés juives de Lorraine se renforcent avant à leur tour d’être expulsées à la fin du XV° siècle. « Le retour des Juifs en Lorraine s’est amorcé au cours du XVI° siècle, mais il faut faire une place à part au territoire des Trois-Evêchés, Metz, Toul et Verdun, acquis par la monarchie française en 1552. Assez paradoxalement, alors que les Juifs sont proscrits dans le reste du Royaume, comme le montre l’historien de la communauté juive de Metz, Pierre-André Meyer, quatre ménages, des familles venues des Etats allemands, sont admis à Metz dès 1567,frappés d’expulsion en 1574 annulée par le roi Henri III, par des lettres patentes qui confirment leur installation à Metz. La communauté juive se constitue et grandit progressivement en 1595. Leurs activités sont indispensables à la ville, où la présence d’une forte garnison exige des disponibilités en numéraire et des intermédiaires compétents pour la remonte de la cavalerie. Une partie de la population juive de la ville essaime par la suite dans le plat pays environnant. Dans le reste de la Lorraine, ce qu’on appelle la Lorraine « ducale »- le duché de Lorraine, principalement autour de Nancy et de Lunéville, ne devient définitivement français, après diverses péripéties, qu’en 1766 -, de nombreuses familles juives ont été autorisées à s’installer au cours du XVIII° siècle, à Nancy et dans diverses localités. Cette tolérance est encore plus grande après le rattachement du duché à la France, à la mort de Stanislas Leszcynski. »

« Ce fut Henri IV (1553-1610) qui octroya aux juifs « le droit de protection » qui les distingue des « vrais sujets », par lettres patentes leur reconnaissant une « utilité » à la société. En effet, les juifs de Metz « ..y font journellement des services à chacun des habitants...les assistant de leurs petits moyens et commodités... » Les prêts à la population toutes classes confondues, la fourniture de chevaux à l’armée font des juifs, un instrument social et économique commode, des contribuables pressés à souhait, solidaires les uns des autres. »

2 - Organisation de la communauté Béatrice Philippe [1] évoque une société organisée et hiérarchisée qu’elle désigne comme « une république dans la ville » , « de type oligarchique à l’intérieur des murailles de la ville, ...qui a ses lois, ses règlements, ses chefs laïcs et spirituels, quelques riches et de nombreux indigents. Ce microcosme s’est structuré très tôt ; dès 1595 les juifs qui ne sont alors qu’une centaine, sentent la nécessité de se donner des statuts. Il est vrai que l’autorité royale estime qu’il existe entre les membres de la communauté juive une solidarité fiscale et morale : il es donc indispensable de créer des structures solides destinées à représenter la communauté et à la défendre le cas échéant devant le monde chrétien. Le procès verbal de la première réunion générale rédigé en judéo-allemand puis retranscrit en langue française constitue, pour ainsi dire, l’acte de naissance officiel de la communauté messine...le cadre de vie est institué et subsistera à Metz jusqu’à la Révolution française. La communauté croît rapidement, 480 familles juives vivent à Metz au début du XVIII° siècle... »

C’est à cette époque que le plus illustre des rabbins messins, Arye Loeb ben Asher est nommé au poste de Metz en 1765, en venant de Francfort et y restera jusqu’à sa mort en 1785 [2]. Né en Lituanie, il est plus connu sous le nom de son principal ouvrage le Schaagath Arye . Il se heurtera à l’autorité des syndics [3] de la communauté, mais sera confirmé dans ses fonctions, par décret royal en 1766.

« ..En Lorraine [4], les Juifs sont environ 7000 (à la veille de la Révolution), Metz compte à cette époque d’après Pierre-André Meyer, un peu moins de 2000 personnes (après avoir atteint 2500/2700 personnes vers 1760). Cette décrue s’explique par un contrôle strict de l’immigration dans un quartier surpeuplé et par une émigration assez forte vers les campagnes de la généralité de Metz... ...L’augmentation de la population juive en Alsace et en Lorraine est davantage liée à l’immigration de Juifs venus d’Allemagne qu’à une démographie particulière. » (démographie expliquée dans quelques textes hostiles par la précocité des mariages et la faible mortalité).

« ...Le nombre d’invités à une noce est codifié en fonction de la somme que le contribuable verse chaque année, comme la vaisselle que l’on peut utiliser (au maximum six pièces d’orfèvrerie..). Danser est un privilège rare. Pour un mariage on peut engager trois musiciens y compris celui qui joue de la flûte. Quant aux pauvres juifs étrangers qui n’ont pas droit de cité, ..ils danseront au son d’un seul instrument... »

« ..garçons et filles sont tenus de fréquenter l’école où l’enseignement est pratiqué en judéo-allemand. »

Malgré tout, le miracle du ghetto est certainement le foisonnement intellectuel qui s’y développe, l’étude des textes sous la conduite de rabbins parfois venus de l’étranger, produit de grands savants du Talmud, des yeshivot, « grâce aux efforts du rabbin Samuel Hellmann fut fondée à Metz, au milieu du XVIII° siècle, la première imprimerie hébraïque de France. »

« Les Juifs de Lorraine, sans être beaucoup plus aisés (que ceux d’Alsace), se situent à un dégré un peu plus élevé. Il s’agit d’ailleurs le plus souvent d’une implantation urbaine. Le commerce des grains, des fourrages, des bestiaux, de l’argent, a pris une ampleur plus grande, élevant certains à la condition de banquier, d’entrepreneur. Les notables, comme Berr Isaac Berr, qui possède une manufacture de tabac à Nancy, ou comme le banquier messin Samuel Lévy, qui joue au début du XVIII° siècle un rôle important auprès du duc de Lorraine, forment une catégorie plus nombreuses. A Metz vit une série de familles vraiment riches, comme les énumère Pierre-André Meyer, les Gomperz, les Halphen, les Berr, les Lambert et diverses familles Cahen ou Lévy. »

3 - A la veille de la Révolution française, « Fut-ce le hasard si c’est la Société royale des Sciences et des Arts de Metz, qui inscrivit à son concours de 1787 le sujet « Est-il des moyens de rendre les Juifs plus utiles et plus heureux en France ? » , alors que dans le même temps, Malesherbes, ministre du roi Louis XVI, s’intéresse à l’établissement du droit à l’Etat Civil pour les non-catholiques, soit les protestants, mais incluant les juifs. Au niveau de l’enregistrement par les parlements de province, celui de Metz en exclut de la loi les juifs, d’autres parlements feront de même. Pourtant, Malesherbes poursuit son objectif et commande une vaste enquête sur la situation exacte des juifs, qui réunit pas moins de 70 ouvrages, en 1788, et qui lui fit entrevoir les contrastes et les déséquilibres culturels, économiques, les différences de privilèges et de situations entre les communautés bordelaises, comtadines, alsaciennes et lorraines. Malesherbes est arrêté dans son élan émancipateur, ce sont ceux de l’Abbé Grégoire, le vainqueur au concours de l’Académie de Metz et de Mirabeau qui auront la faveur de l’histoire.

Mais revenons pour un temps en 1787, les neuf réponses au concours de l’Académie de Metz n’obtiennent pas la satisfaction du Jury, et le sujet est relancé en 1788 auquel répondent cinq concurrents dont trois reçoivent le prix : a) L’Abbé Grégoire, curé d’Emberménil (près de Lunéville), qui se montra favorable à l’abolition de l’esclavage, propose en réponse un « Essai sur la Régénération physique, morale et politique des Juifs » qui en dit long par son titre, dans quels préjugés on tient les Juifs à la fin du XVIII° siècle. Peut-on la considérer comme la meilleure analyse du plus éclairé des hommes à son époque ? Il faut lui reconnaître une certaine honnêteté lorsqu’il loue les vertus familiales des juifs, leurs aptitudes industrieuses qui peuvent aider au relèvement d’une économie en veille, mais s’il propose qu’on leur ouvrît l’exercice de tous les métiers, il veut conserver l’avantage en extirpant les enfants de l’enseignement judaïque et les placer dans des écoles contrôlées par l’Eglise, « afin que le gouvernement ne s’avise pas de polémiquer avec eux sur des problèmes religieux... »

b) L’avocat Thiéry de Nancy,

c) Zalkind Hourwitz, Juif polonais, bibliothécaire à la Bibliothèque royale de Paris.

Les trois primés prônent l’émancipation, l’accès libre à l’exercice des métiers et ainsi parvenir à l’assimilation par abandon progressif de la profession de judaïsme.

4) Vers l’émancipation,

« A défaut de participer à la rédaction des cahiers de doléances, des Juifs « éclairés » de l’Est, Cerf Berr et son beau-frère David Sintzheim pour les Alsaciens, Berr Isaac Berr pour les Lorrains, rédigent un mémoire, adressé le 31 août 1789 à l’Assemblée, réclamant l’égalité et promettant en échange, plus ou moins nettement dit Jacques Godechot, d’abandonner les traditions juives qui seraient en contradiction avec les lois du royaume, tout en conservant l’organisation communautaire. Dès le 26 août d’ailleurs, des Juifs parisiens ont écrit à l’Assemblée pour réclamer la citoyenneté, en renonçant à toute organisation particulière. Le 14 octobre, une délégation de l’Est, conduite par Berr Isaac Berr (1744-1828) et parrainée par l’abbé Grégoire, est admise à la barre de la Constituante.

A la suite de cette comparution, un premier débat a lieu les 22,23, et 24 décembre 1789 à l’Assemblée à propos de l’admission des non-catholiques aux emplois publics. Parmi les interventions en faveur des Juifs, l’une est restée célèbre, celle d’un noble libéral, le comte de Clermont-Tonnerre : « Il faut tout refuser aux juifs comme nation et tout accorder aux juifs comme individus », parce qu’elle apparaît comme la définition de l’assimilation, » (et pose celle de la laïcité) « encore que l’orateur n’entende pas limiter en quoi que ce soit les droits religieux des Juifs mais seulement leurs règles communautaires. A vrai dire, sur le moment, il n’est pas particulièrement pris garde à la portée de cette phrase, au milieu d’un débat souvent véhément qui oppose partisans et adversaires de l’égalité des Juifs devant une Assemblée dans sa majorité assez largement indifférente, ne serait ce que par ignorance de la question - Barnave, Mirabeau, Robespierre - c’est sa seule intervention sur la question - plaident pour l’égalité, tandis que s’y oppose une coalition assez hétéroclite comprenant aussi bien le conservateur évêque de Nancy, monseigneur de la Fare, que le futur Montagnard Jean-François Reubell (ou Rewbell), député de Colmar, qui mettent en avant les réactions hostiles des populations de l’Est. Finalement, tandis que les protestants sont admis aux emplois publics, par 408 voix contre 403 il est décidé le 24 décembre 1789 d’ajourner la décision en ce qui concerne les Juifs. »

5) - L’Emancipation et ses conséquences immédiates : Les Juifs du Sud-Ouest envoient à Paris une importante délégation et, un vote à l’Assemblée leur est favorable : par les lettres patentes du 9 février 1790, les Juifs dits de Bordeaux et Bayonne, et les Juifs avignonnais (qui ne seront français qu’en juin 1790) obtiennent leurs droits de citoyens.

Quant aux délégués juifs de l’Est, ils poursuivent leur campagne, et malgré l’hostilité de Rewbell, l’Assemblée Constituante finit par leur accorder la citoyenneté le 27 septembre 1791.

« Les élites juives alsaciennes et surtout lorraines accueillent avec enthousiasme le décret libérateur, et les masses juives de ces régions avec indifférence. Comme l’a écrit Béatrice Philippe : « Comment un marchand de chevaux alsacien, entouré de voisins hostiles et parlant peu de français » pouvait-il saisir toute la portée de l’événement ?"

a) - Les conditions à remplir : « Le décret précise que « les conditions nécessaires pour être citoyen français et pour devenir citoyen actif sont fixées par la Constitution, et que tout homme qui, réunissant les-dites conditions, prête le serment civique et s’engage à remplir tous les devoirs que la Constitution impose, a droit à tous les avantages qu’elle assure ». En contrepartie, il ne peut y avoir de citoyens de différentes sortes, ils doivent renoncer à tous privilèges et à toutes particularités. En ce qui concerne les Juifs, ils doivent renoncer à leurs pratiques communautaires, il n’y a plus de « nation juive », mais seulement des citoyens de religion juive. Au surplus, pour apaiser les populations locales, toutes les créances possédées par des Juifs sont contrôlées et, comme elles sont souvent mal rédigées, elles sont annulées, ce qui est accepté de bon cœur...par les plus riches, tel le Nancéen Bing qui estime avoir perdu ainsi les deux tiers de sa fortune, mais se réjouit d’être maintenant un vrai citoyen. Pour autant, un homme qui a joué un grand rôle dans la conquête de l’émancipation comme cet autre Nancéien, Berr Isaac Berr, entend bien que cette émancipation ne mette pas en cause le droit à la distinction des Juifs. »

b) - Le serment civique « Le vote de l’Assemblée constituante n’est toutefois pas suffisant pour que les Juifs soient reconnus comme des citoyens au même titre que les autres. Pour devenir citoyens actifs, du moins pour ceux qui satisfont aux conditions de cens, il faut prêter le serment civique. Si cela ne pose pas de problème en général dans le Sud ni même en Lorraine, il n’en va pas de même en Alsace. En 1792, les municipalités de Strasbourg et d’un certain nombre de villes comme Thann font des difficultés pour admettre les Juifs aux formalités du serment civique....l’idée que les Juifs vont devenir les égaux des chrétiens met le feu aux poudres. »

c) La Terreur : La période de la Terreur [5] affecte gravement l’exercice du culte, l’enseignement religieux est interdit, les rabbins suspendus, des livres, des objets du culte sont détruits, les synagogues fermées ; il en est de même dans l’exercice des autres religions.

Certains « Juifs sont victimes de la Terreur et quelques uns guillotinés, en raison de leurs sympathies politiques vraies ou supposées : c’est le cas de Juifs de Bordeaux, proches des Girondins. A Paris, ce sont plutôt des Juifs hébertistes qui sont victimes de la Terreur. »

Mais dans l’Est de la France, les Juifs ont a souffrir de la Terreur en tant que Juifs.... « Comme le montre Patrick Girard, des Juifs de L’Est « dont la piété naïve et étriquée fut souvent la cible des Conventionnel en mission et des Jacobins locaux ». Pour des raisons économiques ensuite : fournisseurs aux armées, manieurs d’argent, ils sont accusés d’agiotage et de spéculation, de trafic sur les assignats. En outre, leurs liens avec les pays rhénans les font facilement soupçonner d’espionnage. De sorte que dans l’Est, les persécutions qu’ils subissent prennent une tonalité antijuive.

La Société des Jacobins de Nancy demande l’expulsion des Juifs de France. Saint-Just et Lebas, envoyés en mission, taxent Nancy d’une contribution de cinq millions dont trois pour les seuls Juifs, ce qui est sans rapport réel avec leurs possibilités. Refusant de payer, certains, comme Berr Isaac Berr, sont emprisonnés quelques jours.

...Le représentant Baudet en mission en Alsace, envisage ainsi de régler la question : « ...Partout ils mettent la cupidité à la place de l’amour de la patrie et leurs ridicules superstitions à la place de la Raison. Ne serait-il pas convenant de s’occuper d’une régénération guillotinière à leur égard ? »

« ... Après le 9 Thermidor, les excès cessent, encore que le Directoire reprenne une très ferme politique antireligieuse après le coup d’Etat du 18 fructidor an V (4 septembre 1797). »

Avec l’extension de l’Empire, la population juive en France se répartit ainsi : Alsace : 25 000 - Lorraine : 10 000 - Sud-Ouest : 3 700 - Sud-Est : 2 500 - Paris : 2 700 (500 à la révolution) -

Dans le reste de l’Empire : « Les Juifs des régions annexées, la Belgique, la rive gauche du Rhin : 20 000 -, le Piémont. Il y a ceux des Etats Vassaux - 50 000 en Hollande (dont 40 000 à Amsterdam).. Au total, 170 000 Juifs sont dans la dépendance directe ou indirecte de l’Empire : 45 000 en France proprement dite, 30 000 dans les départements annexés, de 90 000 à 100 000 dans les Etats Vassaux. Ce n’est encore qu’une faible fraction de la population juive européenne dont l’essentiel se trouve dans l’ancienne Pologne. Avant la constitution par Napoléon de l’éphémère grand-duché de Varsovie en 1807, et à la suite des partages de la Pologne, la Prusse comptait plus de 200 000 Juifs, l’Autriche plus de 500 000, dont 300 000 en Galicie, 80 000 en Hongrie, 75 000 en Bohême-Moravie, la Russie au moins un million. »

Par la suite, ce sont les décisions de Napoléon qui marqueront le sort des Juifs de France, d’Alsace et de Lorraine dans leur particularité.


[1] "Etre Juif dans la Société Française » (éd Montalba),

[2] A sa mort, le poste resta vacant un temps ; la politique de la communauté s’attacha à nommer un rabbin dont la science profane égalait la science juive et qui parlât français. L’intérim fut assuré par trois de ses assesseurs : Oury Phebus Cohen (qui gardera le poste jusqu’à sa mort en 1806), Meyer Charleville et Joseph Gougenheim (qui devint grand rabbin).

[3] "Parmi les dissensions avec les syndics il faut signaler la querelle concernant les Haquedamoth : hymne que l’on chante après le premier verset de la Torah à la fête de Shavouoth. Le rabbin refusait qu’on interrompe une lecture sacrée contrairement aux usages de la communauté. Sa yeshiva était l’une des plus fréquentée du royaume et forma de nombreux élèves. Pendant son rabbinat il eut l’honneur de recevoir le Comte de Provence (futur Louis XVIII) à la synagogue."

[4] Béatrice Philippe,"Etre Juif dans la Société Française » (éd Montalba)

[5] "Les Juifs de Metz se sentent solidaires de la Révolution. Le rabbin Oury Phebus Cohen, premier rabbin né à Metz, se présente pour offrir ses services au pays et encourage des coreligionnaires à combattre pour la liberté. Après la victoire de Valmy, il fait célébrer à la synagogue une cérémonie pour fêter la victoire de Thionville et se rend en grande pompe accompagné du conseil rabbinique et du conseil de la communauté au devant des vainqueurs.

Pendant la Terreur les biens religieux sont saisis. La synagogue n’échappe que de justesse à la vente mais le cimetière est profané. L’assesseur du grand rabbin, le rabbin Joseph Gougenheim, qui deviendra lui-même grand rabbin, est arrêté et ne doit qu’à la réaction de Thermidor de ne pas être guillotiné."



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