
- gargouille
DES GARGOUILLES A COLMAR (probablement uniques en France), bordent la corniche extérieure de la Cathédrale, le visiteur ne pourra rester insensible à l’expression de cette imagerie populaire de l’époque médiévale, où l’Eglise favorisait ce qu’on appelle aujourd’hui "l’Antijudaïsme religieux", qu’elle inspirait aux artistes. Nous nous trouvons ici, dans le degré de figuration du Juif dans l’art chrétien médiéval le plus abject. Les artistes [1] ont propagé ce type de représentation ou analogue en Allemagne (de Magdebourg à Francfort) et jusqu’aux Pays-Bas. Ils ont contribué ainsi aux figurations racistes et caricaturales qui alimentaient les prêches antijuifs, les pogroms, les conversions.
Cette représentation ordurière de Colmar semble se distinguer de celles plus courantes qui figurent des Juifs se faisant allaiter par une truie [2] (faisant référence à l’interdiction de consommer du porc, selons les lois alimentaires juives, et renforçant ainsi la caricature.)
A partir de cette époque XIII°/XIV°siècle, les juifs devaient porter des signes vestimentaires reconnaissables, et portaient des chapeaux coniques jaunes, dans l’aire d’influence germanique, ou bien habillés de jaune (la couleur du mensonge) pour les distinguer des chrétiens. Ils sont barbus alors que les évangélistes sont figurés imberbes. Le motif de la truie relève également d’un motif principalement utilisé au sein du Saint-Empire Germanique et pays scandinaves. A partir de la fin du XII° siècle, l’art chrétien de la renaissance présente les Juifs assimilés ou complices du démon, habitant l’Enfer, ayant des moeurs lubriques et animales.
Les Juifs de Colmar furent brûlés vifs au XIII° siècle.

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